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Un graffiti anti-FMI devant le mur de la Maison de la Culture de Quito, le 10 octobre

Equateur : le paix sociale sauvegardée, l'accord avec le FMI fragilisé ?

6 min
À retrouver dans l'émission

Calme trompeur en Equateur ? Après 12 jours de violentes manifestations, le Président Moreno maintient finalement les subventions aux carburants et calme la rue, mais il fragilise les relations de l’Equateur avec le FMI.

Un graffiti anti-FMI devant le mur de la Maison de la Culture de Quito, le 10 octobre
Un graffiti anti-FMI devant le mur de la Maison de la Culture de Quito, le 10 octobre Crédits : Martin Bernetti - AFP

L'accord conclu hier avec la principale organisation indigène impliquée dans les manifestations met fin à presque deux semaines de violences et de blocage du pays. Le président Lenin Moreno ne supprimera pas les subventions au carburant comme il l’avait annoncé par décret au début du mois, une commission sera chargée d’étudier de nouvelles mesures.  

L'équilibre est délicat : la suppression de ces subventions le 3 octobre avait aussitôt entraîné une flambée des prix de l’essence ( 123 %), des transports ( 40%) et des denrées de base mais il était aussi une condition d’un prêt du FMI portant sur 4,2 Mrd de dollars conclu en mars. Le FMI veut voir l'Equateur réduire son déficit budgétaire et considère nécessaire l'allègement des 1,3 milliards de dollars par an que pèsent ces subventions.

« Soit l’accord avec le FMI est maintenu mais il faut alors trouver $ 1,3 Mrd par an de recettes, ce qui risque de créer d’autres mécontentements ; soit l’Equateur renégocie avec le FMI, ce qui n’est pas exclu sous la nouvelle direction de Kristalina Georgieva même si je ne suis pas très optimiste là-dessus » Jean-François Ponsot

Dans un pays où 65 % des pauvres sont indigènes, la mobilisation a été massive et a contraint le président Moreno à reculer mais l'accord est fragile. En maintenant les subventions aux carburants, il se met dans l'obligation de trouver 1,3 milliards de dollars pour continuer à les financer. 

Lenin Moreno peut adapter sa réforme fiscale mais doit aussi compter avec le risque politique d'une réforme à venir du marché du travail, autres exigences du FMI. Cette réforme qui doit par exemple réduire de 30 à 15 le nombre de jours de congés annuels des fonctionnaires est déjà une des préoccupation des manifestants. Il peut aussi tenter de négocier avec le FMI.

Sous la pression des circonstances où à la faveur de son changement de direction, le FMI pourrait tenir compte de ces mouvements pour réévaluer ses exigences envers l'Equateur. Peut-être fera-t-il de même avec l'Argentine qui a déjà demandé à ré-échelonner sa dette de 57 Milliards de dollars, après une année d’austérité, une pauvreté qui augmente et le risque d'un défaut de paiement…     

Trois prix Nobel d'Economie : dont la française Esther Duflo

Les trois lauréats du prix Nobel récompensés pour "leur approche expérimentale des moyens de soulager la pauvreté mondiale"
Les trois lauréats du prix Nobel récompensés pour "leur approche expérimentale des moyens de soulager la pauvreté mondiale" Crédits : Royal Swedish Academy of Sciences

Esther Duflo est récompensée avec son collègue professeur au MIT Abhijit Banerjee et Michael Kremer de Harvard pour avoir « introduit une nouvelle approche pour réduire la pauvreté dans le monde ». L'idée a été d'expérimenter et d'identifier localement sur le terrain avec des ONG les formes d’action les plus efficaces : par exemple pour Duflo et Banerjee, montrer l’impact des médicaments gratuits couplés à des avantages en nature pour obtenir des taux de vaccination infantile record en Inde, ou concernant les travaux de Michael Kremer au Kenya, montrer que l’augmentation des moyens scolaires seule ne suffit pas à augmenter le niveau d’éducation dans les pas en développement.

Ce prix de la Banque de Suède est une reconnaissance pour l’économie du développement, récompensée pour la deuxième fois en 50 ans, et pour les « très très nombreuses femmes que ce prix va inspirer » espère sur Twitter Esther Duflo qui, à 46 ans, devient le plus jeune prix Nobel d’Economie de l’histoire. 

Etats-Unis / Chine : trêve des hostilités ou accord en vue ?

Le feuilleton continue : vendredi après deux jours de discussions, la Maison Blanche annonçait accord « de phase 1 » : accord partiel, donnant aux Etats-Unis des facilités principalement sur des produits agricoles pour une valeur de 40-50 milliards de dollars, la propriété intellectuelle et le secteur financier. 

Donald Trump a pu une victoire à ses électeurs et déclarer que les agriculteurs US ont touché « le gros lot ». En échange, Washington renonce à augmenter ses taxes de 25 à 30 % sur 250 milliards de dollars d’importations chinoises. 

Aujourd’hui Pékin demande des discussions supplémentaires. La signature aura peut-être lieu au sommet de l’APEC au Chili le 14 novembre.

Intervenants
  • Professeur des Universités en sciences économiques à l'Université de Grenoble Alpes
L'équipe
Production
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