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Plus de place sur les Ramblas

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Face à l'afflux toujours plus important de touristes à Barcelone, la municipalité a pris une série de mesures pour tenter d’enclencher une « décroissance touristique ». Des mesures qui s'insèrent dans un mouvement plus vaste de mécontentement populaire face aux conséquences du tourisme de masse.

 Casa Batllo
Casa Batllo Crédits : LEE FROST / ROBERT HARDING HERITAGE / ROBERTHARDING - AFP

Un ras le bol citoyen face au tourisme de masse

On a notamment beaucoup parlé ces derniers temps de Barcelone, ville dont la nouvelle maire, Ada Colau, a pris depuis son élection en 2015, un certain nombre de mesures visant à ramener la tranquillité et à freiner les dérives immobilières. 

Ces mesures vont ainsi de l’interdiction du segway, ce gyropode facilitant le transports de nuées de touristes, roulant à la file indienne dans les rues de la  capitale catalane, à un moratoire sur les attributions de licence touristiques pour les particuliers et les hôtels ou encore une vaste campagne d’inspection à la recherches des airbnb abusifs et autres logements frauduleux. Sur les 16 000 logements proposés à la location, il y en aurait en effet près de 7000 qui ne détiennent pas les licences nécessaires.

Selon un article de la Tribune cependant, ces mesures sont loin de satisfaire tout le monde et pourraient même être contre-productives puisque la suspension des licences et le moratoire pourrait entraîner un renchérissement du prix de l’immobilier touristique et alimenter une bulle que la mairie souhaitait justement dégonfler... Sans compter que les 28 projets d’hôtels bloqués représentent un investissement de plus de trois milliards d’euros et près de 10 000 postes de travail. Des arguments toujours alléchants pour vendre le tout tourisme.

A Barcelone, la colère gronde

C’est d'ailleurs sur cette grogne que s’appuie la maire pour justifier ses mesures de protection de la ville. Les associations de protection de la ville et les manifestations spontanées ont ainsi fleuri pour dénoncer le développement d’un Disneyland catalan.

Attaques de boutiques touristiques, panneaux ou manifestations aux cris de “Tourists go home” ou de “Stoppons les roues du capital”. Si la maire Ada Colau déplore et dénonce ces comportements, le message est pourtant clair. Marre du tourisme de masse qui défigure la ville et la rend impraticable pour ses habitants. 

Les Barcelonais se plaignent ainsi non seulement de l’impossibilité d’accéder à des quartiers entiers de la ville, submergés de touristes, mais dénoncent aussi la perte d’identité de la ville, qui voit ses panneaux de signalisations, ses espaces publics ou encore ses enseignes de restauration s’homogénéiser pour satisfaire aux exigences des touristes  internationaux. On relèvera d’ailleurs l’ironie de voir se multiplier les tags dénonçant l’occupation touristique, dans la langue même des envahisseurs. 

Comme le souligne Janet Sanz, en charge de l’urbanisme à la mairie de Barcelone, « les touristes ne sont pas le problème, ils seront toujours les bienvenus. Le problème, c’est le modèle de développement touristique qui nuit au tissu urbain et son authenticité». Un nouveau Plan d’urbanisme a donc été adopté afin d’enclencher une « décroissance touristique » dans les quartiers centraux.

Quelle incidence sur l’économie locale ?

Il est certain que ces actions pourraient avoir un impact sur ce qui reste la première ressource économique du pays. Si ces actions citoyennes peuvent sembler légitime, nombre d’observateurs pointent tout de même le risque économique et social de voir flancher une économie qui sort à peine d’une des récessions les plus graves de son histoire. Or le tourisme reste l’un des piliers de l’économie espagnole. C’est le secteur qui soutient le marché de l’emploi, nourrit la croissance économique et permet de remplir les caisses de la sécurité sociale. 

La ville de Barcelone fait donc figure de laboratoire face aux mutations et aux excès du tourisme mondial. Les mesures prises par la nouvelle municipalité seront donc scrutées à la fois par les acteurs économiques et par les responsables de principales destinations touristiques en Europe pour tenter d’élaborer un mode de tourisme plus durable et plus responsable.

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