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Non, les Français ne travaillent pas moins que leurs voisins

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Le président de la République a affirmé, lors de sa conférence de presse, que les Français travaillaient moins que leurs voisins. Une affirmation pourtant loin d'être exacte, qui sert surtout de justification à la mise en oeuvre des réformes prônées par Emmanuel Macron.

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. Crédits : AFP

Nous entendions donc Emmanuel Macron déclarer, lors de sa conférence de presse, qu’il était nécessaire que les Français travaillent plus. Cette volonté se présentait comme une manière de sortir de la crise économique et sociale actuelle. En clair : ceux qui se plaignent de gagner trop peu d’argent n’ont qu’à travailler plus. 

Cette augmentation du temps de travail était également présentée comme une manière de financer le système des retraites, déséquilibré par le vieillissement de la population, et que le gouvernement entend rapidement réformer. 

Une volonté présidentielle qui permet de s’extirper des débats explosifs autour de l’allongement de la durée de cotisation, mais aussi de s’écarter de toute revalorisation du Smic, qui pèserait sur la sacro-sainte compétitivité du travail français. Au contraire, le fait d’augmenter le temps de travail serait pour ainsi dire indolore, selon Emmanuel Macron, tant les Français sont en retard sur leurs voisins en la matière. 

Pourtant plusieurs études semblent démontrer que les Français ne travaillent pas moins que leurs voisins. Selon un rapport de l’OCDE, la France se placerait même devant nombre de ses petits camarades en matière d’heures travaillées par des personnes en emploi. En 2016, les Français ont ainsi travaillé 1526 heures, soit bien plus que l’Allemagne qui se situe, en queue de classement avec 1363 heures travaillées, mais aussi devant le Luxembourg, l’Autriche, la Suède, la Norvège ou le Danemark. Pas exactement de quoi rougir donc. 

Mais un autre chiffre est particulièrement éclairant : celui du nombre d’heures travaillées par semaine. Là encore la France est loin d’être en bas du tableau puisqu’elle travaille plus que les pays que nous venons de citer. En réalité les endroits où l’on travaille significativement plus qu’en France sont, selon Eurostat, des pays comme la Roumanie, la Bulgarie ou encore la Croatie. Pas sûr qu’il s’agisse exactement du modèle social auquel aspirent les Français. 

D’autant que le président de la République oublie de préciser, dans son intervention, que les Français ont l’une des meilleures productivités d’Europe. Ils se placent ainsi juste derrière les Irlandais, les Suisses ou les Luxembourgeois dont la richesse produite est faussée par leurs pratiques fiscales déloyales.

Pour une heure travaillée, un Français produit ainsi 10% de richesses en plus qu’un Allemand. Ou même 12% de plus que les Britanniques. Comme le titrait justement l’hebdomadaire libéral The Economist : « Les Français pourraient ne pas travailler le vendredi, ils produiraient encore davantage que les Britanniques en une semaine. » 

Le magazine Alternatives économiques explique dans un renversement intéressant que si nous étions aussi peu productifs que les Allemands, nous aurions pour un même PIB, près de 3 millions d’emplois en plus. Dit autrement : il faut plus de personnes en Allemagne pour produire la même quantité de richesse. En réalité, ce chiffre reflète les spécificités de notre marché du travail : plus de chômage mais moins d’emplois précaires.

C’est d’ailleurs le principal point noir du marché français et là-dessus que le Président a pu s’appuyer : si on prend l’ensemble des Français et plus seulement les actifs, la France est effectivement dans les derniers du classement à cause de son taux de chômage très élevé. Mais entre la libéralisation du marché du travail et l’impératif de plus travailler, on peut aussi imaginer une troisième voie où le travail serait partagé. En clair, travailler moins mais pour travailler tou

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