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Des militants écologistes face à la titanesque mine de charbon de Hambach en Allemagne

La pollution à nos corps défendant

3 min
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Un rapport de l'OMS nous le rappelle : chaque années 600 000 enfants meurent prématurément à cause de la pollution de l'air causée par l'activité humaine. Mais des hommes s'organisent aussi pour lutter contre ces pollutions et mettent leurs corps en jeu pour protéger ceux des autres.

Des militants écologistes face à la titanesque mine de charbon de Hambach en Allemagne
Des militants écologistes face à la titanesque mine de charbon de Hambach en Allemagne Crédits : SOPA Images - Getty

Les ravages de la pollution sur les corps

C’est ce que nous rappelle l’Organisation Mondiale de la Santé dans un rapport rendu il y a deux jours et qui rappelle l’impact dévastateur de la pollution de l’air sur la santé des enfants. Bien sûr cette information n’est pas nouvelles, mais il convient de la rappeler Une information qui n’a bien sûr rien de neuf, mais qu’il convient de rappeler, inlassablement, afin qu’effrayé par sa propre fin, l’homme soit enfin poussé au changement. 

C’est donc un acte politique de la part de l’OMS qui a choisi de sonner l’alarme en réunissant, dans un seul document, l’ensemble des connaissances scientifiques dont nous disposons à ce jour sur les impacts de la pollution atmosphérique.  

600 000 enfants meurent chaque années dans le monde des suites de la pollution

Et le constat est sans appel : chaque année, 600 000 enfants de moins de 15 ans meurent dans le monde d’une infection respiratoire du fait de leur exposition à un environnement saturé en particules fines. 

Des pollutions qui peuvent d’ailleurs avoir des causes multiples. Des gaz toxiques rejetés par le trafic automobile, aux émissions liées aux activités industrielles, en passant par l’incinération de déchets, l’homme laisse sur son passage une trace indélébile, des gaz omniprésents, comme en suspens, qui colonisent et détruisent nos corps. 

Et ce sont bien sûr les plus faibles qui sont les premiers touchés. Comme le rappelle explicitement l’OMS, je cite, “la pauvreté est clairement liée à une exposition accrue aux risques environnementaux et sanitaires”. Ce sont ainsi trois millions de personne à travers le monde qui utilisent toujours des combustibles comme le charbon ou le kérosène pour cuisiner, se chauffer ou s’éclairer avec, en première ligne, les femmes et les enfants.

Enfants prématurés, malformations, maladies pulmonaires

En réalité, les risques d’exposition sont avérés dès la grossesse.Une exposition aux particules fines et aux oxydes d’azote, contenus dans les échappements de nos voitures diesel peut avoir une incidence très grave en multipliant les risques de naissances prématurées, d’enfants morts-nés, de malformations et de maladies pulmonaires. 

C’est également ce qu’affirme l’Agence européenne pour l’environnement dans un rapport sorti le 29 octobre dernier, où elle révèle que les pollutions aux particules fines sont responsables, chaque année, de plus de 420 000 décès prématurés en Europe. 

Elle rappelle également qu’en France, douze agglomérations dont Paris, Marseille ou Lyon, continuent de dépasser les limites européennes en matière de concentration de dioxyde d’azote et d’ozone. Des dépassements qui valent régulièrement à la France s’être renvoyée devant la Cour de justice de l’Union européenne, qui pointe la nécessité d’agir pour réduire ces émissions empoisonnées. 

Mettre son corps en danger pour en sauver d'autres

Des militants se mobilisent d’ailleurs régulièrement pour rappeler cette urgence d’agir.  On en a encore eu la preuve, la semaine dernière, avec le rassemblement de plus de 6000 militants écologistes sur le site de Hambach, en Allemagne, qui abrite l’une des plus grandes mines de charbon à ciel ouvert d’Europe. 

Des milliers de personnes venues de toute l’Europe ont donc décidé de mettre leur corps en jeu en participant à une immense action de désobéissance civile, visant à empêcher le fonctionnement normal de la mine. Le but est surtout de rappeler l’urgence de l’action et de pointer le manque de courage politique de nos dirigeants sur cette question essentielle de la pollution des corps. 

La gigantesque excavatrice de la mine de charbon de Hambach
La gigantesque excavatrice de la mine de charbon de Hambach

Rassemblés derrière la bannière du collectif Ende Gelände -littéralement “jusqu’ici et pas plus loin”- ces activistes ont décidé de se mobiliser pour rappeler la nécessité des limites, dans l’exploitation de la planète et dans nos modes de production outranciers, pour protéger justement nos corps, malades de notre démesure. 

Sur le terrain, les activistes s’organisent donc minutieusement, répartis en cinq ensembles, représentant les cinq doigts de la main. Chaque doigt, chaque phalange se déplace avec un but précis. Certains passeront ainsi la nuit à occuper la mine ou à bloquer les rails de train approvisionnant la mine de charbon. 

Il faut aussi contourner ou se défendre face aux policiers qui encadrent la mine. Le mois dernier, un homme est mort lors d’une de l’évacuation de la police allemande. Mais les hommes reviennent, continuent de mettre leur corps en danger pour déplacer l’attention, porter le débat sur ces laboratoires de poison à ciel ouvert. Des corps mis en danger, pour que d’autres vivent.

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