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La directrice générale de la FDJ Stéphane Pallez, le 18 octobre

Privatisation de la Française des Jeux : le triple pari du gouvernement

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Dans deux jours sera lancée l'opération de privatisation de la Française des Jeux, la première à destination des petits porteurs depuis 2005. C'est un test à bien des égards : pour le paysage boursier, mais aussi pour les ambitions de privatisations futures du gouvernement.

La directrice générale de la FDJ Stéphane Pallez, le 18 octobre
La directrice générale de la FDJ Stéphane Pallez, le 18 octobre Crédits : François Guillot - AFP

A partir de jeudi, le gouvernement lancera l'opération de privatisation de la Française Déjà. Le premier pari est budgétaire : l’Etat possède 72 % de la Française des Jeux et il en cède 52 %. Il perd donc les 93 millions d'euros de dividendes annuels mais espère profiter de plus d'un milliard d'euros de recettes immédiates ; surtout il conserve une "rente" de 3,5 milliards d'euros, via la taxe sur les jeux. 

Test ensuite pour la politique de privatisation relancée par Emmanuel Macron, avec en vue l’ouverture au capital privé d’Engie et ADP… C’est-à-dire aux petits porteurs…  

L'inconnue dans cette privatisation dont Bruno Le Maire souhaite faire un « succès populaire » réside dans le comportement des petits porteurs, mis à mal par la crise de 2008 et inquiets inquiets de la décote des dernières privatisations comme Orange (ex France Telecom). Pour les séduires, le gouvernement offre un bonus : 2 % de décote sur les titres et une action gratuite pour dix achetées. De telles mesures ont déjà été utilisées dans les précédentes privatisations des années 80 et 90, dit Frédéric Marty, Chargé de Recherches CNRS - Groupe de Recherche en Droit, Economie, Gestion (GREDEG) à l’Université de Nice Sophia Antipolis. 

Le prix de l’action n’est pas encore fixé, mais il serait plutôt de l’ordre de la dizaine d’euros que de la centaine, a indiqué fin octobre la DG de la FDJ Stéphane Pallez. L’entreprise a jusqu’ici bien profité de la libéralisation des jeux de paris et hasard en ligne, les mises sont en hausse depuis le début de l'année à plus de 16 milliards d'euros, la marge opérationnelle de l'entreprise atteint 19 %. 

Cela suffira-t-il à attirer les petits porteurs ? Le paysage est plus désert qu'avant la crise de 2008 : de 7 millions avant, ils ne sont plus que quatre millions aujourd'hui. Certains petits actionnaires comme les associations d'anciens combattants (15 % des titres actuels) craignent la concurrence des institutions ou opérateurs ne tourne en « foire d’empoigne ». Une partie de la réponse à ces questions sera connue à l'issue de la période d'offre d'achat, le 20 novembre.

Intervenants
  • économiste, chargé de recherche au CNRS au Groupe de Recherche en Droit Économie et Gestion (GREDEG) à l’Université Côte d’Azur.
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