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La France a approuvé la "boîte à outils" européenne présentée par la Commission le 29 janvier. Pas de position commune : le texte prévoit un traitement national au cas par cas et met en garde contre les "fournisseurs à risques".

5G : Huawei sous condition ?

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Alors que les autorités françaises doivent valider les demandes des opérateurs ces prochains jours, une certaine fébrilité se fait sentir. Entre pressions diplomatiques et demandes de l'industrie des Telecoms, le gouvernement hésite : avec ou sans Huawei - et surtout comment ? C’est la question.

La France a approuvé la "boîte à outils" européenne présentée par la Commission le 29 janvier. Pas de position commune : le texte prévoit un traitement national au cas par cas et met en garde contre les "fournisseurs à risques".
La France a approuvé la "boîte à outils" européenne présentée par la Commission le 29 janvier. Pas de position commune : le texte prévoit un traitement national au cas par cas et met en garde contre les "fournisseurs à risques". Crédits : Aris Oikonomou - AFP

La pression s'accroît sur les pouvoirs publics français. Alors que l'Arcep doit décider de l'attribution des licences pour la 5G ce mois-ci, le gouvernement et l'Anssi hésitent à donner à la fin du mois au chinois Huawei un accès complet ou restreint.  

Sur le plan diplomatique, après la mise en garde lundi de l’Ambassade de Chine contre toute « mesure discriminatoire », c’était celle hier soir la vice-présidente des affaires publiques de Huawei sur le même ton. 

Les opérateurs français s'impatientent

Les opérateurs français aussi se mobilisent sur le même thème : dans Les Echos ce lundi, le Directeur Général d’Iliad (filiale de Free) défendait dans « la flexibilité de travailler avec l’ensemble des équipementiers ». Une partie des quatre grands opérateurs - Orange, Bouygues, SFR, Free - est déjà engagée avec Huawei et le calendrier presse alors que d’autres pays s’équipent déjà. 

Si un encadrement nouveau de la 5G par rapport à la 4G est nécessaire "du point de vue de la cybersécurité", explique l'expert numérique au cabinet Wavestone Guillaume Vaquero, Huawei occupe déjà une place dans le paysage numérique et les opérateurs voudront rentabiliser leurs investissements rapidement. Au total, ils devront payer 2,17 milliards d'euros pour l'honorer.  

Décision nationale, enjeu international   

D’autres gouvernements ont commencé à prendre position pour réglementer l’accès à la 5G. Les Etats-Unis veulent le bannir et tente de convaincre le maximum de pays de les suivre, ce qu'a refusé de faire le Royaume-Uni vient, en prenant la décision de limiter l’accès aux réseaux non sensibles. En France, les hypothèses les plus restrictives pourraient limiter l'accès de Huawei aux seules antennes mais rien n'est encore précisé.  

Pour l'instant, Paris s'est dite favorable à la "Tool Box 5G" de la Commission Européenne qui laisse aux états toute latitude pour décider "au cas par cas" des entreprises acceptées. Les événements s’accélèrent cependant : le Bundestag allemand hier vient de voter une proposition assez proche de celle du Royaume-Uni. Un sommet européen est prévu en mars et entre-temps, la France devrait avoir donné sa position.

Y aura-t-il une position commune européenne ? Le consensus sera difficile. Pendant ce temps, les Etats-Unis maintiennent aussi la pression, non sans fébrilité non plus : il était ainsi question la semaine dernière d’une participation américaine dans les opérateurs européens Ericsson et Nokia, afin de contrer l’entreprise chinoise. La Maison Blanche a démenti mais le message est passé. 

par Xavier Martinet

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