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Le rappeur PG ONE, forcé de présenter des excuses pour "propagation de textes obscènes"

En Chine, la révolution contre-culturelle

3 min
À retrouver dans l'émission

En Chine, le rap a acquis une notoriété nouvelle, grâce notamment à internet et des télécrochets spécialisés qui ont fait émerger une scène hip hop dans le pays. Une célébrité qui ne plaît pas au pouvoir communiste, qui a édicté une série de règles visant à censurer cette "sous-culture décadente".

Le rappeur PG ONE, forcé de présenter des excuses pour "propagation de textes obscènes"
Le rappeur PG ONE, forcé de présenter des excuses pour "propagation de textes obscènes" Crédits : HAN JINGYU / IMAGINECHINA - AFP

Le rap, style musical encore très confidentiel en Chine il y a peu a été propulsé sur le devant de la scène par un télécrochet intitulé Rap of China, diffusé sur internet et qui fait un véritable carton: c’est même devenu l’un des programmes les plus regardés du pays. 

Comme le rapporte l’AFP, cette émission a permis de faire émerger de véritables célébrités, non seulement sur internet, mais aussi à la une des journaux, certains ont même décroché des contrats avec des maisons de disque. 

Une célébrité qui ne plaît pas à tout le monde

Le pouvoir chinois a même fait état publiquement de son mécontentement vis à vis de cette musique “immorale” et de la culture qu’elle véhiculait.  Les deux vainqueurs de Rap of China, GAI et PG One, ont même été accusés par le pouvoir en place de propager des valeurs contraires à celles de la République populaire. PG One a ainsi dû présenter publiquement ses excuses pour la propagation de textes obscènes.  GAI a quant à lui, purement et simplement, disparu de l’émission musicale intitulée Singer à laquelle il participait. 

Oui, d’autant que cette attaque en règle contre les deux rappeurs ne se limite pas à leur simple personne. Selon l’organe de presse Sina.com, Gao Changli, haut fonctionnaire en charge de la supervision des médias, a fait entrer en vigueur une directive bannissant de la télévision les individus “en conflit avec les valeurs essentielles et la morale du parti”

Une autre règle, encore plus claire vise à interdire d’antenne les artistes “portant des tatouages ou représentant la culture hip-hop et autres sous-cultures décadentes”....

Une décision qui a cependant été très mal accueillie par le public. Suite à cette annonce, les réseaux sociaux chinois se sont enflammés, dénonçant une décision injuste et s’inquiétant d’un risque de régression culturelle dans leur pays… D’autant que depuis 2015, ce sont plus de 120 chansons qui ont été censurées, et pour la plupart...de rap.

D'autres pays ripostent face à ces musiques venues de l’étranger

Eh non, c’est le cas notamment de la petite cité-Etat Singapour, dirigée d’une main de fer par Lee Hsien Loong. Ainsi, la très populaire chanteuse Taïwanaise A-Mei a vu son concert annulé, à cause d’une de ses chansons intitulée Rainbow, évoquant l'amour de même sexe. 

Et ce n'est pas la première fois qu'un artiste taïwanais a été interdit à Singapour. Une autre chanteuse, Jolin Tsai, s’est elle vue interdire la diffusion de son dernier morceau dans lequel elle vantait le mariage homosexuel. L’Autorité de développement des médias de Singapour a justifié ces décisions par la nécessité de protéger les plus jeunes de ces paroles immorales.

La musique est ainsi devenue un nouveau terrain de bataille idéologique et culturelle. A l’ère de la mondialisation en chantant, certains pays mettent en place des règles pour se défendre contre ce qu’ils considèrent comme une invasion de musiques, de paroles et de moeurs déviantes.

Un moment particulier pour la Chine

Le discours prononcé par le Président chinois Xi Jinping au dernier forum de Davos, le mois dernier, est en effet apparu comme un hymne retentissant au libre échange et à la mondialisation. Ce dernier s’est ainsi fendu d’un long discours vantant les mérites d’un monde ouvert, comparé à “un vaste océan dont il est impossible de s’échapper”...

Ce mouvement d’ouverture et de fermeture culturelle peut sembler paradoxal, mais c’est en réalité une stratégie bien pensée de la part du pouvoir chinois, cherchant à s’attirer les avantages d’une économie néolibérale, sans subir les inconvénients d’une dilution de sa culture dans le mainstream global…

Une stratégie qui peut sembler dérisoire cependant, alors que le maître de l’Empire du milieu, décrit lui même le monde comme un vaste océan où tous les fleuves se rejoignent...

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