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Le Secrétaire d'Etat américain au Trésor Steven Mnuchin, le 24 août à Biarritz. La veille, Donald Trump déclarait ordonner aux entreprises américaines de quitter la Chine

La guerre commerciale retentit au G7 de Biarritz

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De la menace à l'apaisement : alors que Pékin et Washington annonçaient vendredi la hausse respective de leurs droits de douanes, ils semblaient prêts à des négociations à la sortie du G7. Pour la première fois, la salve de taxes chinoise a devancé l'américaine : fébrilité, ou nouvelle tactique ?

Le Secrétaire d'Etat américain au Trésor Steven Mnuchin, le 24 août à Biarritz. La veille, Donald Trump déclarait ordonner aux entreprises américaines de quitter la Chine
Le Secrétaire d'Etat américain au Trésor Steven Mnuchin, le 24 août à Biarritz. La veille, Donald Trump déclarait ordonner aux entreprises américaines de quitter la Chine Crédits : Ludovic Marin - AFP

Le tonnerre, puis l'accalmie : comme un orage au dessus de Biarritz, les tensions sino-américaines ont résonné durant tout le week-end au G7 qui s'en est ouvertement inquiété. 

Dès la veille du sommet, la situation s'était envenimée avec l'annonce d'une nouvelle hausse des droits de douanes chinois sur 75 milliards de dollars d'importations des Etats-Unis, et la réponse cinglante de Donald Trump qui a donné l' "ordre" aux entreprises américaines de quitter la Chine : "nous serons mieux sans eux"! a-t-il lancé sur twitter. 

Un peu plus tard, Washington relevait encore de 5 % supplémentaires les hausses de taxes déjà effectuées sur les 550 milliards de dollars d'importations chinoises. 

Changement de ton ce lundi avec la reprise de propos très diplomatiques de part et d'autre : le Vice Premier Ministre chinois (et économiste) Liu-He déclarait ne vouloir que la "coopération", le président américain affirmait que Pékin avait demandé à poursuivre les négociations. 

Qui a intérêt à l'escalade? Les deux protagoniste sont sous pression depuis le début de l'été. Côté chinois, cette nouvelle salve de taxes et d'invective intervient alors que Pékin fait face au ralentissement de son économie et à des accusations de dévaluation monétaire de la part des Etats-Unis. Le Yuan est passé au dessous de la barre symbolique des 7 $. 

Xi Jinping, lui, a l'avenir devant lui : il n'a pas d'échéance électorale comme Trump et donc, il peut se permettre de rétorquer à mesure que Trump fait de nouvelles annonces. - Mary-Françoise Renard

La pression est forte aussi sur Washington, notamment de la part des agriculteurs lésés par les restrictions chinoises. Pour le seul soja, la valeur des exportations vers la Chine est tombée de 12,3 milliards de dollars en 2017 à 3,1 milliards en 2018. Malgré 26 milliards de dollars au total débloqués pour les soutenir, le 24 août, l'USDA (le Département d'Etat à l'Agriculture) renonçait à envoyer ses inspecteurs dans les exploitations après des menaces. 

Or, les agriculteurs représentent une part importante de l'électorat de Donald Trump qui - à la différence de Xi Jinping - est en campagne pour sa réélection. 

G7 : Trump, le bâton et la carotte des accords commerciaux

Le G7 a aussi été l'occasion pour Donald Trump d'annoncer deux « très grands » accords bilatéraux de libre échange à venir : d'abord avec le Royaume-Uni – sans plus de détails – et puis surtout avec le Japon, négocié depuis des mois. 

Accord de principe disent le Président américain et le Premier Ministre Shinzo Abe, entre la première et la troisième économie mondiale pour un marché de plus de 450 millions de consommateurs et dans lequel les Etats-Unis sont aussi en déficit. La signature pourrait intervenir lors de l’assemblée générale de l’ONU en septembre.

France : le Ministère de l’économie toujours en lutte contre la fraude fiscale

Gérald Darmanin poursuit sa lutte contre la fraude fiscale avec une visite au Panama lundi et l'annonce de nouvelles mesures anti-fraude dans le futur projet de loi de finance. Après la loi sur la fraude il y a un an cette fois le Ministère compte cibler les plateformes internet et la fraude à la TVA qui représente 80 % des dossiers au pénal. 

Parmi les mesures prévues : une liste noire des plateformes non collaboratives, la facturation électronique d’ici 2023 et la mise en place d'un service de renseignement fiscal. Le projet doit être présenté fin septembre en Conseil des Ministres.

L'Allemagne réfléchit à un impôt sur la fortune et vante le "modèle suisse" ?

Le quotidien économique Handelsblatt le rapporte ce week-end : le projet des Sociaux Démocrates d'un impôt sur la fortune, annoncé par leur Ministre des Finances et candidat à la direction du SPD Olaf Scholtz. Les gains potentiels annoncés sont de 10 milliards d'euros mais il s'agit selon la CDU-CSU d'un « mauvais signal » dans une économie au bord de la récession. Supprimé en France, l’impôt sur la fortune existe encore en Europe en Espagne et en Suisse, cité en exemple par le Ministre Scholz.

Mort de l’industriel et libertarien David Koch

L’ex-Président de Koch Industries est mort jeudi à 79 ans. Héritier avec son frère d’un conglomérat né du raffinage pétrolier, était selon Forbes le onzième homme le plus riche au monde. Il se voulait aussi un acteur politique influent parmi les milieux conservateurs.

Fondateur du réseau Americans for Prosperity, deuxième en terme de financements de campagne, il s'était même porté assez tôt candidat à a vice présidence des Etats-Unis au côté du libertarien Ed Clark en 1980. Le Monde note qu'il n’avait eu que peu d’influence sur l’administration Trump, « à part une réforme de la politique pénale ».

Influent peut-être, nuancé aussi : lui-même libertarien convaincu David Koch s'était tenu à l’écart de la croisade morale de la droite américaine. Capitaliste radical mais cependant pas opposé à l'Etat fédéral, il avait aussi contribué au financement de l'éducation publique et du Smithsonian Institute.

Retiré de la direction de la compagnie depuis plus d'un an, David Koch a succombé à un cancer de la prostate.

Intervenants
  • économiste, professeur à l’université Clermont-Auvergne, responsable de l’Institut de recherches sur l’économie de la Chine (IDREC)
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