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Une imprimante 3D en action

Do It Yourself: du Punk au Fablab

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À retrouver dans l'émission

Porté par la scène punk comme symbole d'indépendance, le DIY a été largement repris par des activités beaucoup plus ancrées dans la société de consommation. Il irrigue aussi les pratiques de la nouvelle économie et celle des fablab, ateliers de création fondés sur le partage des connaissances.

Une imprimante 3D en action
Une imprimante 3D en action Crédits : FREDERICK FLORIN / AFP - AFP

Il est intéressant de voir que la revendication d’autonomie et de “do it yourself”, portée par la scène punk, trouve aujourd’hui encore des échos dans les pratiques de la nouvelle économie.

Ce discours qui se traduit en français par “fais le toi-même” et prônant le développement d’un entrepreneuriat punk, indépendant de l’industrie du disque dominante, poussait aussi les amateurs à s’engager pour participer eux même à la scène musicale alors en pleine ébulition. 

En 1976, le fanzine britannique Sideburns publie ainsi une illustration sous forme de tablatures présentant trois accords auxquels sont adjointes les mentions suivantes : « voici un accord, en voici un autre, en voilà un troisième, maintenant monte ton propre groupe et lance toi! »

Un DIY 2.0 

On peut dire que le DIY n’a jamais été aussi populaire en France. En atteste les fréquentation incroyables des blogs dédiés à ces activités manuelles ou les millions de vues cumulées des vidéos de “do it yourself” sur youtube. 

Si nous avons tous des souvenirs émus des moments pâte à sel à l’école ou des ateliers fleurs en crépon au centre aéré, ces activités se développent aujourd’hui chez les adultes et en famille, par le biais de vidéo pédagogiques, offrant à chacun la possibilité de créer cadeaux et décoration en tous genres par ex-mêmes. Selon une étude réalisée par le cabinet Imbrikation, le marché induit du DIY et autres loisirs créatifs, représenterait aujourd’hui un secteur d’1,25 milliard d’euros en France. 

Selon l’économiste Virginie Pez-Pérard, interrogée par Libération, “cet engouement va bien au delà des motivations économiques”. Pour les amateurs, “il y a non seulement une fierté de créer, mais aussi une volonté de s’affranchir du système marchand classique et de ne pas participer à la surenchère de consommation qui caractérise nos sociétés modernes”. 

On peut tout de même relever l’ironie ou le paradoxe de passer par des géants du web comme Instagram, et donc Facebok, ou encore Youtube pour accéder à ces tutoriels vidéos… D’un mouvement qui revendiquait son indépendance vis à vis du système économique traditionnel, on arrive à secteur en pleine expansion, qui commence à se faire capter par les acteurs traditionnels du marché qui investissent dans le business des arts créatifs.

Fablab et création autonome

On voit se développer ces dernières années ce que l’on appelle des “fablab”. Ce terme, qui vient de la contraction de fabrication laboratory, fait référence à des espaces ouverts, où sont mis à disposition des outils de production industrielle, mais aussi des savoirs en libre accès, afin de favoriser l’innovation et la créativité.

On y trouve ainsi des scanners ou imprimantes 3D, des découpeuses laser, ou encore des logiciels de pointe en libre accès. Mais ce qui différencie ces fablabs de simples ateliers 2.0, c’est la philosophie du partage et de l’open-source qui sous-tend le fonctionnement de ces lieux. 

Il y aussi une dimension très forte de partage des connaissances et de contournement du système de production classique: acheter, casser, jeter. Dès leur création, à la fin des années 1990, les premiers fablab prônent une philosophie de l’expérimentation et de l’apprentissage, permettant non seulement de créer mais aussi de recycler. 

La multiplication de ces îlots de fabrication, adaptés aux besoins des individus, laissex imaginer un monde où les objets seraient téléchargeables et imprimables, plutôt qu’issus de chaînes de production de masse standardisées.

Un monde on l’on pourrait produire les pièces nécessaires à la réparation d’un objet, plutôt que de le jeter. Non pas no future, mais un autre futur…

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