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Sanctuaire marial, Notre Dame du Lac, Togo

Pénuries à vau-l'eau

3 min
À retrouver dans l'émission

Alors que Le Cap subit l'une des pires pénuries d'eau de son histoire, les Nations Unies ont rendu un rapport dans lequel ils préconisent de remplacer les infrastructures "grises", issues de l'action humaine par des infrastructures vertes, plus durables et respectueuses du cycle de l'eau.

Sanctuaire marial, Notre Dame du Lac, Togo
Sanctuaire marial, Notre Dame du Lac, Togo Crédits : PASCAL DELOCHE / LEEMAGE - AFP

L’ONU vient de remettre un rapport particulièrement préoccupant selon lequel plus de trois milliards et demi de personnes vivent aujourd’hui dans des zones où l’eau manque au moins un mois par an. Selon leur analyse, ce chiffre pourrait atteindre près de six milliards d’individus en 2050.

Et le mois dernier, ce sont 40 000 personnes qui se sont réunies à Brasilia pour le Forum mondial de l’eau. Parmi ces participants, une quinzaine de chefs d’Etat, 300 maires et plusieurs dizaines de militants écologistes et de scientifiques, réunis pour élaborer des solutions communes pour un usage durable des ressources aquatiques. 

La pénurie du Cap

Oui, on a notamment à l’esprit le cas dramatique de l’agglomération du Cap. La deuxième ville d’Afrique du Sud subit en effet l’une des pires sécheresses de son histoire, ce qui a conduit le gouvernement sud-africain à décréter l’état de catastrophe naturelle et à mettre l’armée en charge du rationnement et de la distribution de l’eau. 

Il faut également rappeler que plus d’un quart des ressources d’eau renouvelable -hors Antarctique- se trouvent en Amérique Latine, et notamment au Brésil, mais que dans le même temps des régions entières comme le Moyen Orient ou l’Afrique du Nord courent de sérieux risques de pénurie dans les années à venir. 

Benedito Braga, président du Conseil mondial de l’eau, rappelle ainsi que la quasi-totalité des ressources disponibles dans le monde se trouvent dans des nappes phréatiques transfrontalières, ce qui nécessite d’élaborer des compromis et des ententes au-delà des amitiés ou des tensions diplomatiques traditionnelles. 

Les infrastructures vertes

L’un des enjeux de ces grand-messes internationales est de renforcer le dialogue et la coopération, pour favoriser un usage et un partage durable des ressources aquifères.

Mais l’ONU plaide également en faveur du développement d’infrastructures vertes, fondées sur la nature, par opposition aux infrastructures grises, qui renvoient aux outils construits par l’homme et bien souvent peu respectueux du cycle de l’eau et des spécificités des milieux. Ainsi, l’eau n’est plus envisagée comme un élément isolé, mais comme faisant partie intégrante d’un processus naturel complexe.

Poussées par les Nations unies, ces techniques ancestrales permettent de diminuer la pression sur les terres, de réduire la pollution, de limiter l’érosion et l’artificialisation des sols, en développant par exemple des systèmes d’irrigation plus économes et plus efficaces. 

L’UNESCO, prend ainsi l’exemple de Madagascar mis en oeuvre un “système d’intensification du riz”, privilégiant une “restauration de la fonction hydrologique et écologique des sols, plutôt que l’utilisation de nouvelles semences ou de produits chimiques, permettant d’économiser jusqu’à 50% d’eau et d’augmenter la production de riz de 25 à 50%”. Toujours selon l’UNESCO, la production agricole mondiale pourrait, grâce à ces techniques augmenter de près de 20%.

De l'éthique au politique

Ce sont donc ces arguments qui sont mis prioritairement en avant . Comme pour bien d’autres sujets, les militants ont en effet abandonné le terrain du combat éthique pour se concentrer sur des arguments rationnels et politiques.

C’est ce qu’explique Ricardo Medeiros, membre du Conseil mondial de l’eau, qui affirme qu’il est à présent nécessaire de “dépasser le discours traditionnel évoquant l’eau comme un élément essentiel à la vie, pour le reconnaître en tant que moteur de développement” : apparemment le seul argument audible pour les homo oeconomicus qui peuplent notre planète.

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