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Dérèglement climatique : l'impératif de l'adaptation

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Un rapport du Sénat lance l'alerte et nous rappelle que les mesures d'atténuation du changement climatique sont insuffisantes. Il faut impérativement prendre des mesures pour se préparer, se protéger et s'adapter aux conséquences de ce dernier.

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. Crédits : AFP

Les Sénateurs Ronan Dantec et Jean-Yves Roux on consacré un rapport du Sénat à la question de l’adaptation de la France au changement climatique. Un rapport pour le moins alarmiste puisqu’il explique que la France n’est absolument pas préparée au choc climatique qui vient. 

Il faut dire que l’adaptation est bien souvent le parent pauvre, voire la dimension oubliée, de la lutte contre le réchauffement climatique. Comme l’explique l’un des auteurs du rapport, « les politiques d’adaptation souffrent trop souvent d’un déficit de reconnaissance et de légitimité dans le débat et les politiques publiques ». 

Ainsi, quand on pense aux politiques de lutte contre le changement climatique, on se limite souvent à la seule dimension de l’atténuation : comme par exemple la réduction des émissions de gaz à effet de serre. La question de l’adaptation renvoie, quant à elle, à une réalité plus lointaine, qui peine à mobiliser les foules. 

Le problème c’est qu’il est trop tard désormais pour se préoccuper uniquement de l’atténuation du changement climatique. Il ne s’agit plus d’éviter la catastrophe mais bien de se préparer à l’inéluctable. Comme l’expliquent les auteurs du rapport, « le proche avenir climatique est déjà écrit », la question est maintenant de savoir si nous serons capables de prendre les mesures suffisantes pour nous préparer, nous adapter, nous protéger.  

Et pour l’instant, la mobilisation est loin d’être suffisante. Elle est même « embryonnaire », selon les auteurs, pour « la grande majorité des collectivités territoriales et des filières économiques ». Il faut dire que l’État, lui-même, est loin d’avoir pris la mesure du changement : le plan national d’adaptation adopté en 2011 et en 2018 n’est qu’un texte non normatif, qui se contente de fixer un cadre d’amélioration. 

Les sénateurs pointent donc la nécessité de mener un véritable accompagnement politique et financier, en se concentrant notamment sur les territoires les plus vulnérables, comme les outre-mer ou les zones littorales. Ils donnent également un certain nombre de pistes pour adapter l’ensemble des territoires : de la lutte contre l’artificialisation des sols, à la restauration des zones humides en passant par la mutation vers une agroécologie.

Mais les sénateurs ne sont pas les seuls à tirer la sonnette d’alarme. Depuis plusieurs années, les rapports d’ONG et d’experts se multiplient pour mettre en garde contre les risques de l’inaction. Les experts du GIEC eux-mêmes, ont publié l’année dernière un rapport qui explique qu’il reste à l’humanité 10 ans pour tout changer. De nos modes de consommation à nos modes de production, en passant par l’organisation même de nos sociétés, 10 ans pour faire la différence et éviter l’apocalypse annoncée. 

Pourtant face à cette mise en garde sans précédent, l’ordre du monde semble tranquillement suivre son cours. Nous parlions récemment des perspectives d’exploitation d´hydrocarbures au grand Nord, permises ou plutôt causées par le changement climatique. En réalité, pas un jour ne passe sans que les intérêts économiques ne s’imposent à l’impératif écologique. 

Heureusement face à l’inaction de leurs représentants, les citoyens, et notamment les plus jeunes, prennent conscience de la nécessité de changer et se mobilisent pour combattre cette indifférence programmée. Hasard du calendrier : alors même que nos sénateurs se transforment en lanceurs d’alerte, d’autres citoyens, moins chanceux, se retrouvent face à la justice pour avoir dénoncé l’inaction de nos dirigeants. 

Plusieurs militants non-violents ont ainsi été poursuivi pour « vol en réunion et par ruse » après avoir décroché des portraits officiels du Président de la République : une action censée symboliser le « vide de l’action climatique » du chef de l’État et du gouvernement et qui pourrait coûter jusqu’à 2000 euros à ces militants de la cause écologique. Verdict le 12 juin prochain. 

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