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Des manifestants samedi à Jounieh, au Nord de Beyrouth. Outre la taxe sur les communications WhatsApp, la pénurie de dollars pour les pompistes a contribué à tendre la situation ces derniers jours.

Liban : des mesures économiques d'urgence suffiront-elles ?

4 min
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Journée cruciale au Liban, où le Gouvernement doit adopter des réformes économiques « radicales »… C’est ce que prévoit le premier Ministre après 3 jours des plus importantes manifestations qu’a connues le pays.

Des manifestants samedi à Jounieh, au Nord de Beyrouth. Outre la taxe sur les communications WhatsApp, la pénurie de dollars pour les pompistes a contribué à tendre la situation ces derniers jours.
Des manifestants samedi à Jounieh, au Nord de Beyrouth. Outre la taxe sur les communications WhatsApp, la pénurie de dollars pour les pompistes a contribué à tendre la situation ces derniers jours. Crédits : Joseph Eid - AFP

C'est un « choc » que promet le Premier Ministre Saad Hariri après trois jours de manifestations de plusieurs centaines de milliers de personnes dans tout le pays, notamment à Beyrouth. Cette contestation sociale transpartisane est inédite au Liban. L'étincelle a été provoquée par un projet de nouvelle taxe sur les communications WhatsApp, instrument indispensable de communication avec la diaspora  et malgré le retrait du projet samedi, la colère ne retombe pas.  

Avec un chômage de 20 % et un quart de la population déjà pauvre, les manifestants dénoncent désormais les mauvais services publics et la crise économique persistante. La rue réclame le départ de la classe politique accusée au mieux d'incurie, au pire de corruption. Le Ministre des Telecoms Mohammad Choucar lui-même est visé par une enquête parlementaire pour l'acquisition d'un nouveau bâtiment pour 75 millions de dollars. 

En urgence, le gouvernement tente de donner des gages avec un plan de 21 mesures : parmi elles, la baisse de moitié des salaires des dirigeants et hauts fonctionnaires, un « quasi 0 déficit » budgétaire en 2020, des privatisations et une réforme de l’électricité… Le premier ministre a fixé un ultimatum jusqu'à ce soir aux partis politiques pour l’accepter : pour sauver l’économie, ou le système politique à bout de souffle ? demande  l’économiste et ancien Ministre Telecom et Travail Charbel Nahas sur France Culture.

« Aller proposer la privatisation des télécoms aujourd’hui alors même qu’il n’y a pas de devises, que les taux sont à 20 % et que les gens sont dans la rue… je ne sais pas qui va venir, à moins de brader ce truc là encore dans une magouille infâme ! » Charbel Nahas 

Reste que l’Etat libanais doit trouver de nouvelles sources de revenus et la taxe sur WhatsApp aurait permis de rapporter 200 millions de dollars par an. Malgré un prêt international de plus 11 milliards de dollars l’année dernière et des mesures d'austérité, son déficit se monte à 86 Mrd $ à 150 % du PIB. 

D'autres sources de revenus sont envisagées : notamment une possible participation accrue des banques libanaise au budget de l’Etat via l’impôt sur les bénéfices, et une injection de 3 milliards de dollars de la Banque du Liban dans le système bancaire.

La presse libanaise de ce matin évoquait aussi des mesures de supervision et la suppression de fonds soupçonné d’être des caisses noires. 

Le président libanais Michel Aoun quant à lui a aussi tenté de jouer la transparence en appelant à la levée du secret bancaire sur les comptes personnels des ministres anciens et actuels.   

Au Chili, « la guerre contre un ennemi puissant » ou contre les inégalités économiques ? 

L’ "ennemi puissant" : c’est ainsi que le président Sebastian Piñera a désigné les manifestants et émeutiers dans les rues du pays depuis vendredi. 7 personnes sont mortes dans des incendies liées à des pillages… 

Là aussi, l'explosion de colère provoquée par l’augmentation de 300 à 380 pesos du ticket de métro (soit le passage à 1,04 €) révèle un pays fracturé alors qu'il est considéré comme un modèle de stabilité économique en Amérique Latine. 

Sa population la plus riche d’Amérique Latine avec un revenu annuel moyen de 20 000 $ par habitant le plus élevé mais cette réussite s'est aussi construite sur une des sociétés la plus inégalitaires :la moitié des chiliens vit avec moins de 480 € par mois. Le président a aussi annoncé un dialogue « large et transversal » sur les questions sociales.

Accord sur un plan social à l’usine General Electric de Belfort : des emplois contre une réduction des coûts

Après plus de trois mois de négociations, l'intersyndicale et la direction de General Electric France viennent de se mettre d'accord sur la conservation de 307 postes sur les 792 qui étaient menacés. Il restera 1275 employés dans l'usine de turbines à gaz rachetée par General Electric en 2015. 

Les négociations ont porté leurs fruits puisque plus de 1000 emplois étaient au départ visés. 485 disparaîtront finalement. En contrepartie : l'intersyndicale accepte un plan de réduction des coûts – déjà estimé la veille à 12 millions d'euros. C’était un des points qualifié de « difficulté majeure » par Bruno le Maire la semaine dernière. 

Autre « avancée majeure » dit l’intersyndicale : un « projet industriel négocié d’ici à la fin de l’année ». C'est en effet la baisse de la demande de turbines à gaz qui avait conduit GE a reconsidérer ses effectifs. 

Intervenants
  • économiste libanais, fondateur du mouvement Citoyens citoyennes, ancien ministre des Télécommunications et du Travail
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