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A Buenos Aires le 6 septembre : le retour de la soupe populaire comme en 2002. Ici une marmite prévue pour 200 personnes.

Argentine : le FMI a-t-il été complaisant ?

5 min
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Après le rétablissement du contrôle des changes par Mauricio Macri, des économistes s'interrogent : le prêt du FMI de $ 57 milliards conduira-t-il le pays à la banqueroute comme en 2002 ? Certains leur reprochent un "manque de discernement", voire une complaisance politique.

A Buenos Aires le 6 septembre : le retour de la soupe populaire comme en 2002. Ici une marmite prévue pour 200 personnes.
A Buenos Aires le 6 septembre : le retour de la soupe populaire comme en 2002. Ici une marmite prévue pour 200 personnes. Crédits : Ronald Schemidt - AFP

Dès le lendemain de l'annonce du contrôle des changes le 3 septembre, le Prix Nobel d’économie Paul Krugman critiquait sur twitter le « manque de discernement » du FMI et reprochait au président Mauricio Macri des « erreurs » de politique économique ; « Erreurs évitables » titrait le Guardian hier. Interrogés par l’AFP plusieurs économistes sont plus sévères et dénoncent un choix politique plus que technique dans le prêt de 57 milliards de dollars fait l’année dernière à Buenos Aires. 

Selon le Guardian, Buenos Aires aurait déjà reçu 44 milliards de dollars. Après la demande de rééchelonnement de la dette fin août, l’inquiétude croît quant à la capacité de l'Argentine à rembourser sa dette : les indicateurs économiques sont au rouge, l’inflation est à presque 55 %. La note de l'Argentine a été dégradée par Moody's et Standards & Poor's. 

On est dans une situation extrêmement volatile en ce moment : tous les yeux se tournent vers la Banque Centrale, on essaie de voir s’il y aura de dollars en réserve pour défendre la parité peso-dollar, stabiliser au maximum le taux de change. Anne-Laure Delatte

L'incertitude politique augmente aussi. L'éventualité qui se rapproche d’une évacuation de Macri et d'un retour au pouvoir des Péronistes à la présidentielle du 27 octobre inquiète les investisseurs depuis le 11 août, date des primaires ouvertes et conjointes où le candidat de Centre-Droit n'avait fait que 32 % des voix, contre 47 % pour son rival Alberto Fernandez. Le taux de change peso dollar s’était affolé avec 2 pics, le 13 août après la "défaite" de Macri, et le 30 août après la demande de rééchelonnement. 

Ce n’est pas que la responsabilité de Macri et du FMI : avec des titres allemands ou français extrêmement bas, les investisseurs sont allés chercher du rendement à 7-8 % en Argentine qui accumulé de la dette. Si l’économie mondiale se retourne - et la probabilité est de plus en plus importante - l’Argentine paiera les pots cassés et fera partie des premières victimes collatérales. Anne-Laure Delatte

En somme avec l'émission de dette Argentine et cet emprunt pour compenser le manque d'investissements, leurs détracteurs accusent le président Macri et le FMI d'avoir entraîné l’Argentine vers une dangereuse spirale de spéculation à court-terme. 

Pour la Directrice adjointe du CEPII Anne-Laure Delatte, ce prêt était difficilement évitable et ne peut pas résoudre le problème structurel d'une économie Argentine très dépendante de prix qu'elle ne peut pas fixer. Pour l'instant, les investisseurs détiennent une des clefs de la stabilité du pays tant qu'ils ne retirent pas leur mise.

Le FMI crée un indice d'incertitude du commerce mondial 

L'indice "World Trade Uncertainty" accompagne cette année la publication des Perspectives mondiales du Fond Monératire International. Fondé sur l’étude de 143 pays depuis 1996, il mesure l’incertitude commerciale à partir de l’occurrence d’un certains nombre de mots clefs tels "OMC" ou "Amérique du Nord" à proximité du terme « incertitude ». 

Trois principaux enseignements pour l'instant : l'indice a explosé alors qu’il était stable ces 20 dernières années, il a atteint un record (plus que décuplé) depuis le début de la guerre commerciale Chine-USA en 2018 ; et l’incertitude ne concerne pas que les tensions entre les deux premières économies mondiales mais elle pèse aussi sur le Mexique, le Japon ou l’Union Européenne. Selon le FMI, elle pourrait provoquer une perte de 0,75 % pour la croissance globale en 2019. 

Tensions commerciales : Séoul recherche le soutien de l’OMC contre Tokyo 

C'est une plainte contre des « pratiques discriminatoires » de la part de Tokyo, jugées « politiquement motivées » a déclaré hier la Ministre du Commerce Yoo Myung-hee. Cette décision fait suite à la montée des tensions commercialo-politiques entre les deux voisins de la Mer du Japon cet été, et à l’exclusion mutuelle de leur liste de pays sûrs avec lesquels commercer. 

Pour la Corée du Sud, ces mesures prises le 28 août privent les entreprises de micro-électronique de 3 produits chimiques essentiels pour la fabrication des téléphones ou téléviseurs et reviennent à un véritable embargo technologique. Les conséquences s'il se prolongeait pourraient être lourdes pour les entreprises coréennes Hynix ou LG Electronics, ou Samsung premier constructeur mondial de semi-conducteurs qui a réalisé 74 milliards de dollars de bénéfices en 2018. 

Pour l'instant, Séoul a d'abord demandé une conciliation en présence de l'OMC. 

Angela Merkel veut rassurer quant à un potentiel risque de déficit budgétaire

"Une politique budgétaire solide" : c'est ce qu'a défendu hier la dirigeante allemande devant les contribuables. Angela Merkel prend position dans un débat larvé sur un déficit budgétaire possible pour relancer une croissance allemande léthargique (-0,1 % de croissance). Selon la Banque publique d'investissement KfW, 138 milliars d'euros seraient nécessaires.  

Depuis le début de l’été les rumeurs se multiplient : celle d'un possible abandon de la règle de l’équilibre budgétaire en cas de récession, et plus récemment selon Reuters, la création d'un budget spécial permettant un déficit plus important.

Angela Merkel coupe court aux spéculations en affirmant que ce sera « un budget à l’équilibre ». La chancelière CDU rassure les contribuables allemands et coupe les ailes à son Ministre des Finances SPD Olaf Scholz qui avait évoqué un vaste plan de relance en cas d'entrée de l'Allemagne en récession. 

Intervenants
  • Économiste, chercheuse au CNRS, membre du laboratoire LEDa de l'université Paris-Dauphine, spécialiste de la finance, des paradis fiscaux et de la zone euro
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