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Arnold Schwarzenegger, au volant de la Toyota Mirai

Toyota ou les révolutions du moteur

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La firme japonaise a annoncé sa volonté de cesser la vente de voitures diesel d'ici à la fin de l'année. Elle développe dans le même temps des voitures 100% électrique et mise surtout sur les véhicules à hydrogène.

Arnold Schwarzenegger, au volant de la Toyota Mirai
Arnold Schwarzenegger, au volant de la Toyota Mirai Crédits : CHRIS GRAYTHEN / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP - AFP

Le constructeur japonais a annoncé la semaine dernière sa volonté de cesser la production de voitures diesel individuelles et même d’en arrêter la vente en Europe dès la fin 2018!

Présentée par le président Europe de Toyota, cette décision est présentée comme s’intégrant à la stratégie de long terme de la firme japonaise. Les ventes de diesel étaient ainsi déjà en net recul puisqu’elles représentaient 15% des ventes européennes en 2017 contre 30% en 2012. L’objectif est donc clairement la sortie du carburant, sous le feu des critiques pour la pollution aux particules fines qu’il entraîne. 

On se rappelle ainsi qu’en septembre 2015, l’Agence américaine de protection de l’environnement révélait, que des voitures diesel du groupe Volkswagen, avaient des taux de pollution à l’oxyde d’azote 15 à 35 fois supérieures aux seuils tolérés ! Sous la pression de la justice américaine, la firme allemande avoue rapidement avoir trafiqué ses moteurs avec un logiciel truqueur capable de limiter les émissions d’oxyde d’azote pendant les essais du véhicule.

Mais en France aussi, on constate que la plupart des véhicules diesel sont bien au dessus des normes anti-pollution. Et Volkswagen n’est même pas l’entreprise la plus mal classée ! En haut du podium des voitures les plus polluantes, on trouve Opel et Renault, avec nombre de leurs modèles. 

L'impact du dieselgate

Le retentissement de cette affaire a certainement pesé sur la décision du constructeur japonais. Mais cela fait longtemps que Toyota a fait le pari de la sortie des énergies fossiles, en misant notamment sur les voitures hybrides. Les ventes de ces modèles ont ainsi augmenté de 47% en Europe sur la seule année 2017. L’entreprise veut désormais amplifier cette dynamique en développant le 100% électrique. 

Il faut dire que la firme nippone prévoit aussi les menaces d’interdiction des moteurs diesel dans de nombreuses villes d’Europe. Ainsi Paris, dans l’élaboration de son Plan Climat Air Energie, se fixe l’objectif de la fin des moteurs diesel d’ici à 2024. Même si aucun arrêté n’a pour l’instant été pris, les constructeurs automobiles savent qu’il leur faut désormais prendre en compte cette aspiration citoyenne et politique de sortir des modes de transport les plus polluants. 

Une sortie des véhicules carbonés, portée par les pouvoirs publics

Le ministre de la transition écologique, Nicolas Hulot, a présenté cet été le « Plan climat », qui vise à engager le tournant écologique de la France dans la continuité des Accords de Paris. 

Parmi les objectifs du gouvernement figure ainsi la fin de la commercialisation des voitures roulant à l’essence ou au gazole en France d’ici 2040. Il a également annoncé que les ménages les plus modestes bénéficieraient d’une prime pour se débarrasser de leurs voitures polluantes au profit d’un véhicule plus propre. 

Le développement d'une flotte de véhicules à hydrogène

Outre les voitures hybrides, Toyota a également lancé une gamme de véhicules à hydrogène. Elle compte d’ailleurs faires des jeux olympiques de Paris, une vitrine pour la flotte de bus à hydrogène qu’elle développe déjà pour les jeux de 2020 au Japon. 

Mais la société japonaise ne compte pas seulement imposer son moteur à hydrogène dans les transports collectifs. Toyota mise également sur la voiture à hydrogène, dont l'immense avantage est de ne rejeter lors de sa combustion aucune substance polluante - seule de la vapeur d'eau est émise. 

L’entreprise a ainsi mis en circulation, la Mirai ou «futur» en japonais, qui revendique une autonomie de 650 km, et compte bien concurrencer Tesla et ses voitures électriques, comme alternative aux voitures essence et diesel. 

Mais il ne suffit pas d’offrir une technologie aux consommateurs pour qu’ils la plébiscitent. C’est en effet tout un réseau de pompes à hydrogène qu’il faut développer sur le territoire si l’on veut inciter les conducteurs à se tourner vers ce carburant. Un pari ambitieux pour l’entreprise si elle ne veut pas voir ses espoirs d'énergie partir en fumée...

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