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La Chine au secours de l'économie européenne

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Alors que s'ouvre aujourd'hui le sommet « 16+1 », qui rassemble 16 pays d’Europe orientale et la Chine, l'Union européenne semble découvrir l'importance des investissements chinois en Europe et tente vainement de réagir après avoir laissé grandes ouvertes les portes de son économie.

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. Crédits : AFP

Aujourd’hui même s’ouvre à Duvrovnik, capitale de la Croatie, le sommet dit « 16 1 », qui rassemble 16 pays d’Europe orientale plus la Chine. Ce rassemblement vient consacrer la politique d’influence économique et politique de l’Empire du Milieu au centre de l’Europe.

Il faut dire que ces Etats, pays baltes et anciens membres du bloc soviétique, ont une place particulière dans la stratégie déployée par la Chine depuis plusieurs années. Elle a ainsi lancée en 2013 les Nouvelles routes de la soie, une initiative visant à étendre la puissance économique et politique du pays en investissant massivement dans le domaine des infrastructures et du commerce.

Dans ce cadre, les pays de l’Est européen représentent donc la porte d’entrée vers le vieux continent. Autant de gouvernement qui se frottent les mains à la vue des investissements mirifiques que la Chine promet de réaliser dans leur pays. Cette dernière a d'ores et déjà engagé plusieurs milliards de dollars dans le développement de la région. On peut ainsi citer la construction d’une ligne de train à grande vitesse, entre Athènes et Budapest via Belgrade.

Face à cette prise d’intérêt sans précédent, l’Union européenne tente vainement de réagir et dénonce les agissements de cette « rivale systémique » comme la qualifie désormais l’Union. On peut néanmoins s’étonner de ce qui ressemble à une prise de conscience tardive de la part de l’Union. Ce n’est en effet pas la première fois que la Chine déploie ses formidables ressources financières pour prendre le contrôle d’infrastructures stratégiques sur le vieux continent.

On a notamment en tête le rachat du port du Pirée par l’armateur Cosco. En 2016, le géant chinois du transport maritime devenait l’actionnaire majoritaire du principal grec en rachetant 67% du capital à l’Etat. Il a déboursé pour cela près de 370 millions d’euros et promis d’investir autant dans le développement du site.

Mais la présence de la Chine ne se limite évidemment pas à cet investissement, fût-il éminemment stratégique. En atteste la décision du gouvernement italien de rejoindre officiellement les Nouvelles routes de la soie. Depuis la crise des dettes souveraines, les autorités chinoises ont su nouer des relations fructueuses avec l’ensemble des pays du Sud européen.

Et pour cause : alors que l’Union européenne imposait à la Grèce, à l’Italie ou encore au Portugal une cure d’austérité sans précédent, la Chine frappait, elle, à leur porte, leur promettant argent frais et investissement.

C’est ainsi ce qu’explique Régis Soubrouillard dans son ouvrage La France made in China. Il rappelle ainsi qu’en 2008, le parti communiste chinois lance un grand plan de relance fondé sur l’investissement d’un montant de plus de 450 milliards d’euros. Les Etats du Sud de l’Europe, rendus exsangue par la politique austéritaire de Bruxelles apparaissent alors comme la destination idéale pour les financements chinois. Ce sont ainsi 10% des ports européens qui sont aujourd’hui détenus par des entreprises chinoises.

Pourtant à l’époque, ces investissements massifs n'émeuvent pas grand monde. Si le précédent interpelle et choque un certain nombre d’observateurs, l’Union européenne ne lève alors pas le petit doigt pour empêcher la privatisation du Pirée. Il faut dire que les circonstances sont alors bien différentes : la Grèce cherche à se renflouer pour pouvoir payer ses créanciers et satisfaire aux exigences draconiennes de l’Union.

Les Chinois sont alors vus comme une source providentielle d’argent frais. Qu’importe si l’économie grecque, déjà à genoux, doit vendre ses biens stratégiques pour rembourser sa dette. La Grèce a pêché par excès de déficit et doit donc se racheter. Et si -en plus- cela peut servir d’exemple au Portugal, à l’Italie et même à la France, alors tant mieux.

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