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Au Frankfurter Motor Show, Angela Merkel partage la scène avec le nouveau SUV électrique et autonome de BMW

Francfort : la "révolution" morose des constructeurs européens ?

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Avec au moins 12 marques étrangères absentes cette année, le Frankfurter Motor Show est plus que jamais la vitrine de l'automobile allemande. Il est aussi le symptôme des difficultés de l'automobile mondiale, marquée par une baisse de 5 % des ventes cette année.

Au Frankfurter Motor Show, Angela Merkel partage la scène avec le nouveau SUV électrique et autonome de BMW
Au Frankfurter Motor Show, Angela Merkel partage la scène avec le nouveau SUV électrique et autonome de BMW Crédits : Frank Rumpenhorst - AFP

Le Salon ouvre aujourd'hui aux professionnels avec Angela Merkel mais dans une ambiance assez morose. Au moins 12 grandes marques mondiales ont renoncé au Salon cette année, parmi lesquelles Fiat-Chrysler, Nissan ou Toyota. Des marques de luxe sont également absentes, comme Ferrari qui a un de ses plus gros marchés en Allemagne et pour la première fois absent de Francfort. 

Les constructeurs hésitent face aux coûts des stands et cette désaffection reflète leur délicate situation financière dans un marché mondial de plus en plus tendu voir déprimé cette année : les ventes au premier semestre ont baissé de 5 %. 

D'autre part l’incertitude liée au ralentissement de l’électrique en Chine, la guerre commerciale et les menaces de Trump sur les exportations automobiles européennes, rend peut être les marques plus prudentes.

Cette réserve contraste avec l'ampleur des défis à venir pour la filière automobile, qualifiés de « herculéens » par Angela Merkel. Ces défis sont particulièrement aigus en Europe : rétablir la confiance après le DieselGate, aborder le virage électrique avec un objectif de 6 % du parc automobile en 2021, éviter les amendes liées aux nouvelles normes européennes qui entrent en vigueur en 2020 (moins de 95 g de CO2 par km parcouru) et qui entraîne les constructeurs dans une marche forcée au véhicule électrique. 

Les constructeurs dépensent énormément d'argent afin de pouvoir homologuer leurs véhicules essence et diesel et pour se préparer à vendre des véhicules électriques. Ils n'ont pas d'autre choix s'ils veulent passer le cap de 2021 - Tommaso Pardi

Dans ce contexte, l’automobile allemande est déjà particulièrement touchée par le ralentissement des ventes mondiales : la production a reculé de 11 % les 8 premiers mois de l’année, la perte de bénéfice est de 38 % contre 18 % au niveau mondial. 

On estime aujourd'hui qu'en termes d'amende, cela coûterait 35 milliards d'euros à l'industrie européenne si les constructeurs n'arrivent pas à réduire leurs émissions de CO2 d'ici 2 ans. C'est plus que la totalité des profits enregistrés l'année dernière et même s'ils y arrivent, l'estimation est de 15 milliards d'euros - Tommaso Pardi

Quant au défi électrique, les principaux constructeurs VW, Porsche, BMW veulent faire de Francfort la vitrine de leurs ambitions « 0 émissions » avec de nouveaux modèles jusqu’à presque 500 km d'autonomie. BMW qui construit sa première usine de moteurs électriques a aussi annoncé 30 milliers d'euros d’investissements.  Selon une étude de Standards & Poor's publiée lundi, "38 modèles électrifiés sont déjà sur les routes ou prévus pour cette année, et seront 23 de plus l'an prochain" en Allemagne. 

La BCE prend une décision attendue par les Banques en baissant ses taux directeurs et relance les achats de dette

Deux mesures principales marquent cette nouvelle décision de la BCE, une des dernières du mandat de Mario Draghi : d'abord la réduction des taux directeurs, à – 0,50 %, dans le but de limiter les sommes que les banques déposent à la Banque Centrale en leur faisant payer des intérêts. 

Pour 2018, ces intérêts s'élevaient à plus de 7 milliards d'euros, notamment pour lles banques françaises et allemandes.  

La deuxième mesure est la reprise d’une politique controversée dite du "Quantitative Easing" ("assouplissement quantitatif") qui consiste à faire racheter massivement par la BCE des dettes d’Etat ou titres boursiers. Utilisée deux fois depuis 2015, elle reprendra à partir du premier novembre à hauteur de 20 milliards d’euros par mois. 

Ces mesures étaient attendues, un peu en deçà des estimations d’analystes qui attendaient 30 milliards de rachats d'actifs par mois à partir du premier octobre. L’objectif de la BCE reste le même : atteindre une inflation de 2 %

Intervenants
  • Codirecteur du GIS Gerpisa (Groupe d'Etudes et de Recherche Permanent sur l'Industrie et les Salariés de l'Automobile) à l'ENS Cachan
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