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Lors de la présentation des résultats 2019 du groupe, la DG par intérim Clotilde Delbos a laissé entendre que des sites français pourraient être touchés par le plan d'économies de 2 milliards d'euros.

Renault réduira-t-il ses effectifs en France ?

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Le Ministre de l’économie s'inquiète de la situation de Renault : après l’annonce d’un déficit historique de 141 millions d'euros vendredi, le plan de redressement qui doit arriver risque-t-il de toucher des usines en France. Pour se relancer, le constructeur réorganisera-t-il ses sites ?

Lors de la présentation des résultats 2019 du groupe, la DG par intérim Clotilde Delbos a laissé entendre que des sites français pourraient être touchés par le plan d'économies de 2 milliards d'euros.
Lors de la présentation des résultats 2019 du groupe, la DG par intérim Clotilde Delbos a laissé entendre que des sites français pourraient être touchés par le plan d'économies de 2 milliards d'euros. Crédits : Eric Piermont - AFP

« Très vigilant » quant à la préservation de l'emploi chez Renault : avec la prise de position de Bruno le Maire ce matin, l'Etat actionnaire à 15 % de Renault tente d'influencer le futur plan de redressement annoncé vendredi par le constructeur. Alors que ses comptes ont viré au rouge pour la première fois en 10 ans (141 millions d'euros de pertes en 2019), le fabricant de véhicules pourrait aussi être amené à prendre une décision inédite depuis 1992 en France : fermer un site de production. 

Les sites français seront-ils visés ? 

Le plan d’économie de 2 milliards d'euros sur ans ne sera finalisé que d’ici le mois de juin ; mais les propos de la Directrice Générale par interim de Renault, Clotilde Delbos, déclarant qu’il n’y avait aucun « tabou » et que "rien n’était exclu", laissent entendre que l’un des sites de production ou centre d'ingénierie et leurs 48 600 emplois en France pourrait être touché par des suppressions d'effectifs.  

Une partie des mauvais résultats de Renault est liée à la conjoncture : mauvaises ventes de Nissan et ses faibles dividendes, crise de gouvernance liée à l’affaire Ghosn, marché chinois décevant, législation verte et fiscalité moins avantageuse... Par ailleurs, Renault possède des usines dans une quinzaine d'autres pays - dont une à Wuhan. 

Cependant la faiblesse des ventes de Renault et de ses bénéfices découle aussi d'une « politique de produit » inadéquate, analyse le Directeur du Gerpisa Bernard Jullien. Certaines gammes importantes pour la marque (Scenic, Espace) ont du mal à résister aux SUV des concurrents, d'autres "historiques" (Clio) peinent à être adaptées avec suffisamment d'investissements. En France, les usines de Douai et de Flins produisent ces véhicules.  

Solution politique, leviers économiques

Une solution "politique" pourrait intervenir à la faveur du Brexit : préserver des emplois français au détriment d’emplois britanniques, en rapatriant une partie de la production sur les sites français en risque de surproduction sur leurs gammes actuelles. 

Restent les leviers économiques et atouts propres de Renault pour se relancer : parmi eux, l’arrivée à la tête de Renault de Luca de Meo, l'ancien directeur à succès de VW en Espagne ; et bien sûr l’Alliance avec Nissan qui doit elle-même se relancer et qui permettrait non seulement la poursuite des synergies (5,7 milliards d'euros en 2017, 10 étaient prévus en 2022-2023), mais aussi un retour des dividendes de Nissan ; et surtout Renault pourrait profiter d'une coopération sur les véhicules électriques, prometteuse, et sur laquelle les deux entreprises ont pris du retard.   

HSBC poursuit la série noire bancaire avec 35000 licenciements prévus

Avec 35 000 emplois supprimés sur 3 ans, la banque britannique va se séparer de 15 % de ses effectifs. En grande difficulté avec une chute de 53 % de son bénéfice net en 2019, elle doit céder une partie de ses activités de détail. HSBC est le dernier cas d’une longue série en cours et à venir d’établissement bancaires – au moins 12 – qui ont taillé dans leurs effectifs ces dernières années, contraints de réorienter leurs activités, réduire leur coûts ou se plier aux exigences d’un récent acquéreur comme c'est le cas pour la banque régionale allemande HSH Nordbank.

Relations économiques post-Brexit : Bruxelles et Londres marquent leur territoire

Le négociateur britannique David Frost rejetait hier toute « pression » qui pousserait Londres à accepter « l’alignement dynamique » - sur les règles et normes de l'UE – souhaité par Bruxelles pour conclure un accord commercial. Alors que Michel Barnier recommandait la semaine dernière à Londres de ne pas se faire d' "illusions", le Royaume-Uni réaffirme sa volonté de négocier « d’égal à égal » un accord de libre-échange semblable à celui conclu entre l'Union et la Corée du Sud ou avec le Canada. 

Comme en écho, les futures relations bancaires pourraient aussi se compliquer : les ministres de l'économie européens viennent d’ajouter un territoire britannique - les îles Caimans - à la liste noire européenne des paradis fiscaux. S'il n'y a aucun lien direct entre les deux événements, un eurodéputé allemand (Markus Ferber) voit dans cette décision un « avertissement lancé au Royaume-Uni »…  

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