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Image radar du Palais Céleste, Tiangong 1

Retour au point Nemo

3 min
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Le 2 avril dernier, la station spatiale chinoise Tiangong 1, décrochait de son orbite pour venir s'effondrer dans l'atmosphère. La Chine entend construire une station habitable d'ici à 2022, date de fin de la Station Spatiale Internationale, qui ira rejoindre le cimetière marin de Nemo.

Image radar du Palais Céleste, Tiangong 1
Image radar du Palais Céleste, Tiangong 1 Crédits : HANDOUT / FRAUNHOFER FHR / AFP - AFP

Le 2 avril dernier, à 1h15, heure de Paris, la station spatiale chinoise Tiangong 1 -littéralement le Palais céleste- s’effondrait dans l’atmosphère, pour finir sa course dans le Pacifique, entre l’Océanie et l’Amérique du Sud. Une longue course folle, pour cette station qui se trouvait, depuis près de deux ans, hors du contrôle des autorités chinoises.

Il faut dire qu’il y avait une véritable incertitude sur le point de chute de l’engin, dont les moteurs devaient être pilotés depuis la Terre par le Centre de contrôle chinois. Mais en 2016, l’Agence spatiale européenne estime que les Chinois ont perdu la liaison avec leur station et n’ont alors plus qu’à scruter le ciel et prier pour que l’astronef, gros comme un bus, échoue loin de la civilisation. 

Selon les estimations européennes, la station devait ainsi sombrer quelque part entre le 43e degré Nord et le 43e Sud. Soit un espace englobant toute l’Afrique, le Sud de l’Europe, une grande partie de l’Océanie et de l’Amérique du Sud et une partie de l’Asie. Mais pour les autorités chinoises, pas de panique :  ce type de station “ne s'écrase pas sur Terre violemment comme dans les films de science-fiction, mais se désintègre en une splendide pluie de météorites”. Une captation de cette chute montre ainsi une pluie de métal en fusion, à mesure que l’engin se désintègre dans l’atmosphère.

Un engin éclaireur

Lancée en orbite en 2011, c’est la première station développée par l’agence spatiale chinoise. Prenant la forme d’un cylindre d’une dizaine de mètre, coiffé de deux ailes pour capter le soleil, la station se compose de deux modules : l’un dévolu aux équipements de production d’énergie et de propulsion et l’autre destiné à la vie et au travail des habitants. De par sa taille et ses caractéristiques techniques, la station ne permet cependant pas d’accueillir de longs séjours spatiaux. Mais elle a reçu depuis son lancement des taïkonautes à deux reprises. 

En réalité, cette station de taille modeste se place comme la première pierre d’une stratégie chinoise de reconquête de l’espace. Elle s’inscrit dans un programme de longue haleine, initié au cours des années 1970 et visant à rattraper le retard sur les grandes puissances aéronautiques que sont l’Europe et les Etats-Unis 

Il s’agit non seulement de déployer un programme autonome de lanceur d’engin mais aussi de se positionner comme leader de l’exploration spatiale dans les années à venir. Pékin envisage ainsi de lancer un vaisseau vers Mars d’ici à 2020 et de lancer sa propre station habitée avant 2022, date à laquelle la Station spatiale internationale ira rejoindre le point Nemo.

Le cimetière marin de Nemo

Ce surnom poétique, fait référence à un espace fantôme, une zone imaginaire, sise sur une étendue de 22 millions de kilomètres carrés d’océan et renvoyant au point maritime le plus éloigné de toute terre. 

Appelé “pôle maritime d’inaccessibilité” dans le jargon scientifique, cette mer des antipodes, surnommée en référence au mystérieux capitaine de Jules Verne, abrite en effet le cimetière, ou plutôt la décharge, pour les déchets spatiaux rentrés de la thermosphère. 

Le point Nemo se trouve ainsi à près de 2700 kilomètre de la terre la plus proche : l'île de Ducie, atoll de 4 km2, qui n’a vraisemblablement jamais été habité du fait de son isolement aux confins des flots. Et pour retrouver des terres habitées, il faut faire voile vers la Nouvelle Zélande à près de 3000 km vers le Nord-Ouest. 

C’est donc cette zone, bordée par le vide, qui a été choisie par l’homme pour y couler les restes de ses explorations lointaines. Le cimetière marin accueille aujourd’hui la dépouille de près de 300 engins en fin de vie : de l’antique station Mir, aux résidus plus modestes, de satellites condamnés. 

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