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Les Supertree Gove, jardins verticaux en forme d'arbre dans la baie de Singapour

Des arbres artificiels pour sauver le climat ?

3 min
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Des innovations sont développée afin de permettre la captation du CO2. Mais ces apparentes avancées constituent en réalité des obstacles au changement puisqu'ils laissent penser que nous pourrions continuer de produire et consommer de la même façon en nous reposant sur les avancées de la science.

Les Supertree Gove, jardins verticaux en forme d'arbre dans la baie de Singapour
Les Supertree Gove, jardins verticaux en forme d'arbre dans la baie de Singapour Crédits : Getty

Alors que le GIEC appelait encore récemment à une prise de conscience sans précédent mais aussi et surtout à la mise en œuvre de changements conséquents à tous les niveaux de la société, il semblerait que de bonnes nouvelles se profilent.

Secoué par ces mises en garde répétées, l’homme a su se ressaisir pour créer les conditions de son salut. Partout les politiques tournent casaque et la science nous dévoile les premiers signes d’un changement à venir. Des innovations par centaine nous promettent l’arrivée de lendemains qui chantent.

D’ailleurs l’une des plus belles illustrations de ces innovations pour un monde meilleur pourrait être le projet d’arbres synthétiques permettant de capter le trop plein de CO² dans l’atmosphère. Mais oui. Alors que l’homme détruit chaque année l’équivalent de la surface de l’Italie en forêts, il a enfin trouvé la solution pour compenser avantageusement son action.

Des arbres artificiels pour capter le CO2

Actuellement au stade de « prototypes très avancés » selon ses concepteurs, ces bijoux technologiques fonctionnent en réalité sur le principe de filtres géants à particule. C’est un dispositif, composé d’une résine, capable de filtrer l’air ambiant afin d’en extraire le dioxyde de carbone. Lorsque le vent souffle, les filaments artificiels se gorgent de CO2 avant de se décharger au fond des océans où le carbone resterait stocké. 

Et si ces unités coûtent aujourd’hui près de 200 000 dollars, leurs concepteurs sont très confiants sur leur capacité à faire drastiquement baisser leur prix par d’importantes économies d’échelle. D’autant que la fameuse résine est en réalité un dérivé de… pétrole bon marché. Mais oui de pétrole, vous avez bien entendu, ce matériau miracle et polymorphe dont on connaît la neutralité carbone sur la planète.

Alors que l’urgence n’a jamais été aussi grande, aussi évidente même, que ses manifestations se font sentir un peu plus chaque jour, l’espoir de l’humanité résiderait donc dans des artefacts synthétiques, des contrefaçons techniques de l’équilibre de la nature.

Une multiplication des innovations

Les initiatives se multiplient pourtant pour développer des procédés de captation du carbone.Et si de prime abord, on serait tenté de saluer ces avancées technologiques permettant de lutter contre le réchauffement climatique, il convient en réalité de mieux examiner ces innovations afin de comprendre leur portée, non seulement technique mais aussi économique et politique.

C’est à cette tâche difficile que s’est attelé le conseil des académies des sciences européennes en rendant un rapport complet sur le rôle possible des technologies d’extraction du CO2. Et son constat est sans appel : ces innovations n’offrent aujourd’hui qu’un potentiel limité pour prélever le carbone de l’atmosphère et ne sauraient donc être considérées comme des solutions miracles.

En réalité, au-delà du fait que ces technologies ne sont pas encore mûres, elles posent également un problème politique puisqu’elles conduisent à laisser croire que nous pourrions continuer de croître, produire et consommer de la même manière, en trouvant toujours une solution du côté de la science et de l’innovation.

Le risque de démobiliser les politiques et les citoyens

C’est d’ailleurs le problème que pointe explicitement le rapport. Selon l’organisme européen « penser que la technologie va venir à notre rescousse peut sembler attrayant » mais cela risque en réalité d’avoir une incidence négative sur la mise en œuvre de « mesures d’atténuation rapides et profondes dès aujourd’hui ».

En clair, il est plus facile de faire miroiter des solutions technologiques à venir, que de demander un engagement politique, citoyen, qui viendrait bousculer nos habitudes et notre confort actuel. Il est bien entendu nécessaire de continuer la recherche et l’innovation pour trouver des alternatives viables à notre modèle actuel de développement.

Mais il est également fondamental de reconnaître la nécessité d’aller vers des modes de consommation et de production plus durables et donc plus sobres. Et ce, quitte à revenir vers des solutions évidentes mais efficaces. C’est ce qu’a compris la Chine en lançant un grand plan de reforestation de son territoire, en ciblant particulièrement les espaces les plus polluées. Un projet au long cours, surnommé Grande muraille verte de Chine, qui a permis de planter depuis 2008 plus de 13 millions d'hectares de forêt.

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