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L'oeuvre lauréate du prix Pulsar 2017,  "Image/Mouvement" du programmeur Simon Hill et du chorégraphe Eric Minh Cuong Castaing

La disparation de l'œuvre

3 min
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L'heure est à la dématérialisation de l'oeuvre d'art : des expositions "immersives", faisant le pari de la projection pour favoriser l'interaction avec le public, au nouveau prix Pulsar, consacré à la rencontre de l'art et du numérique.

L'oeuvre lauréate du prix Pulsar 2017,  "Image/Mouvement" du programmeur Simon Hill et du chorégraphe Eric Minh Cuong Castaing
L'oeuvre lauréate du prix Pulsar 2017, "Image/Mouvement" du programmeur Simon Hill et du chorégraphe Eric Minh Cuong Castaing Crédits : Simon Hill / Eric Minh Cuong Castaing

On constate ces derniers temps une dématérialisation progressive des œuvres d'art dans les musées et les expositions. Les lieux de création sont ainsi plus en plus nombreux à soustraire au regard du public, les pleins et les courbes des œuvres originales pour les remplacer par des œuvres projetées, reproduites ou imitées.

Il faut dire qu’acheminer et exposer des œuvres peut se révéler un vrai casse-tête pour certains musées : du fait de leur fragilité, mais aussi, incidemment, des coûts vertigineux que peuvent atteindre les assurances. Il y a enfin la chasse gardée de prestigieux musées : ces œuvres d’art à demeure, qui jamais ne s’envolent vers des contrées lointaines.

Ainsi le Musée Picasso vient d’inaugurer une exposition consacrée au monumental Guernica…mais sans le fameux tableau. Ce dernier est en effet exposé au musée Reina Sofia de Madrid depuis 1992 et ne l’a depuis jamais quitté. L’Espagne veille jalousement sur l’un des plus grands chefs d’œuvre du maître espagnol et les visiteurs parisiens de l’exposition devront donc se contenter d’esquisses et de travaux préparatoires.

L'oeuvre projetée

Il arrive aussi que les musées recherchent l’immatériel pour célébrer un peintre. On se rappelle ainsi de Van Gogh, qui avait lancé le bal des expositions dites “immersives” à la Villette. A défaut de se rapprocher de la peinture, d’observer les croûtes de pigments, la tension et les interstices de couleurs, les visiteurs sont associés à une expérience didactique, d’une plongée dans l’univers esthétique de l’artiste, jouant sur les échelles, le toucher et les associations synesthésiques.

Pari renouvelé le mois dernier avec l’ouverture de l’Atelier des lumières, espace consacré exclusivement à l’art numérique. Cette ancienne fonderie parisienne se donne pour objectif de mettre la technologie au service de la tradition artistique.

Pour le directeur du lieu, “les gens ne veulent plus être passifs dans leurs loisirs, ils veulent être acteurs de leur propre visite”, l’espace bardé de capteurs, enceintes et vidéoprojecteurs permet ainsi d’actionner des animations à l’aide de faisceaux lumineux, et de composer leur propre œuvre numérique avant de la projeter sur le site.

Cette injonction à l’action, à l’optimisation efficace du temps de visite a pourtant de quoi interroger, tant les expositions et les musées peuvent apparaître comme un dernier espace de tranquillité, un lieu nécessaire d’admiration et de passivité bienheureuse. D’autant que si le corps est paisible, c’est pour laisser libre cours aux déambulations de l’esprit.

Pulsar, la rencontre de l'art et du numérique

Mais le numérique peut aussi offrir un terrain de jeu et d’expérimentation sans pareil pour la pratique artistique. C’est ce qu’ont compris Alix Debussche et Marine Ulrich, cofondateurs de Pulsar, premier prix récompensant des œuvres d’art issues de la rencontre entre médiums traditionnels -peinture, sculpture ou danse - et technologies du numérique.

Ainsi le premier prix de l’édition 2017 a récompensé l’association du programmeur Simon Hill et du chorégraphe Eric Minh Cuong Castaing pour leur projet « Image-Mouvement ». Décrite par ses créateurs comme un ping-pong poétique entre code et chorégraphie, cette performance dansée est retranscrite en temps réel sur un écran, par des milliers de lacérations lumineuses.

L’équipe de Pulsar, qui attend cette semaine ses dernières candidatures, organise aussi des rencontres et des conférences pour réfléchir à une hypothétique identité numérique française, interroger les modes de production artistique et la place des pouvoirs publics dans ces interactions.

Alix Debussche explique ainsi que “la technologie est souvent perçue comme un geste froid et agressif, [d’où leur volonté de créer Pulsar] pour tenter d'amener la technologie sur un autre terrain, celui de l’émotion, de la poésie et de la beauté”.

Pour candidater à l'édition 2018 du prix, rendez-vous sur le site de Pulsar

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