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 Le démantèlement de la plus vieille centrale nucléaire française prendra 20 ans. 14 réacteurs de 900 MW chacun pourraient être arrêtés d'ici 2035. Pour l'instant, il n'est pas prévu d'autre chantier d'EPR que Flamanville.

Industrie nucléaire : après Fessenheim, le trou d'air ?

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C’est samedi que doit commencer l’arrêt de la centrale nucléaire de Fessenheim. Le processus qui durera 20 ans sera un test pour l’emploi régional. Il intervient aussi à un moment critique pour la politique nucléaire française et l’ensemble de la filière.

 Le démantèlement de la plus vieille centrale nucléaire française prendra 20 ans. 14 réacteurs de 900 MW chacun pourraient être arrêtés d'ici 2035. Pour l'instant, il n'est pas prévu d'autre chantier d'EPR que Flamanville.
Le démantèlement de la plus vieille centrale nucléaire française prendra 20 ans. 14 réacteurs de 900 MW chacun pourraient être arrêtés d'ici 2035. Pour l'instant, il n'est pas prévu d'autre chantier d'EPR que Flamanville. Crédits : Sébastien Bozon - AFP

En tant que plus ancienne centrale française, la fermeture de Fessenheim est sans doute un événement symbolique du désengagement nucléaire partiel annoncé (de 71 % à 50 % de la production électrique ) ; elle préfigure aussi la potentielle fermeture de 6 autres centrales d’ici 2035. 

L'épreuve sera double : la reconversion économique des zones qui seront touchées, le Haut-Rhin et ses environ 5000 emplois liés à la centrale sera un "laboratoire" de ce qui pourrait se passer sur les autres sites. 

La fermeture de Fessenheim plonge aussi la filière nucléaire française dans une incertitude nouvelle, alors qu'elle est déjà en crise latente depuis quelques années, entre les retards du chantier de l’EPR et les projets de scission d'EDF. La fermeture de 14 réacteurs sans autre commande industrielle serait un nouveau coup dur. Or, aucune décision politique n'interviendra à ce sujet avant la présidentielle de 2022 et du point de vue industriel, il y a urgence plaide Valérie Faudon, déléguée générale de la Société française d’énergie nucléaire.

Il n'est donc pas encore certain que le niveau du désengagement nucléaire ne soit pas réévalué par un gouvernement - quel qu'il soit - après 2022. Les sept centrales jusqu'ici désignées en janvier fermeront-elles toutes, ou seulement une partie d'entre elles ? De nouvelles centrales seront-elles programmées ? 

Pour EDF qui est en partie dédommagé par l'Etat, l’alternative serait de dépenser 75 milliards d'euros pour le démantèlement ou 40 milliards d'euros pour continuer à faire fonctionner les centrales au-delà de 40 ans d'utilisation. Au-delà de l'enjeu financier, le risque de pertes de compétence est réel comme l'ont révélé les défauts de construction de l'EPR de Flamanville.  

Les options sont diverses : la Suisse a fermé préventivement l’une de ses plus anciennes installation après la catastrophe de Fukushima, l’Allemagne avait annoncé la même chose mais la décision effective tarde. Les Etats-Unis, eux, ont choisi de maintenir ses réacteurs au-delà de leurs limites conventionnelles 40 ou 60 ans. Fessenheim, elle, aura duré 41 ans.

Intervenants
  • Déléguée générale de la Société française d’énergie nucléaire (SFEN) et Vice-Présidente de l’European Nuclear Society (ENS)
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