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L'un des principaux risques liés au réchauffement climatique : la désertification de régions entières

Dérèglement climatique : l'irrationalité de l'inaction

3 min
À retrouver dans l'émission

Le nouveau rapport du GIEC nous rappelle les conséquences irrémédiables d'une hausse des températures. Pourtant, en dépit de ces mises en gardes répétées, notre incapacité à agir témoigne de notre irrationalité face à l'imminence du danger ou plutôt de la rationalité d'acteurs bien plus puissants..

L'un des principaux risques liés au réchauffement climatique : la désertification de régions entières
L'un des principaux risques liés au réchauffement climatique : la désertification de régions entières Crédits : Florian Gaertner - Getty

Réunis depuis une semaine en Corée du Sud, les membres du groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat ont adopté dans la nuit à l’unanimité un rapport sur les conséquences d’un réchauffement global des températures supérieur à 1,5°C. 

Ce rapport explique que le changement climatique affecte déjà les populations et les écosystèmes, que chaque demi degré de plus a une véritable incidence et qu’il y a donc des avantages indéniables à limiter le réchauffement à 1,5 plutôt que 2°C. Enfin, il rappelle que limiter le réchauffement à 1,5°C est possible, mais que cela nécessite une véritable mobilisation de l’ensemble des acteurs en présence. 

Et cette dernière partie est fondamentale. Elle nous rappelle que nous ne sommes pas condamnés au pire, que le changement est possible et qu’il suffit de s’y atteler. Pourtant, depuis des décennies, les rapports alarmistes et les réunions de la dernière chance se multiplient sans que l’on prenne les décisions nécessaires pour empêcher la catastrophe - alors que l’on connaît pertinemment les conséquences de l’inaction.

Le coût de l'inaction

On se rappelle notamment du rapport Stern qui, en 2006, affirmait déjà que le coût économique de l’inaction était bien plus important que celui de l’action. Ce rapport, émanant du ministère des finances britanniques et coordonné par Nicholas Stern, ancien chef économiste de la Banque mondiale, expliquait ainsi que le coût de politiques efficaces de lutte contre le changement climatique, pouvait se chiffrer à environ 1% du PIB mondial, alors que ne rien faire causerait des dommages allant de 5% à 20% du PIB.

Sur le papier, l’homme a donc toutes les raisons d’agir : il est informé, il connaît les conséquences prévues de ses choix et peut donc prendre une décision rationnelle, lui permettant d’optimiser ses conditions de vie et son bien-être. Sur le papier donc, car en réalité, les gouvernants continuent d’avancer, tels les somnambules de la fin du monde, en fixant discours et priorités, sur des questions aussi fondamentales que l’identité nationale ou la flexibilisation du marché du travail. 

Une irrationalité bien ordonnée

On peut expliquer cette irrationalité par le fait qu'il est difficile de mobiliser sur une question dont les conséquences semblaient encore lointaines, diffuses, bien moins prégnantes que les questions de chômage ou de pouvoir d’achat. Mais cela est en passe de changer. L’année 2017 a ainsi vu se multiplier les signes d’un dérèglement climatique global. La multiplication des canicules, ouragans et autres sécheresses dévastatrices, sont peut-être les seules Cassandre que les citoyens accepteront d’écouter avant la fin. 

Ensuite, il faut prendre en compte la difficulté de coopérer sur une planète qui compte désormais plus de 7,5 milliards d’habitants. Malgré les mobilisations citoyennes et la prise de conscience grandissante, un obstacle de taille réside dans la toute-puissance des États, seuls acteurs reconnus des négociations climatiques. 

Or les États constituent aujourd’hui le maillon faible de cette mobilisation. Guidés trop souvent par des questions de politique intérieure et des logiques partisanes, les dirigeants de ces États se montrent inlassablement en-dessous des attentes de l’ensemble de la population mondiale. 

La rationalité toute puissante des multinationales

On pense notamment à Donald Trump et à sa décision de quitter les accords de Paris. Mais nos dirigeants qui continuent de traiter l’écologie comme une cause de second rang, dans leurs décisions, comme dans leurs discours, portent également une très lourde responsabilité. En réalité, cette impuissance des États est aussi le fruit d’un travail de sape, mené minutieusement par les adversaires d’une plus grande réglementation.

Ainsi, alors qu’à la fin des années 1970, l’humanité était proche de prendre les bonnes décisions pour arrêter le réchauffement climatique, à partir des années 1990, la vapeur s’inverse. De puissants lobbies, tels que l’American Petroleum Institute démarrent d’intenses campagnes climatosceptiques, dépensant des millions de dollars pour faire capoter les négociations climatiques, contraires à leurs intérêts économiques. La rationalité des uns, contre la rationalité des autres donc. 

Allier croissance et durabilité ?

Il existe néanmoins des moyens d'allier croissance et durabilité. C’est en tout cas ce que défendent William Nordhaus et Paul Romer, récompensés aujourd’hui par le Prix Nobel d’économie pour leur travaux sur la croissance et la lutte contre le changement climatique. Mais de cela, nous parlerons...demain!

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