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France, Russie, Italie, le tiercé gagnant?

La coupe du monde de la corruption

3 min
À retrouver dans l'émission

Alors que se lance aujourd’hui la compétition sportive en Russie, un documentaire nous rappelle les soupçons de corruption concernant l'attribution de la coupe du monde à l'empire de Poutine.

France, Russie, Italie, le tiercé gagnant?
France, Russie, Italie, le tiercé gagnant? Crédits : LEEMAGE - AFP

Alors que se lance aujourd’hui la compétition sportive en Russie, un documentaire vient nous rappeler les conditions d’attribution plus que douteuse de l’un des évènements sportifs les plus populaires de la planète. 

Dans ce film diffusé sur Arte et intitulé La coupe du monde des espions, le journaliste danois Niels Borchert Holm - qui avait déjà enquêté sur l’attribution de la coupe de 2022 au Qatar - revient sur la victoire de la Russie choisie pour organiser la coupe du monde 2018, alors même que son dossier était considéré comme l’un des plus faibles. 

Face à l’Empire de Poutine, l’Espagne, l’Angleterre ou encore le Portugal sont donc repartis bredouilles, avec pour certains des scores qui frôlent l’humiliation, puisque sur les 22, l’Angleterre -qui avait le dossier réputé le plus solide- n’a recueilli que deux suffrages. La Russie quant à elle écrase la concurrence en raflant 13 voix. 

La corruption au coeur de l'attribution de la coupe du monde

Dès l’année suivante, la justice suisse ouvre une procédure pénale contre X pour soupçon de blanchiment d’argent et de gestion déloyale, dans le cadre de l’attribution des coupes de 2018 et de 2022. Des soupçons de collusion, voire même de corruption planent ainsi sur les membres du comité exécutif de la Fifa, dont l’ancien président, Sepp Blatter, est lui-même mis en examen pour des affaires d’attribution déloyale de droits télévisés. 

Ce qui est saisissant, c’est de voir à quel point ce mélange des genres est assumé au grand jour, avec des liens incestueux entre intérêts privés et membres de la direction de la Fifa. Le documentaire pointe ainsi l’ingérence politique évidente des russes, par le biais de leurs agents économiques. Le géant russe des hydrocarbures, Gazprom, apparaît ainsi comme la force de l’ombre incontournable dans ce dossier. 

On apprend que la légende de la sélection allemande, Franz Beckenbauer, membre du comité exécutif de la Fifa jusqu’en 2011, a signé dès 2012 un contrat d’image avec la Société gazière de Russie, devenant ambassadeur de Gazprom, lui-même sponsor de la Fifa. La boucle est bouclée. 

Du côté russe, aucun problème, le tsar tout puissant a déclaré, à l’occasion d’une conférence de presse : “Le combat fut rude mais loyal”. Ouf, on respire. On rappellera simplement que sur les 22 votants du comité exécutif de l’époque, treize ont depuis été suspendus, inculpés par la justice ou poussés à quitter la Fédération. 

Une vitrine pour le pouvoir russe

Il faut dire que le pouvoir russe a été mis à l’index de la communauté internationale, et notamment du camp occidental, depuis l’annexion de la Crimée, mais aussi depuis qu’il prête armes, troupes et bagages à Damas pour massacrer le peuple syrien. 

Un climat qui s’est encore envenimé avec la tentative d’assassinat de l’ancien espion russe Serguei Skripal à Londres, entraînant la décision de Theresa May de boycotter les cérémonies et les matches en Russie. Pas autant de scrupules, côté français, puisque le président Macron a annoncé qu’il se presserait sur place si l’équipe de France “passait les quarts” de finale. Il ne s’agirait pas de venir troubler la fête avec de basses considérations politiques ou de respect des droits de l’homme...

Cette coupe du monde est avant tout une démonstration de force et une vitrine politique permettant à Poutine de faire oublier ses récentes  démêlées diplomatiques. Car comme le rappelle un article de l’hebdomadaire Politis à ce sujet, ce sont plus 5000 journalistes étrangers qui seront sur place à cette occasion. 

Dans un pays classé 148e sur 180 en matière de liberté de la presse, on peut toujours espérer que certains journalistes se serviront de cet évènement pour apporter une once de contradiction face au nouveau sacre du Tsar Poutine.

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