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La centrale nucléaire de Dampierre-en-Burly, une des 6 où des problèmes de fabrication ont été détectés ces derniers jours. Le "grand carénage" des 58 centrales françaises pourrait coûter 100 milliards d'euros.

Projet de scission d'EDF : impasse ou planche de salut ?

5 min
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9 % de la production électrique française paralysée et 1/3 des agents en grève chez EDF : en cause un projet gouvernemental de réorganisation et de scission de l’entreprise très controversé en deux entités. L'idée serait de renationaliser le nucléaire pour sauver l'entreprise financièrement.

La centrale nucléaire de Dampierre-en-Burly, une des 6 où des problèmes de fabrication ont été détectés ces derniers jours. Le "grand carénage" des 58 centrales françaises pourrait coûter 100 milliards d'euros.
La centrale nucléaire de Dampierre-en-Burly, une des 6 où des problèmes de fabrication ont été détectés ces derniers jours. Le "grand carénage" des 58 centrales françaises pourrait coûter 100 milliards d'euros. Crédits : Guillaume Souvant - AFP

"Vente à la découpe" pour les syndicats, "rêve financier" pour Les Républicains : le projet de scission d'EDF se heurte à une forte opposition. 

Cette nouvelle organisation en deux entités serait inédite : un « EDF bleu » comprendrait le nucléaire, l’hydraulique et le transport haute tension, et un « EDF vert » regrouperait lui des activités plus disparates comme les énergies renouvelables (éoliennes et solaire) mais aussi Enedis, le distributeur du réseau basse tension. 

Est-ce la "fin du modèle intégré" de 1946 pour Le Monde ? L’EDF Bleu serait 100 % Etatisé et le Vert à introduit en bourse à environ 35 %.  Pour le Ministre de l'Economie Bruno le Maire mardi, il s’agirait de « donner à EDF les capacités financières de se développer ». L’idée est de re-nationaliser le nucléaire qui pèse lourdement sur les finances du groupe, dont l’Etat possède plus de 83 %. 

Le nucléaire compte encore pour 70 % de la production mais ses bénéfices ne sont que de 3 milliards d'euros sur les 15 milliards qu'a réalisés le groupe en 2018. 

Pour un ancien dirigeant d'EDF Lionel Taccoen, le pari sur la privatisation du renouvelable et sur la nationalisation du nucléaire est cependant incertain financièrement et perpétue les déséquilibres du groupe : d'une part le producteur reste contraint de vendre une part de son électricité nucléaire sous le prix du marché à ses concurrents, d'autre part les énergies renouvelables intéressent les investisseurs dans la mesure où elles restent subventionnées. 

Consensus autour du nouveau dirigeant de la SNCF ?

La proposition du Président Macron doit être approuvée par le Parlement et le Conseil des Ministres, mais le choix de Jean-Pierre Farandou semble répondre à un objectif de consensus social : le dirigeant de Keolis, filiale « urbaine » de la SNCF passerait à l’échelle supérieure et est plutôt bien accueilli par les syndicats après une période avec Guillaume Pepy. 

Ancien ingénieur cheminot, son profil plaît à Sud Rail qui lui souhaite « la bienvenue » ; la CGT cheminots jugera « sur les actes ». Son expérience est aussi estimée utile pour l’ouverture à la concurrence ferroviaire effective d’ici 2020-2021 : Jean-Pierre Farandou est aussi présenté comme un dirigeant rompu aux appels d’offre.  

L'expérience et l'apaisement, pour mener une réforme là aussi inédite pour l'entreprise : parvenir à une "nouvelle SNCF" qui deviendra société anonyme à capitaux publics le premier janvier prochain. 

Les cigarettes électroniques bannies par l’Inde et dans le viseur de nombreuses autorités mondiales

L’Inde vient d’interdire hier les cigarettes électroniques en pénalisant leur import-export, fabrication, vente et usage, jusqu’à 6300 euros d’amende.  

D’autres pays ciblent la cigarette électronique : mardi, l’Etat du Michigan devenait le deuxième des Etats-Unis à interdire les cigarettes électroniques aromatisées, accusées de favoriser la dépendance à la nicotine. Donald Trump lui-même a annoncé il y a quelques jours des mesures fédérales pour le mois d'octobre. En France et au Canada, les autorités sanitaires s’y intéressent de près. 

Les raisons de cette mobilisation sont diverses. Ces décision interviennent après la publication d’un rapport de l’OMS en juillet qui juge les cigarettes électroniques « incontestablement nocives » et des décès iés à l'usage d'huile de cannabis aux Etats-Unis. 

En Inde la Ministre des Finances invoque une mesure de santé publique, une association d'usagers les soupçonne de vouloir protéger les producteurs de tabac. L’Inde est le deuxième consommateur et troisième producteur mondial, les USA sont en deuxième position. 

Plus de deux tiers des personnes immigrées dans l’OCDE ont un emploi 

Plus de 68 % des immigrés ont un emploi et leur taux de chômage à 8,7 % est en baisse : c'est le principal enseignement de l’Organisation de Coopération et de Développement Economiques qui publiait hier son rapport sur les migrations de travail. 

En moyenne, sur les 36 économies parmi les plus développées dans le monde, ce taux d’emploi est à peu près équivalent (à 2,4 points inférieur) de celui des personnes « nées dans le pays ». 

Le flux de migrants temporaires est en augmentation à 4 900 000 personnes en 2018 et la Pologne est le principal pays d’accueil. La France est mal classée : un taux d’emploi de 58,5 %, juste au-dessus du Mexique, de la Turquie et de la Belgique

Intervenants
  • Conseiller indépendant en questions énergétiques et européennes, ancien Directeur adjoint de la Régie Technique et ancien Délégué aux Affaires Européennes d'EDF
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