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Palmyre

Syrie : les ruines du régime

3 min
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Les révolutions du printemps arabe ont entraîné un effondrement du tourisme. Alors que la guerre civile bat son plein en Syrie, le régime Al Assad a pourtant lancé une offensive de charme pour vanter les mérites de son tourisme.

Palmyre
Palmyre Crédits : EVA DORA SCHRÖDER / PICTURE ALLIANCE / DPA - AFP

On se rappelle du mot d’ordre après les attentats du Bardo à Tunis, et de Jack Lang, appelant les français à ne pas déserter la Tunisie, dont l’économie repose très largement sur le tourisme. C’est pour cela que dès le lendemain de ces attentats, le conseiller politique du président tunisien, Mohsen Marzouk analysait cette attaque comme visant directement l’économie du pays. 

Il faut dire que la Tunisie peinait déjà à se remettre de la chute de fréquentation suite à la révolution de Jasmin, qui avait permis la destitution de Ben Ali, s’était aussi traduite par des violences, liées notamment à la répression des manifestations par le régime. Alors qu’elle avait atteint un pic, à près de 7 millions de visiteurs par an, la fréquentation touristique s’est effondrée à moins de 5 millions de visiteurs en 2011. L’année 2018 devrait cependant signer un retour de la Tunisie comme destination touristique majeure avec une projection de 8 millions de visiteurs, soit plus qu’avant la révolution. 

La Syrie sous les bombes de Damas

Depuis le déclenchement de la guerre civile en Syrie, les recettes touristiques du pays, ravagé par un conflit meurtrier, se sont effondrées de 94%, selon les sources du ministère du Tourisme syrien en 2013. Or, le tourisme représentait avant la guerre, 12% du PIB syrien et employait 11% de la population active.

Mais ces situations de conflit ont en réalité des conséquences bien au delà des frontières des pays concernés. Selon un article de RFI, les révoltes populaires qui ont fait fuir les touristes d'Egypte et de Tunisie ont des conséquences sur l’ensemble des pays arabes de la région. Même dans les pays où les manifestations sont rares ou inexistantes le tourisme s’est effondré.

En Jordanie par exemple, qui a été un symbole de stabilité ces dernières années, les annulations de voyages touristiques atteignaient au moment des révolutions arabes, 50% des réservations. Le directeur de l'Organisation mondiale du tourisme, le Jordanien Taleb Rifai s'est ainsi déclaré inquiet des conséquences de la situation égyptienne sur les pays limitrophes. Pour lui, la raison est très simple. Les touristes, en majorité des européens, ne font en réalité pas vraiment la différence entre les différents pays arabes, qu’ils assimilent assez généralement entre eux, et les troubles dans un pays ont des conséquences sur l’ensemble de ses voisins.  

La propagande du régime Al-Assad

Le tourisme aurait repris en Syrie. C’est en tout cas ce que claironne le régime de Damas. Une information à prendre avec des pincettes donc. Pour la première fois depuis le début de la guerre civile, qui a fait 300 000 morts et poussé près de 10 millions de personnes sur les routes de l’exil, le pays était représenté au salon international du tourisme à Madrid. 

L’objectif du stand : mettre en valeur la beauté de ses sites touristiques et archéologiques, des ses plages mais aussi de ses cités historiques, parmi lesquelles… la ville d’Alep. Ville dont on se rappelle qu’elle avait été noyée sous les bombes de Bachar pour anéantir la résistance, retranchée la partie Est de la ville. Il faut dire qu’avec presque 3 millions d'habitants et 6 millions de visiteurs étrangers par an, la deuxième ville syrienne était la capitale économique touristique et industrielle du pays. 

Ce stand vante aussi la magnificence des vestiges de Palmyre, dont on se rappelle pourtant qu’ils ont été largement détruits par le groupe Etat islamique, sous le regard complaisant et l’inaction manifeste du gouvernement syrien.

Un discours particulièrement cynique, d’autant que le gouvernement syrien déploie un argumentaire particulièrement tordu, en présentant l’omniprésence de l’armée en Syrie comme une preuve de sûreté sur l’ensemble du territoire. Et ce n’est pas la première fois, que le clan Assad tente de réhabiliter la vitrine touristique du pays. En 2016 déjà, alors que la bataille d’Alep Est battait son plein, les autorités de Damas présentaient une série de vidéos montrant des yachts sur des lagons cristallins et des plages au sable blanc immaculé. Le tout sobrement souligné d’un bandeau “Syria, always beautiful”, littéralement La Syrie est toujours belle.

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