LE DIRECT
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.
Peter Navarro, principal conseiller économique du président Trump, au Congrès extraordinaire de l'UPU hier à Genève

Pressions américaines sur l'Union Postale Universelle : vers un "Pexit" ?

4 min
À retrouver dans l'émission

Un « Pexit » : c’est ce qui menace l’Union Postale Universelle si les Etats-Unis quittent l’organisation. Ils menacent de le faire s'ils n'obtiennent pas une révision des tarifs postaux qu'ils accusent de favoriser la Chine. Selon l'UPU, le trafic mondial risque une « désorganisation totale ».

Peter Navarro, principal conseiller économique du président Trump, au Congrès extraordinaire de l'UPU hier à Genève
Peter Navarro, principal conseiller économique du président Trump, au Congrès extraordinaire de l'UPU hier à Genève Crédits : Fabrice Coffrini - AFP

La menace américaine a déjà au presque un an et pressée par l'approche de la date butoir dans trois semaines, l'Union Postale Universelle se réunit aujourd'hui en Congrès extraordinaire à Genève. 

Il s'agit d'éviter un « Pexit », contraction de « Postal Exit » - terme employé par certains pour commenter l’ultimatum des Etats-Unis à l'UPU. S'ils n’obtiennent pas comme ils l’exigent une révision des tarifs inter-postaux internationaux, ils sortiraient de l’UPU le 17 octobre pour pratiquer leurs propres tarifs.   

Selon Washington la Chine, hub du commerce en ligne serait favorisée à son détriment, et l’ensemble des charges lui coûterait 350 à 500 millions de dollars par an. L'administration Trump lui reproche de profiter indûment d'un taux de défraiement inter-postal très favorable alors qu'elle inonde le marché postal mondial de colis : « distorsion » commerciale, écrivait le Conseiller économique Peter Navarro dans le Financial Times la semaine dernière.

Nouvelles pressions sur une organisation de l’ONU, prolongation de la guerre commerciale ou vraie distorsion ?

Ce taux correspond à une compensation pour la charge obligatoire que paie chacun des services des pays de départ à ceux des pays d’arrivée des plis postaux : il est variable selon le degré de développement des pays et est inchangé depuis 1969. La Chine classée en catégorie 3 (sur 4) bénéficie d'un taux plus bas que les Etats-Unis. Selon le Wall Street Journal l'année dernière, les frais payés entre services postaux américains étaient de 9 à 23 dollars contre des frais de 5 dollars lors des envois chinois vers les Etats-Unis. 

Hier à Genève, Peter Navarro dénonçait « les petits colis » chinois « lourdement subventionnés » par les Etats-Unis, qui constituent 20 % du trafic mondial et affirmait que les Etats-Unis ne céderaient pas : ce sera l'autorisation pour les Etats-Unis de fixer leur prix, ou la sortie de l'UPU. 54 % des Etats s’étaient prononcés contre hier, un deuxième vote a lieu cet après-midi.  Dans sa tribune, Navarro affirmait que le Brésil, la Norvège ou le Canada se sentaient également lésés.   

Trois solutions temporaires restent possibles jusqu'à la renégociation des tarifs prévue pour 2021 : une hausse générale avec harmonisation en 2020, la sortie des Etats-Unis du système ou une solution « intermédiaire ».     

Rétablissement plus rapide que prévue de la production pétrolière saoudienne 

Dix jours seulement après les attaques, les deux sites d’Abqaïq et Kourais fonctionnent et la production nationale atteint désormais 11,3 millions de BpJ (bpj). 

Ce retour à la normale est plus rapide que prévu alors qu’une source d’Aramco avait prévenu Reuters rétablir la production prendrait  "des semaines plutôt que des jours". Elle dépasse même les niveaux de pétrole extraits en août à 9,8 M bpJ.

Suites du DieselGate : deux marques allemandes devant la justice

Coïncidence : alors qu'hier Daimler était condamné à 870 millions d'euros d’amende de Daimler pour avoir mis sur le marché en 2008 des voitures aux émissions dépassant les normes - « négligence » dit le Parquet de Stuttgart, celui de Francfort vient de mettre en examen deux anciens dirigeants de Volkswagen pour des soupçons de « manipulation de marchés » : pour éviter de déprécier le titre en bourse. L'action VW avait perdu 37 % lors du scandale des moteurs aux émissions truquées en 2015.

Les scandales d'émissions automobiles truquées rejaillissent aussi aux Etats-Unis, où la justice vient d'inculper un haut responsable de Fiat-Chrysler, pour tromperie des consommateurs et violation des règles environnementales.

Intervenants
  • Chercheur CNRS, chargé de recherches au SIRICE de la Sorbonne (Sorbonne-Identités, relations internationales et civilisations de l’Europe)
L'équipe
Production
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......