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Tim Cook, PDG d'Apple, lors du lancement d'Apple Music

Apple Music: la maîtrise du courant

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Apple a annoncé le rachat de l’application Shazam. Ce deal s'ancre dans une stratégie de reconquête face au leader du streaming musical, Spotify. Il a cependant provoqué des représailles de la part de pays européens, qui demandent à la Commission d'enquêter pour pratiques anticoncurrentielles.

Tim Cook, PDG d'Apple, lors du lancement d'Apple Music
Tim Cook, PDG d'Apple, lors du lancement d'Apple Music Crédits : JUSTIN SULLIVAN / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP - AFP

Apple a annoncé en décembre dernier le rachat de l’application Shazam. Lancée en 1999, cette application permet, grâce au micro du téléphone et un algorithme de reconnaissance sonore, de retrouver le nom d’une chanson et de son interprète. 

Une alliance présentée comme complémentaire, puisque cette fonctionnalité viendrait s’adjoindre au service de streaming musical proposé par Apple. La firme de Cuppertino souhaite en effet muscler son offre alors qu’elle est toujours largement devancée par le leader du secteur, le suédois Spotify qui revendique 71 millions d’abonnés, soit le double d’Apple Music. 

Il faut dire que le géant californien, pionnier du téléchargement musical avec sa plateforme iTunes, unique source d’importation de musique vers ses iPods et autre iPhones, a manqué le coche en ce qui concerne le streaming musical. Ce n’est en effet qu’en 2015 que le service Apple Music a été lancé… quatre ans après Spotify. L’absorption de Shazam, serait donc une manière de proposer de nouveaux services à ses utilisateurs et d’en attirer de nouveaux. 

Une enquête de la Commission européenne pour pratiques anticoncurrentielles

Ce deal, conclu pour environ 400 millions de dollars, après cinq mois de négociation est aujourd’hui sous le feu des projecteurs de la Commission européenne qui estime que cette opération “risque de nuire à la concurrence” au sein de l’espace économique européen. 

La Commission européenne a en effet été saisie par l’Autriche, suivie de la France et de la Suède, qui réclament une enquête sur ce rachat afin d’établir son incidence en matière commerciale et de concurrence. Apple va donc devoir notifier officiellement ce rachat à la Commission européenne, qui décidera ensuite si elle juge nécessaire d’ouvrir une enquête et le cas échéant de sanctionner la firme de Cuppertino. 

C’est donc un grain de sable dans mécanique bien huilée de la firme américaine. Alors que Spotify, vient d’annoncer sa demande d’introduction au New York Stock Exchange, Apple opère en effet une véritable remontée dans le secteur du streaming musical.

Spotify gagne ainsi seulement 2% d’abonnés par mois, quand le service d’Apple Music progresse de près de 5% dans le même intervalle. A ce rythme, le Wall Street Journal estime que l’entreprise suédoise pourrait perdre sa première place d’ici à l’été prochain: alors que celle ci a mis près de dix ans à conquérir ses 70 millions d’abonnés, Apple en a déjà conquis la moitié en à pein trois ans.

Et ces perspectives ne sont pas près de s'essouffler. Rappelons que le système Apple Music est intégré d’office dans tous les iPhones vendus par la firme: soit 1,3 milliards d’appareils Apple actuellement actifs dans le monde. Un potentiel phénoménal de clients potentiels et de croissance pour l’entreprise. 

Apple : un système en circuit fermé

Tout est fait pour inciter le consommateur à rester dans le giron d’Apple. C’est même la stratégie d’Apple depuis le début. Dès les origines de la firme, l’objectif est simple: rendre les utilisateurs d’Apple captifs d’un système qui fonctionne en vase clos. 

Dans un email envoyé en 2011, Steve Jobs, le fondateur de la marque demandait ainsi à son entreprise de "lier tous ses produits ensemble, pour enfermer plus encore les clients dans cet écosystème".

C’est toujours dans cet esprit que la marque vient de commercialiser son enceinte connectée, la HomePod, qui sera limitée à ses propres services. Le rachat de la marque Shazam devait donc être une pierre supplémentaire apportée à cet édifice qu’Apple entend construire pour renforcer son hégémonie sur les autres acteurs de l’univers numérique. A moins que la Commission européenne en décide autrement...

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