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Le président Macron reviendra-t-il au salon de l'Agriculture avec une proposition de hausse budgétaire ? Même s'il a déclaré la PAC "priorité essentielle", les divergences parmi les 27 sont nombreuses.

UE : la Politique Agricole Commune intéresse-t-elle encore les Etats ?

4 min
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Avec une proposition de budget en baisse de 80 milliards d’euros sur sept ans, les négociations qui commencent cet après-midi à Bruxelles seront âpres. Entre les Etats qui prônent une "frugalité" budgétaire et les nouvelles politiques communes, la Politique Agricole Commune est-elle en sursis ?

Le président Macron reviendra-t-il au salon de l'Agriculture avec une proposition de hausse budgétaire ? Même s'il a déclaré la PAC "priorité essentielle", les divergences parmi les 27 sont nombreuses.
Le président Macron reviendra-t-il au salon de l'Agriculture avec une proposition de hausse budgétaire ? Même s'il a déclaré la PAC "priorité essentielle", les divergences parmi les 27 sont nombreuses. Crédits : Kenzo Tribouillard - AFP

Une baisse de 383 à 239 milliards d'euros sur sept ans : c'est la base sur laquelle vont débuter les négociations sur le futur budget septennal de la PAC aujourd'hui. L'Elysée qui a déclaré hier  « priorité essentielle, absolue » le maintien des montants aura du mal à trouver un très large soutien. 

La dernière proposition retenue – celle du président du Conseil Européen Charles Michel est « intermédiaire », entre une proposition initiale de la Commission Européenne plus sévère en 2018 et une proposition finlandaise de hausse de 5 %. Elle entraînerait une augmentation des montants alloués aux aides directes (le "premier pilier") mais une forte réduction des fonds alloués, notamment sur le "second pilier" de la PAC, le soutien au développement rural.

Réticences politiques, contraintes économiques

Le Président du Conseil peut déjà compter avec lui un groupe de 4 pays notamment dit « frugaux » (Pays-Bas, Danemark, Autriche, Suède) soutient les propositions de baisse du budget de la PAC.

Or cette proposition intervient à un moment où la PAC elle-même, comme politique historique de l'UE, ne fait plus l'unanimité. Avec l'élargissement et les mutations économiques, les disparités d'intérêt augmentent ; et la sécurité financière dont elle bénéficiait auparavant n'est plus assurée : le budget européen global est handicapé par le Brexit et la Commission a fixé de nouveaux impératifs de réorientation verte et technologique des fonds. 

La nouvelle PAC en 2023 seulement ?

Avec ce choix de départ et ce contexte, le compromis sera difficile à atteindre, explique le responsable des études économiques à l'Assemblée Permanente des Chambres d'Agricultur (Apca) Thierry Pouch.

Plusieurs syndicats agricoles européens manifestent aujourd’hui à Bruxelles pour tenter d'influencer les décisions. Les arbitrages budgétaires seront d'autant plus difficiles que les priorités s'additionnent. Les 27 ont théoriquement jusqu’au mois d'octobre pour s’entendre avant l’adoption du budget. Entre temps, rien ne changera vraiment pour les agriculteurs européens : au moins le consensus a été trouvé sur une période de transition d’un an avec maintien du budget actuel ; elle pourrait bien durer deux ans. 

Enquête de Mediapart sur la FNSEA : hauts salaires des cadres et fonds opaque

RECTIFICATION : A l'antenne et dans le précédent article, nous faisions référence de manière erronée à un article de Mediapart, en fait un billet du blog du journal indépendant de la rédaction. La longue enquête d'Amélie Poinssot est constituée de deux articles publiés le 19 et 21 février. Il n'y est pas question de dirigeants "grassement payés", ni fait référence à la demande de pension de retraite minimum de la FNSEA.

Outre l'importante disproportion salariale au sein de la FNSEA et les traitements très avantageux de ses dirigeants (entre 13 000 et 15000 euros mensuels environ), l'enquête de Mediapart révèle une certaine opacité dans la gestion d'un fonds créé en 2002 : le GPE. 

Selon l'enquête poussée, ce fonds de de Gestion Prévisionnelle de l'Emploi, officiellement en appui à l'emploi agricole, s’avérerait traité dans les faits comme un outil de réécriture comptable du déficit du syndicat, voire un instrument d'action politique. Dans diverses interventions, la FNSEA ne dément pas les salaires, affirme que la gestion du GPE est "irréprochable" et accuse Mediapart de "vendetta".   

Futur avion de combat européen : une coopération franco-allemande égalitaire ? 

C'est la moitié exactement des 150 millions d'euros de ce premier contrat signé aujourd'hui que vont se partager l'Allemagne et la France. Pour le développement de ce démonstrateur d’ici 2026, tout sur le papier indique un partenariat entre égaux : le français Safran et l’allemand MTU s’occuperont des moteurs, les groupes largement européanisés Airbus, MBDA et Thales s’occuperont des drones qui voleront avec lui et de connecter l’ensemble aux autres systèmes. Ces 150 millions d'euros sont modestes mais l’Espagne devrait rejoindre le partenariat en y ajoutant 45 millions d'euros et le programme total montera jusqu’à 8 milliards d'euros d'ici 2030. Ce programme pourra aussi redonner de la vigueur à Airbus qui paie encore le développement compliqué de son avion A400 M, devenu épouvantail de ce genre de programme. 

Mystère dans les institutions financières : la Banque Mondiale a-t-elle voulu étouffer des détournements d'aides internationales ?

7,5 % : c'est le taux moyen d'évaporation des aides de la Banque Mondiale à 22 pays, affirment trois économistes auteurs d'une étude pour la Banque Mondiale. Ces pays pauvres ou en développement avaient reçu une aide correspondant à 1 % de leur PIB une partie d'entre elle a nourri des comptes off-shore mais a aussi transité dans des pays qui ne sont pas des paradis fiscaux, y compris la france. 

Ce n'est pas le premier scandale potentiel touchant la Banque Mondiale ces dernières années : projets inefficaces, rapports sur des pays faussés, « déplacement involontaires » de personnes. Cette fois, les faits ne sont pas tout récents (jusqu'à 2010), l’étude non plus puisqu'elle remonte à décembre dernier. 

Mais précisément : selon The Economist qui a révélé son existence, elle aurait été caviardée, voire fait l’objet d’une tentative d’étouffement au sein de la Banque Mondiale ; et elle serait la raison de la mystérieuse démission de sa chef économiste Penny Goldberg au début du mois : officiellement pour retourner à la recherche universitaire, officieusement dépitée par ces agissements.  

Intervenants
  • économiste, chef du service études et prospectives de l'Assemblée Permanente des Chambres d'Agriculture à Paris, et chercheur associé au laboratoire Regards de l'Université de Reims Champagne Ardenne
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