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Le partage de la Chine, Le petit journal, 1902

Le G7 de l'envers

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Alors que le président Trump faisait voler en éclat les discussions du G7 de ce weekend, le dirigeant chinois accueillait six autres chefs d'Etat, parmi lesquels Russes et Indiens, pour un sommet de l'Organisation de Shanghai, réunissant une partie des nouvelles puissances économiques mondiales.

Le partage de la Chine, Le petit journal, 1902
Le partage de la Chine, Le petit journal, 1902 Crédits : LEEMAGE - AFP

La réunion des sept principales puissances, économiques ce week-end à La Malbaie, a été particulièrement agitée, avec la volte face du président Trump, dénonçant la déclaration commune signée à peine quelques heures plus tôt. Ce dernier s’est en effet fendu d’une série de messages sur les réseaux sociaux, pour dénoncer pêle-mêle le communiqué commun, la prétendue duplicité de son hôte Justin Trudeau et des autres acteurs autour de la table. 

A l’heure où la communauté internationale s’interroge et s’inquiète de sa volonté de dénoncer les accords de Paris et de sortir de l’accord sur le nucléaire iranien, c’est surtout ces dernières semaines, sa volonté de surtaxer les importations d’acier et d’aluminium en provenance de l’UE, du Canada et du Mexique, qui étaient au coeur des discussions de La Malbaie. 

Il faut dire que c’est un crime difficilement pardonnable à l’heure où les règles sacro-saintes du commerce mondiale, sont au fondement des l’entente cordiale entre les grandes puissances économiques. Un dogme qui ne saurait être piétiné sous peine d’excommunication de la communauté internationale

La Russie, à la croisée des chemins

Le président Trump a également questionné la légitimité du sommet lui-même. Dans une autre tweet envoyé comme à son habitude depuis son Air Force One, le président américain a demandé la réintégration de la Russie au sein de cette réunion annuelle des principales puissances économiques mondiales. On se rappelle en effet que le président russe avait été banni de ce sommet informel suite à l’invasion de l’Ukraine et l’annexion de la Crimée en 2014. 

Si cette forme de rétorsion est avant tout symbolique, tant ces grands-messes internationales n’ont que peu de portée pratique, c’est pourtant ce symbole que le président Trump a voulu dénoncer en demandant la réintégration du voisin russe à la table des discussions. 

Une idée cependant rapidement enterrée par les Européens, qui ont opposé une fin de non-recevoir à cette demande par la voix de la chancelière allemande qui a déclaré qu’un “retour de la Russie dans le format G7 n'était pas possible tant qu’il n’y aurait pas de progrès substantiels [du côté de l’Ukraine]". Du côté américain, des responsables de la Maison blanche ont cependant expliqué qu’il ne s’agissait que d’une prise de parole intempestive du président américain, qui n’était absolument pas à l’agenda des diplomates. 

Un contre-sommet des puissances mondiales

Alors que la réunion des puissances dites “occidentales” se tenait au Québec, avec les résultats que l’on sait, la Chine invitait les membres de l’Organisation de coopération de Shanghai pour un sommet dans la station balnéaire de Qingdao dans l’Est de la Chine. 

Créée en 2001, pour répondre aux grands bouleversements de l’effondrement soviétique et régler notamment la question des frontières sino-russes, cette organisation intergouvernementale réunit désormais huit membres, dont bien entendu la Chine et la Russie, mais aussi quatre anciennes républiques soviétiques d’Asie-centrale, et enfin, derniers venus, l’Inde et le Pakistan. 

La venue de ces nouveaux acteurs, devenus membres à part entière depuis l’année dernière bouleverse considérablement la donne en ce qu’elle rebat les cartes d’une organisation jusqu’alors dominée par la duarchie sino-russe. Par de complexes systèmes d’alliances, les pays en présence agissent comme des contrepoids mutuels, tout en s’attachant à construire un bloc cohérent face aux occidentaux. 

Ainsi, face au président Trump, à la tête de la première puissance capitaliste de la planète, c’est son homologue communiste qui se targue de livrer une leçon de libre-échange. Xi Jinping a ainsi dénoncé les “guerres commerciales de court terme et d’isolement”, visant explicitement le président américain qui a récemment menacé de taxer 50 milliards de dollars d’exportations chinoises. 

Dans ce même discours, Xi Jinping promettait à son invité, le président iranien, Hassan Rohani, de tout faire pour sauver l’accord sur le nucléaire. Un drôle de renversement qui interroge sur les positionnements respectifs des puissances dans ce nouvel ordre diplomatique, qui voit la montée de nouveaux acteurs et l'extinction programmée de la voix européenne. 

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