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Eclipse de superlune

La Lune et la porte de l'espace profond

3 min
À retrouver dans l'émission

Une nouvelle station spatiale, nommée Portail de l’espace profond, devrait voir le jour d’ici à la fin de la décennie 2020, en remplacement de l’ISS. Un projet ambitieux pour se rapprocher de la Lune, qui masque une perte d'intérêt du grand public, comme du politique pour la conquête spatiale.

Eclipse de superlune
Eclipse de superlune Crédits : RÉMY MANTIONE / CROWDSPARK - AFP

Pour terminer cette semaine de poétique cosmique, je vous propose d’embarquer pour la nouvelle station orbitale internationale, nommée Portail de l’espace profond et qui devrait voir le jour d’ici à la fin de la décennie 2020, en remplacement de l’ISS. 

Si le Portail est encore au stade de projet, il mobilise cependant les agences spatiales états-unienne, européenne ou même japonaise. Et les Chinois, les Russes et les Indiens devraient également se joindre à cet ambitieux projet. Car l’objectif de cette station n’est pas seulement de renouveler la présence de l’homme dans l’espace, mais aussi de le rapprocher sensiblement de la Lune, afin d’en faciliter l’accès à moyen terme.

Un satellite qui attise les convoitises et les rivalités

Non seulement celle des Etats - acteurs traditionnels de la conquête spatiale - mais aussi des acteurs privés, par le potentiel profit alléchés. Car sur la Lune, il y a plus qu’une vue imprenable sur la planète bleue, il y a aussi, en quantité non négligeable, des ressources rares parmi lesquelles l’hélium 3, déposés sur la Lune par des vents solaires et fabuleuse source d’énergie. 

Ainsi, un article de Slate explique que 25 tonnes de ce gaz, permettraient de fournir en énergie un pays comme les Etats-Unis pendant un an! Et on trouverait, selon certaines estimations, près de 100 000 tonnes de cet isotope sur la Lune. Autant dire que celle-ci apparaît désormais autant comme un espace de rêveries enfantines que comme un terrain d’exploitation économique. 

Pas étonnant donc, que la Chine, mais aussi l’Agence Spatiale européenne ou encore récemment le Président Trump, fassent état de leur intérêt pour le précieux satellite. 

La lune, non plus fin mais moyen de l'exploration spatiale 

Près de 70 ans après Destination Moon, qui fit de sa conquête, un impératif d’ordre stratégique, la Lune semble revenue au coeur de toutes les convoitises.

Avec une gravité six fois plus faible, notre satellite pourrait donc offrir un pas de tir idéal pour le lancement de futures navettes et pourrait même capitaliser sur les ressources présentes sur place : non seulement de l’hydrogène et de l’oxygène pour les moteurs, mais aussi du basalte, roche volcanique pouvant servir de matière première pour l’impression 3D de pièces aéronautiques.

Et, comme dans Destination Moon, la conquête et la colonisation de la Lune passe par une collaboration entre agences spatiales nationales et secteur privé. Difficile de croire cependant qu’un discours vibrant et patriotique de Trump suffise cette fois à convaincre les investisseurs. 

Les Etats doublés par les acteurs privés

Pour ce sujet comme pour d’autres, l’agitation trumpienne ne signifie pas pour autant action et décision. Après avoir claironné que cette fois, les Etats-Unis ne se contenteraient pas de planter un drapeau à la surface de la Lune, mais qu’ils établiraient sur place les fondations de leur exploration spatiale, les moyens ne semblent pas vraiment au rendez-vous. 

Et, même si la NASA feint de suivre la feuille de route fixée par le Président, le budget de 200 millions de dollars, reste très en deçà de l’objectif affiché. Rappelons pour mémoire, que le projet Appolo, d’une ampleur certes dantesque, avait coûté la modique somme de 90 milliards de dollars actuels. 

Face aux atermoiements des grandes puissances, les entreprises continuent, elles, de creuser leur sillon vers la Lune. Parmi les plus médiatisées, Space X, prévoit d’envoyer des touristes autour de l’astre d’ici à la fin de l’année et Blue Origin, appartenant au fondateur d’Amazon, Jeff Bezos, compte bien effectuer des livraisons sur la Lune d’ici à 2030. Autant dire demain. 

Dans le même temps, des compagnies plus discrètes, comme la russe Korolev Rocket and Space, s’est donnée pour objectif de créer une base lunaire pour extraire l’hélium 3 dans les mêmes délais. La Lune est donc au coeur de toutes les passions et de tous les intérêts, mais faute d’un cap clair et d’une réactivation d’un imaginaire puissant autour de la conquête spatiale, le risque est de voir l’univers se transformer en un nouveau Far West. 

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