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Isabelle Kocher et le Président du Conseil d'Administration Jean-Pierre Clamadieu au Ministère de l'Economie le 7 janvier

Engie vers un changement de direction... et de stratégie ?

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Remous autour de la direction d’Engie : sa Directrice pourrait être évincée et en appelle à l’Etat, soutenue par une cinquantaine de personnalités. Derrière les tensions dans la direction et les rumeurs récurrentes, se pose la question de l’avenir du troisième groupe énergétique mondial.

Isabelle Kocher et le Président du Conseil d'Administration Jean-Pierre Clamadieu au Ministère de l'Economie le 7 janvier
Isabelle Kocher et le Président du Conseil d'Administration Jean-Pierre Clamadieu au Ministère de l'Economie le 7 janvier Crédits : Eric Piermont - AFP

Défauts de gouvernance ? Querelle de personne ou tentative de changer de stratégie en changeant de direction ? Toujours est-il que le maintien ou non à la direction d'Engie d'Isabelle Kocher sous pression depuis quelques mois devient une affaire politique. Aujourd’hui une cinquantaine de personnalités de tous bords prennent position dans Les Echos pour défendre le « brillant parcours » de la seule femme à la tête d’une entreprise du CAC 40 ; et surtout son bilan depuis 2016 à la tête d’Engie : un « nouveau modèle de croissance sans restructuration lourde ». La veille Isabelle Kocher se défendait aussi dans un entretien au JDD. 

La crise est donc devenue publique : en décembre dernier, la chaîne BFM faisait état de reproches internes envers Isabelle Kocher, sa gouvernance, sa stratégie et son influence sur le cours des actions d'Engie. La cotation a perdu ¾ de sa valeur depuis 2008. Pour la faire remonter, Isabelle Kocher doit-elle être évincée au prochain Conseil d'Administration à la fin du mois ?

Personne ne s’exprime officiellement et le sujet est qualifié de "délicat" par les experts hors de l'entreprise. La position du Président du Conseil d'Administration Jean-Pierre Clamadieu semble avoir évolué. Dans les Echos en décembre 2019, il démentait tout départ d'Isabelle Kocher et transformation de l’entreprise ; il y a moins de deux semaines interrogé par BFM à Davos, il évoquait une décision à prendre quant à "la bonne personne" pour une "prochaine étape" de transformation de l'entreprise". 

Nouvelle stratégie, nouvelles cessions et restructurations pour Engie ? 

Dans son entretien au JDD Isabelle Kocher présente Engie comme "le bras armé industriel de la politique française voulue par le président de la République sur le climat". Engie doit en effet augmenter progressivement la part des énergies renouvelables dans le mix fourni, actuellement à 28 % des capacités du groupe. Avec un changement de direction, la stratégie du groupe Engie pourrait-elle être en jeu ? La Directrice Générale avait présenté son plan stratégique l'année dernière qui prévoyait 800 millions d'euros d'économies et des cession à hauteur de 6 milliards d'euros.

La volonté de l'Etat de faire d'Engie une entreprise motrice dans le développement des énergies renouvelables n'est pas remise en cause :  cependant la stratégie "intégrée" pourrait bien l'être. Dans la presse ces derniers mois, il était aussi bien question pour le groupe de céder un partie de ses activités gazières, ou de limiter les coûts des investissements dans le renouvelable en privatisant les infrastructures après leur construction. Ce seraient les fameuses restructurations jusqu'ici évitées par Isabelle Kocher. Jean-Pierre Clamadieu avait toutefois aussi démenti ces les hypothèses de cession en décembre. 

Que se passera-t-il dans un mois ? Selon certains, l’Etat qui possède 23,6 % du capital et donc actionnaire majoritaire souhaiterait faire baisser sa part - peut-être au niveau de 15 % comme pour Renault et Air France - et pourrait prendre la décision de limogeage. 

Quant à la cotation boursière, après avoir chuté de 20 centimes ce matin, son cours remontait légèrement.  

GAFA : des performances fléchissantes ?

Les actions de certains grands groupes numériques connaissent un épisode relativement inédit ces derniers jours. Hier, l’action d’Alphabet perdait subitement 3 % après la publication des ses résultats au quatrième trimestre 2019 : la plus faible croissance de chiffre d’affaire pour la filiale de Google, ce qui refroidit les investisseurs. 

La prudence s'accentue aussi en raison cause de la concurrence plus forte d’Amazon et Facebook. Or l'action Facebook aussi vient de connaître un mini-krach, précipitée dans le vide le 27 janvier avec une baisse de 7 % ; là encore cette désaffection répond à l'annonce de sa plus mauvaise croissance de chiffre d'affaire depuis sa création : des signes d’ébranlement, évoqués dans le Journal de l’Eco à Noël ; mais pas encore d’effondrement. 

Cours du pétrole au plus bas depuis janvier 2019, sous pression du Coronavirus : l’OPEP veut ajuster rapidement sa production. 

La réunion de ce jour est technique, celle des Ministre n'aura lieu qu'en mars mais peu de doute que l’OPEP et ses partenaires vont programmer une nouvelle baisse de 500 000 à 1 million de Bpj de leur production pour enrayer cette glissade assez impressionnante : plus de 10 % de baisse des prix du baril depuis janvier et des plus bas atteints, avec les deux références, Brent et WTI, sous le seuil des 50 $ et 60 $ respectivement.   

Deux mois seulement après une précédente baisse de sa production de 500 000 Bpj, le Cartel élargi pourrait même anticiper la décision, a déclaré le ministre russe de l’Energie.

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