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Un pêcheur néerlandais en Mer du Nord

La peur des pêcheurs du Nord

2 min
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Suite au Brexit, le gouvernement britannique entend reprendre le contrôle de ses eaux territoriales, parmi les plus poissonneuses d'Europe. Une décision qui inquiète les pêcheurs des deux bords de la Mer du Nord.

Un pêcheur néerlandais en Mer du Nord
Un pêcheur néerlandais en Mer du Nord Crédits : TON KOENE / DPA - AFP

Suite au Brexit, le Royaume-Uni compte bien reprendre le contrôle de sa zone économique exclusive, une bande de mer entourant le pays, très riche en ressources halieutiques. C’est même l’une des principales revendications du gouvernement de Sa Majesté.

Il faut dire que les pêcheurs britanniques étaient parmi les électeurs les plus remontés contre Bruxelles et les règles de partage des eaux avec les autres pays européens. On se rappelle ainsi du coup d’éclat de Nigel Farage, ancien leader du parti europhobe UKIP, qui avait remonté la Tamise avec une armada de chalutiers, venus claironner dans la brume jusqu’aux pieds du palais de Westminster. 

We want our fish back! pouvait-on ainsi entendre durant la campagne pour le Brexit, nous rappelant la sortie de la dame de fer à Dublin en 1979, lors d’un sommet européen resté célèbre. 40 ans plus tard, il ne s’agit donc plus d’argent mais de poissons sonnants et trébuchants.

Ainsi, même en Irlande du Nord, qui a pourtant largement voté en faveur du Remain, les pêcheurs font figure d’exception. Ce sont les seuls à s’être prononcés massivement en faveur du Brexit, espérant récupérer le contrôle de leurs eaux dès 2019. Mais face à la résistance des autres Etats membres, Londres a dû repousser cette date à 2021, provoquant la colère des pêcheurs du Nord.

Pour le négociateur en chef du Brexit, le français Michel Barnier, il n’est certainement pas question de restreindre l’accès aux rivages britanniques. De même qu’il n’entend pas revoir les quotas de répartition de pêche. Il faut dire qu’il dispose d’un argument de poids puisque 75% de la pêche britannique est exportée vers l’Europe… Il ne s’agirait donc pas de se voir couper l’accès à ce marché essentiel.  

Jusqu’à présent, 30% de la pêche est réservée aux britanniques, le reste étant “capté” par les européens -pour reprendre les termes des syndicats de pêcheurs britanniques- exaspérés par cette mainmise des bateaux français, irlandais ou encore allemands sur leur précieuse ressource. 

Il faut dire que les eaux anglaises sont extrêmement poissonneuses et permettent de remplir les cales et les filets de tous ces bateaux. Ainsi, un article de l’Express précise qu’environ “20% de la pêche française se fait dans les eaux britanniques” et que ce chiffre s’élève même à 50% voire à 80% lorsque l’on se tourne vers les ports de Bretagne, de la Manche ou de la mer du Nord. 

Et le gouvernement de Dublin a décidé, en rétorsion au Brexit et à la fermeture à venir des eaux britanniques, que les nord-Irlandais n’auraient plus le droit de venir pêcher à moins de quinze mille de leur littoral. Ainsi, dans les deux sens, les frontières floues de l’océan se referment, avec une incidence réelle sur les pêcheurs des deux bords. 

Car la tentation sera grande pour les marins étrangers de contourner la législation, en faisant armer des bateaux directement en Irlande, leur permettant de pêcher les poissons irlandais. Un pêcheur, interrogé par Ouest France, explique ainsi que “si les britanniques ferments leurs eaux, celles du Sud de l’Irlande seront bientôt envahies par les gros chalutiers.

Et ce sont les petits pêcheurs qui vont en pâtir les premiers. Car les gros chalutiers, qui ont les moyens de passer des semaines en mer et d’aller sonder les profondeurs éloignées n’auront aucun mal à se tourner vers d’autres horizons. Mais les frêles esquifs, qui ne peuvent s’exiler trop loin de leurs ports d’attache, seront circonscrits à une zone grouillant bientôt de petits bateaux. 

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