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Des inégalités de développement fortes. Ici le 10 septembre, la cité d'Ettadhamen à 6 km de Tunis : 18 % de chômage contre 15 % en moyenne nationale. Jour de visite du candidat d'Ennahda, Abdelfattah Mourou.

Tunisie : le chômage, vainqueur du premier tour de la présidentielle ?

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Avec 45 % de participation et deux candidats ouvertement anti-système en tête, c’est une vraie désaffection pour ce premier tour. Les jeunes notamment se sont tenus à l'écart des bureaux de vote. Depuis 2011, plus de 30 % d'entre eux sont chroniquement au chômage.

Des inégalités de développement fortes. Ici le 10 septembre, la cité d'Ettadhamen à 6 km de Tunis : 18 % de chômage contre 15 % en moyenne nationale. Jour de visite du candidat d'Ennahda, Abdelfattah Mourou.
Des inégalités de développement fortes. Ici le 10 septembre, la cité d'Ettadhamen à 6 km de Tunis : 18 % de chômage contre 15 % en moyenne nationale. Jour de visite du candidat d'Ennahda, Abdelfattah Mourou. Crédits : Fethi Belaid - AFP

La désaffection par rapport à 2014 est nette pour ce premier tour de la présidentielle. Les jeunes notamment se sont tenus à l'écart des bureaux de vote, reflet peut-être de leur marginalisation économique. Dans une situation où le chômage des 18-29 ans - déjà estimé à plus de 30 % lors de la révolution de 2011 - atteint 35 % et ne se résorbe pas. 

Y a-t-il un lien directe avec la perte de crédibilité des partis politiques issus de la révolution? Ce scrutin vient aussi d’éjecter les partis traditionnels au profit de deux candidats anti-système : Kais Saied, un conservateur indépendant et le "Berlusconi tunisien", investisseur dans les médias Nabil Karoui actuellement emprisonné. Leur programme économique est resté assez peu précis : dans le sien, Nabil Karoui disait à la fois vouloir « libérer l’économie » ou faire de la lutte contre la pauvreté sa « priorité absolue » pour Karoui.  

Le parti islamo-conservateur Ennahda, lui, avait bien annoncé un programme à vocation sociale, centré sur la réduction des inégalités. Dans son programme groupé pour la présidentielle et les législatives à venir, proposait des mesures pour aider les jeunes à financer leurs projets ou de favoriser les investissements dans le centre du pays. Il n'arriverait qu'en troisième position de ce premier tour. 

La croissance tunisienne reste positive, prévue à environ 2 % par le FMI à la fin de l'année ; mais les constantes économiques qui ont conduit à 2011 demeurent : en témoigne une dette publique à presque 80 % du PIB, une balance commerciale toujours déficitaire près de 13 Mrd $ les 8 premiers mois de l'année. 

La gouvernance économique tunisienne est également questionnée par certains chercheurs. Fin août 70 économistes tunisiens réclamaient dans un "livre bleu" la création d'un "Conseil économique national". Ils préconisaient aussi plusieurs réformes économiques : parmi elles, la stabilisation du déficit et de la balance extérieure, la relance par les investissements et des politiques sectorielles.  

Grève historique aux Etats-Unis chez General Motors

Avec 46 000 employés appelés à débrayer à 12 h, aux Etats-Unis ce sera la grève la plus massive dans le secteur automobile américain depuis 2007. 

Ce mouvement lancé par le puissant syndicat UAW United Auto Workers vise à appuyer la renégociation d’une Convention Collective de 2015 : les syndicats demandent des salaires et des droits à la santé supplémentaires, GM dit avoir présenté « une offre solide ». 

Qui cédera ? Vendredi, le syndicat avait conclu des accords avec Chrysler et Ford mais le groupe General Motors doit économiser plus d’1 milliard de dollars cette année. 

Suite de la crise judiciaire des opioïdes : Purdue Pharma, un des industriels les plus médiatiques, rend les armes

Le fabricant de l’analgésique OxyContin vient d’annoncer sa mise en faillite et le retrait de ses propriétaires, la famille Sakler, des mécènes en vue et controversés. Cette procédure est le résultat d’un accord avec 24 Etats des Etats-Unis qui poursuivaient de plus de 2000 plaintes un des principaux fabricants d’opioïdes. 

Pluôt que de risquer un long procès ruineux, Purdue Pharma disparaîtra. 10 milliards de dollars devraient être dégagés par l'opération, dont une partie réinjectée au profit d’une nouvelle entité qui fabriquera et distribuera à moindre coûts des traitements contre les opiacés.  

Comme Johnson & Johson, Purdue Pharma est accusé d’avoir favorisé les prescriptions de ces antidouleurs addictifs auprès des médecins et d’avoir contribué à 47000 décès. Après la condamnation de J&J fin août à 572 millions de dollars d’amende en Oklaohama, Purdue Pharma a préféré solder les comptes à l'amiable, quitte à disparaître. 

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