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La première éolienne flottante à la Turballe en 2018. Dans la PPE, deux nouveaux appels d'offre sont prévus, cette fois en Méditerrannée

Transition énergétique : éoliennes et biogaz gagnants ?

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Les éoliennes et le biogaz sont les principaux bénéficiaires de la nouvelle version de la PPE, la Programmation Pluriannuelle de l’Energie qui fixe les priorités de l’Etat en la matière jusqu’à 2028. Elle doit répondre aux objectifs de la transition énergétique... et de la filière des renouvelables?

La première éolienne flottante à la Turballe en 2018. Dans la PPE, deux nouveaux appels d'offre sont prévus, cette fois en Méditerrannée
La première éolienne flottante à la Turballe en 2018. Dans la PPE, deux nouveaux appels d'offre sont prévus, cette fois en Méditerrannée Crédits : Sébastien Salom Gomis - AFP

Présentée il y a un an, la PPE prévoit que la part d'énergies renouvelables doit passer de 11 % à 40 % d’ici 2030. Cependant la première version de cet ensemble de mesures présentée il y a un an était critiquée ; la Fédération France énergie éolienne déplorait notamment un déploiement éolien en mer « sabordé ».

La filière éolienne représente aujourd’hui 18000 emplois et cette nouvelle version de la PPE répond à ces critiques, avec une hausse de 40 % des objectifs d’éoliennes off-shore. Les objectifs de production de biogaz sont également réévalués à la hausse et une augmentation d’1,8 Mrd € des fonds publics qui lui seront alloués jusqu’à 2028. 

Cependant certains grands acteurs de l’énergie montrent encore leur insatisfaction. Selon Les Echos, GRDF qui développe son activité de biogaz déplore que le volume visés soient plus de trois fois inférieurs au potentiel actuel estimé (21 térawattheures d'ici 2023), même si le nouveau PPE augmente légèrement le prix d’achat du biogaz d’ici 2028. Par ailleurs, l'électricien Engie regrette la non prise en compte de la production électrique dans la PPE.

Avec 10 milliards d'euros de financements publics jusqu'à 2028, l'Etat ne pourra cependant pas seul assurer la transition énergétique. Il faudra de toutes façon réduire parallèlement la part des énergies fossiles qui représentent encore les 2/3 de la consommation énergétique ; et selon Hadrien Hainault de l'Institut pour l'économie du Climat, 30 Mrd € supplémentaires seraient nécessaires chaque année pour parvenir aux objectifs de neutralité carbone en 2050.

Forum de Davos : un masque vert ?

Alors que Greta Thunberg est invitée pour la deuxième année consécutive au Forum de Davos qui ouvre aujourd'hui, les ONG de défense du climat poursuivent une campagne contre le greenwashing des entreprises. Le gestionnaire d’actifs Black Rock est particulièrement visé, après la lettre de son PDG Larry Fink selon laquelle il s'engageait à verdir une partie de ses placements, pour l'instant 2 % seulement étant considérés comme "propres" et Greenpeace critique une entreprise « enfoncé jusqu’à la taille dans les carburants fossiles ». 

L'ONG réitérait hier, suite à la publication d’une étude du Forum Economique Mondial hier affirmant que le climat faisait partie des cinq principales préoccupation des entreprises, elle publiait une liste des entreprises du Forum qui financent encore largement les énergies fossiles : au moins 10 banques, 3 fonds de pensions et 5 assureurs mondiaux.

Taxe GAFA : Macron et Trump donnent des gages  

Alors que les présidents français et américain se rencontreront demain à Davos, Paris pourrait faire un nouveau geste d'apaisement dans la bataille qui l'oppose aux Etats-Unis l'UE au sujet de sa taxe nationale sur les entreprises numériques, 3 % sur leur chiffre d'affaire. Les deux parties s'étaient neutralisées la semaine dernière : Washington avait suspendu ses menaces de surtaxe à 100 % sur plus de 2 Mrd d’€ de produits français, et donné 15 jours à Paris pour proposer une solution consensuelle à l'OCDE.

Or selon l'AFP, la rencontre de demain pourrait également déboucher sur un gage de bonne volonté de la France qui pourrait également suspendre la perception de cette taxe, en espérant un éventuel compromis d’ici la fin de l’année. 

Signe d'une négociation qui avance, ou au contraire d'une certaine tension ? Les propos dimanche dernier du Commissaire Européen Thierry Breton, qui laissait entendre que l'Union Européenne pourrait prendre le relais de Paris pour rétablir une taxe européenne en cas d'absence d'accord, ont peut-être joué dans un sens ou dans l'autre.   

Intervenants
  • Chef de projet "Finance, investissement et climat" à l'Institut de l'Economie pour le Climat
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