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Un TER de la SNCF lors de la grève de 2018. Les coûts ferroviaires pour la région Sud sont parmi les plus élevés. Les trains eux-mêmes devront être remplacés et entretenus par les futurs opérateurs.

Concurrence ferroviaire : les régions en première ligne

4 min
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C’est hier que la région Sud – ex PACA – a lancé ses premiers appels d’offre pour ses lignes TER. Après les liaisons Intercités au début du mois, c'est au tour des lignes régionales, qui représentent plus de 70 % du réseau français, de s'ouvrir à la concurrence. Qui en profitera ?

Un TER de la SNCF lors de la grève de 2018. Les coûts ferroviaires pour la région Sud sont parmi les plus élevés. Les trains eux-mêmes devront être remplacés et entretenus par les futurs opérateurs.
Un TER de la SNCF lors de la grève de 2018. Les coûts ferroviaires pour la région Sud sont parmi les plus élevés. Les trains eux-mêmes devront être remplacés et entretenus par les futurs opérateurs. Crédits : Bertrand Langlois - AFP

La région Sud est la première région française à ouvrir son marché à ouvrir son marché ferroviaire, pressée de remédier à une offre qualifiée par son président Renaud Muselier de « désastreuse ». 

L'opération est profitable sur le plan financier : rien qu’avec ces deux premiers appels d’offre de presque 2,4 Mrd € au total sur 10 ans pour exploiter les lignes et renouveler les rames, la région pourrait presque financer les 285 millions d’euros qu’elle dépense chaque année pour ses transports ferroviaires ; sans compter les recettes en partie reversées par les futurs exploitants. 

L'opportunité est bonne aussi pour les opérateurs français comme Transdev, dont le PDG avait insisté pour que les appels d'offres soient le plus larges possibles (y compris la maintenance) ; pour les opérateurs étrangers déjà présents en PACA comme l’italien Thello, certains marchés frontaliers sont un terrain privilégié. 

Quant à la SNCF, désormais société anonyme, elle se trouve dans la posture délicate du gestionnaire historique, monopolistique et parfois décrié. Après l’ouverture à la concurrence du fret en 2005, l'entreprise avait perdu 40 % de son marché ; mais elle s'était en partie volontairement désengagée. Les risques d'une perte aussi importante sur le transport de passagers sont limités, assure le spécialiste des transports Yves Crozet, économiste au LAET de Lyon qui rappelle qu'en Allemagne, les concurrents de la Deutsche Bahn avait finalement pris 30 % des marchés régionaux. 

Sur le plan national, la mise en concurrence par l'Etat des lignes Intercités a aussi débuté ce mois-ci : la liaison Bordeaux-La Rochelle-Nantes est la première concernée. Les régions qui représente 70 % des 28 0000 km du réseau, sont cependant bien en première ligne.  

D'ici 2023, toutes devront avoir produit leurs appels d'offre ; trois autres devraient d'ailleurs suivre cette année : les Hauts de France, le Grand Est et le Centre-Val de Loire.  

Une difficulté inattendue pourrait venir de l’Etat qui lancé récemment un « plan de sauvetage des petites lignes » ; en fait, un changement de dénomination qui implique la reprise de certaines d'entre elles mais qui pourrait aussi peser plus lourdement sur les finances des Régions concernant les autres : ce « Yalta des petites lignes », comme l'écrit un journaliste de l'AFP, entravera-t-il le renouvellement ferroviaire régional ? 

Emplois et usines : Quelle dynamique industrielle ? 

Plus de fermetures d’usines, et moins de création d’emplois industriels en 2019 : ce sont les deux tendances d’une étude publiée hier par le cabinet Trendeo. Non seulement, le rythme de création se ralentit de moitié en un an,  avec 10 000 emplois environ l’année dernière ; mais ces postes s'ajoutent aussi de plus en plus à ceux de sites déjà existants, plutôt qu'ils ne correspondent à de nouvelles usines. 

Les régions et collectivités sont aussi de plus en plus au cœur d'une éventuelle relance. D'une part, certaines zones spécialisées comme la Bretagne et la Nouvelle aquitaine sont particulièrement touchées par des disparition d'usines dans l’agroalimentaire et totalisent à elle deux l’ensemble des 12 sites fermés l'année dernière. D'autre part, le gouvernement prépare une série de mesures censées accélérer les procédures d'implantations, parfois très longues, incertaines et rédhibitoires pour les industriels. 

BNP Paribas lourdement condamnée pour avoir vendu des « prêts pourris » à des milliers de clients 

« Pratique commerciale trompeuse » et « recel » de ce délit : c'est le motif retenu par le Tribunal correctionnel de Paris pour condamner Cetelem, une filiale de BNP Paribas pour avoir proposé à leurs clients des prêts libellés en France Suisse, sans avoir mentionné le taux de change avec l’euro comme facteur de risque. 

Ces prêts « Helvet Immo » avaient été proposés en 2008-2009, juste avant que ce taux n’explose, doublant presque et ruinant potentiellement les 4600 clients concernés. Après des dizaines de victoire au civil, BNP Paribas est condamnée à l'amende maximale et des millions en dommages et intérêts

Intervenants
  • économiste des transports, chercheur au Laboratoire Aménagement Economie Transport (LAET) de Lyon.
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