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Un bus gratuit dans l'agglomération d'Aubagne, une des premières villes à avoir adopté la gratuité des transports collectifs

La mise en commun des transports

3 min
À retrouver dans l'émission

La décision de la ville de Dunkerque de rendre gratuit les transports collectifs s'ancre dans une politique de lutte contre l’omniprésence de la voiture en ville, mais poursuit également des objectifs d'inclusion sociale et de protection de l'environnement.

Un bus gratuit dans l'agglomération d'Aubagne, une des premières villes à avoir adopté la gratuité des transports collectifs
Un bus gratuit dans l'agglomération d'Aubagne, une des premières villes à avoir adopté la gratuité des transports collectifs

Depuis le 1er septembre, la communauté urbaine de Dunkerque a décidé de rendre l’intégralité de son réseau de transports gratuits, nous rappelant ainsi la dimension commune des transports collectifs. Avec plus de 200 000 habitants répartis sur 17 communes, Dunkerque fait figure de laboratoire d’expérimentation d’un dispositif déjà mis en oeuvre dans des villes de taille plus modeste. 

Pour ce faire, l’agglomération a dû opérer une véritable modernisation de son réseau passant par l’augmentation d’un tiers de sa flotte de bus, un élargissement des horaires et la création de lignes prioritaires.

Ces transformations permettront ainsi de mettre 80% de la population à moins de 300 mètres d’un arrêt de bus et à moins de vingt minutes de la gare de Dunkerque. L’objectif étant bien sûr de ramener les usagers vers les transports en commun, qui ne représentaient que 5% des déplacement en 2015. La voiture elle, comptait pour plus d’un tiers, un des taux les plus élevés en France.

Concurrencer la toute puissance de la voiture 

Pendant plus de 60 ans, l’automobile individuelle a été le symbole de réussite et de liberté d’une France pompidolienne, au faîte de sa puissance. Désormais, les trente glorieuses semblent bien loin et nombre de villes tentent de limiter l’emprise de la voiture sur l’espace public.

Il faut dire que la véritable mise en commun des transports, permet non seulement de limiter les émissions de gaz à effet de serre dans des centres urbains de plus en plus pollués, mais répond aussi à une logique d’ouverture et d’inclusion sociale.

Damien Carême, maire de Grande Synthe et vice président de la communauté urbaine de Dunkerque explique ainsi que dans sa commune, l’autobus était tout simplement trop cher pour une partie de ses administrés, qui sont près d’un tiers à se trouver au chômage et un tiers à vivre avec un revenu annuel inférieur à 10 000 euros.

L’expérimentation de la gratuité les weekends avait ainsi fait ses preuves. Sans amélioration du service, elle avait permis d’augmenter la fréquentation des bus de moitié, attirant surtout à bord des jeunes, des personnes âgées et des personnes précaires ou isolées. C’est ce que le maire appelle le choc psychologique de la gratuité.

Le choc psychologique de la gratuité

Dans un réseau faiblement utilisé comme à Dunkerque, les recettes de billets sont mécaniquement faibles aussi. Dès lors, il vaut mieux avoir des transports gratuits et remplis que des transports à moitié vides et payants.

Dans le cas de Dunkerque, le manque à gagner n’est ainsi que de 4,5 millions d’euros, soit à peine 10% des recettes globales de fonctionnement du réseau. Une somme que la communauté de commune avait déjà provisionné par une hausse du versement transport, payé par les entreprises, et qui devait à l’origine financer la construction d’une salle de concerts.

Le développement d’un réseau gratuit de transports doit également permettre de redynamiser les territoires et de limiter l’exclusion sociale tout en limitant le recours à la voiture individuelle.

Un laboratoire d'expérimentation

C’est donc une réforme qui devrait être observée avec intérêt par de nombreuses villes en France, et même au delà. On pense ainsi à la mairie de Paris et à la région qui ont déjà lancé des études de faisabilité pour un passage au tout gratuit dans les transports d’Île de France.

Cette question s’avère cependant plus complexe sur un réseau francilien, déjà saturé en période de pointe, et qui ne pourrait donc pas compter sur une optimisation des usages comme à Dunkerque. Une réflexion néanmoins fondamentale à l’heure où la capitale réfléchit, avec le Grand Paris, à la manière d’intégrer les territoires périphériques tout en luttant contre la pollution et ses conséquences sanitaires et environnementales.

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