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Un commerçant étranger dans son magasin pillé dans la nuit du 2 au 3 septembre à Johannesburg

Travailleurs étrangers attaqués en Afrique du Sud : le chômage responsable ?

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Les violences populaires ne sont pas nouvelles en Afrique du Sud mais la vague du week-end dernier a particulièrement visé les travailleurs étrangers et leurs biens. Elle intervient l'année où le chômage est au plus haut depuis 2008, officiellement à 29 %. Certains y voient un lien direct.

Un commerçant étranger dans son magasin pillé dans la nuit du 2 au 3 septembre à Johannesburg
Un commerçant étranger dans son magasin pillé dans la nuit du 2 au 3 septembre à Johannesburg Crédits : Michele Spatari - AFP

Des commerces et des camions incendiés, leurs propriétaires et chauffeurs molestés voire pire : 5 personnes ont été tuées dans les violences du week-end dernier dans 4 provinces du pays, les plus meurtrières depuis des mois. Les chauffeurs routiers étrangers sont déjà visés depuis des mois, vendredi dernier Human Rights Watch affirmait que 200 d'entre eux avaient été tués depuis mars 2018. 

Les manifestations de xénophobie collective ont déjà eu lieu ces dernières années. Cette fois elles ont visé des travailleurs Bangladais, Nigérians ou Zimbabwéens et leurs biens. S'agit-il d'une explosion de frustration ou d'une opération d'intimidation envers les étrangers ? 

Dans la presse, le chômage est aussi accusé : avec 29 % de la population active au deuxième trimestre, il retrouve un niveau jamais atteint depuis la récession de 2008-2009. Il serait même de près de 40 % si l'on ajoute aux statistiques officielles le nombre des "découragés" qui ne cherchent plus d'emploi et ne sont plus inscrits. 

Hier, veille du Forum Economique Mondial sur l'Afrique qui se tient au Cap, le président sud-africain Cyril Ramaphosa a fini par dénoncer une violence xénophobe "inacceptable" de la part des citoyens sud-africains : "Ils doivent comprendre que quand ils agissent de la sorte ici, leurs compatriotes risquent eux aussi d’être attaqués dans d’autres pays. Nous sommes un pays qui est complètement engagé contre la xénophobie. Nous n'autorisons pas et ne nous ne pouvons pas tolérer des attaques contre des Africains, ou habitants de tout autre pays." 

L'affaire complique aussi les relations économiques avec les partenaires africains de Pretoria : déjà des entreprises du Nigéria ont appelé au Boycott de produits sud-africains, et les présidents du Rwanda, de RDC et du Malawi ont annulé leur venue au Forum Economique.  

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