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Sabine Lautenschläger, membre du Directoire de la BCE et seule femme membre du Conseil des Gouverneurs (qui comprend les 6 membres du Directoire et les 19 Gouverneurs de la zone euro)

Démission à la BCE : un désaveu pour la politique monétaire européenne ?

5 min
À retrouver dans l'émission

Controverse au sein de la Banque Centrale Européenne : depuis les nouvelles mesures d’assouplissement décidées le 12 septembre, les dissidences s’expriment ouvertement… Et hier une des membres du Directoire, l'allemande Sabine Lautenschläger, a annoncé sa démission.

Sabine Lautenschläger, membre du Directoire de la BCE et seule femme membre du Conseil des Gouverneurs (qui comprend les 6 membres du Directoire et les 19 Gouverneurs de la zone euro)
Sabine Lautenschläger, membre du Directoire de la BCE et seule femme membre du Conseil des Gouverneurs (qui comprend les 6 membres du Directoire et les 19 Gouverneurs de la zone euro) Crédits : Daniel Roland - AFP

Selon une "source proche du dossier" à l’AFP, ce sont bien « les dernières décisions prises le 12 septembre [qui] ont été le déclencheur » de la démission de Sabine Lautenschläger. 

Ces mesures – baisse des taux et rachats massifs d’actifs par la BCE – avaient divisé le Conseil des Gouverneurs, une dizaine de membres sur 25 s’étaient prononcés contre. Le procédé revient à injecter des liquidités sur des marchés bloqués par l’incertitude et la faible demande mais trois Gouverneurs de Banques Centrales nationales, française, néérlandaise et allemande s'y sont publiquement opposés : le gouverneur de la Deutsche Bundesbank Jens Weidmann a été le plus virulent, allant jusqu'à déclaré que Mario Draghi avait "dépassé les bornes". 

Dans un contexte où la politique du président de la BCE lui-même en fin de mandat est controversée, et avec l’Allemagne et les pays du Nord qui font pression pour une éventuelle hausse des taux, le départ de Sabine Lautenschläger annonce-t-il une remise en cause de cette politique "acommodante"?  

Christine Lagarde qui commencera son mandat le premier novembre devra compter avec ces dissensions. L'Allemagne, première économie européenne, est insatisfaite des décisions monétaires et financières de la zone euro. Elle pourrait se désintéresser de ses leviers politiques à la BCE, ou jouer la politique de la chaise vide en signe de protestation. Déjà évincée du poste de Président au profit de la France, elle assiste aussi aujourd'hui au choix par l'Eurogroupe d'un italien comme candidat unique en remplacement de Benoît Cœuré au Directoire de la BCE : le Vice Président de la Banque d'Italie Fabio Panetta. 

Berlin pourrait mal s'accommoder d'une place de spectatrice, alors qu’elle est aussi la première contributrice aux fonds propres de la BCE.

La bulgare Kistalina Georgieva prend ses fonctions de Directrice Générale du FMI 

A la différence de Christine Lagarde à laquelle elle succède aujourd'hui, Kristalina Georgieva est une économiste de formation. Sa carrière est passée par les institutions européennes - c’était d'ailleurs la candidate de l’UE – mais aussi et surtout à la Banque Mondiale où elle a travaillé dès 1993. Elle a notamment travaillé sur les investissements liés au climat et au développement. Ce sera sans doute un des axes pour faire face au ralentissement de l'économie mondiale, lutte qu'elle a défini comme sa priorité. 

Son profil de technicienne à l’expérience reconnue lui a déjà valu des messages chaleureux de Bruno Le Maire et du président de la Banque Mondiale David Malpass ; il donnera peut-être aussi du FMI une image plus consensuelle, dans une période où l'institution est accusé de s’être de nouveau lancé dans une aventure risquée avec le prêt de 57 milliards de dollars à l’Argentine. Kristian Georgieva a d’ailleurs posté hier sur twitter une photo d’elle et du Ministre des Finances argentin Hernan Lacunza en décrivant sa "hâte de travailler avec les autorités (argentines)".

L'accord commercial américano-japonais : un feuilleton finalement signé ? 

"Une première étape" mais quand même « un gros morceau », a déclaré hier Donald Trump en signant cet accord de libre-échange avec le premier ministre japonais Shinzo Abe à New York. L’accord comprend effectivement pour les Etats-Unis plus de 7 milliards de dollars de baisse des droits de douanes japonais sur certains importations, bœuf et porc notamment. 

Pour le Japon, l'accord incluera 40 millions de d’exemption de taxes agricoles, éventuellement plus tard sur les turbines à vapeur et les vélos, et le fait que pour l’instant leurs exportations automobiles vers les Etats-Unis sont épargnées d’une surtaxe de 25 %. Déjà les éleveurs japonais s’inquiètent. Un deuxième accord séparé sur le numérique suivra.

Un « New Deal Vert » proposé à l’ONU

Dans un rapport rendu public hier à New York, la Conférence des Nations Unies sur le Commerce et le Développement, propose de « rompre avec les années d'austérité et d'insécurité qui ont suivi la crise financière de 2008 ». La "recette" se résumerait ainsi : en tenant compte d’un croissance du PIB des pays développés de 1 % - 1,5 % et de 1,5 %-2 % dans les pays en développement, et si les investissements verts atteignaient 2 % de plus du PIB mondial, 170 millions d’emplois pourraient être créés. 

Pour aider les pays en développement à passer le cap financièrement, la CNUCED recommande toujours la mise en place d’un fonds mondial de développement durable, financé par les pays membres à 0,7 % du RNB consacré à l’Aide Publique au Développment (APD).

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