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 La fuite en Egypte, Bible de Royaumont

Héran et les migrants

3 min
À retrouver dans l'émission

François Héran a été élu à la Chaire Migrations et Sociétés, au Collège de France. Dans le même temps le gouvernement présente son projet de loi Asile et immigration, qui inquiète associations et juridictions du droit d'asile.

 La fuite en Egypte, Bible de Royaumont
La fuite en Egypte, Bible de Royaumont Crédits : LEEMAGE - AFP

François Héran élu professeur au Collège de France

Il est difficile de parler de la démographie et des équilibres mondiaux de population sans évoquer la question essentielle des migrations. C’est justement pour répondre à cette actualité particulièrement présente que le Collège de France a créé une chaire Migrations et Sociétés, à laquelle a été élu François Héran, ancien directeur de l’Institut National des Etudes Démographiques. 

Cela fait des années que François Héran s’était fait le pourfendeur des contre-vérités et du prêt à penser délivrés par les adversaires d’un “déferlement migratoire” et autres détracteurs d’un soit disant “grand remplacement”. 

Car, comme le rapporte Le Monde, dans un portrait du démographe, ce dernier ne cesse de rappeler que “non, la France n’est pas assiégée par une masse de migrants extra-européens [...] Non, la France n’est pas la première destinations des demandeurs d’asile puisqu’elle se situait en 2016 au 16e rang de l’Union Européenne” et non enfin la France n’est pas confrontée à une invasion migratoire sans précédent puisque la France a accueilli bien plus de migrants lors de trente glorieuses, par exemple. 

Un discours scientifique contre les approximations et les contre-vérités

François Héran revendique de porter un discours scientifique face aux approximations du débat public. Une démarche salutaire pour un sujet aussi explosif, alors que les guerres d’Afrique et du moyen Orient ont conduit sur la route des millions de réfugiés, cherchant asile et refuge en Europe. Or, selon toute vraisemblance, le dérèglement climatique, les guerres de l’eau et l’explosion démographique de l’Afrique contribueront également à de nouveaux flux migratoires entre le Sud et le Nord, qu’il convient donc de prévoir et d’analyser. 

Le professeur au Collège de France rappelle également que le politique doit conserver une forme de modestie face à des phénomènes sur lesquels ils n’ont en réalité que peu de prise. Comme le rappelle Le Monde, “ce n’est pas la logique du marché mais celle du droit qui nourrit les flux migratoires, à travers les mariages mixtes, les regroupements familiaux, le droit d’asile et les études à l’étranger”.

Et c’est justement pour analyser ces mouvements de population de la manière la plus fine et la plus approfondie que François Héran a choisi de créer, sur le campus Condorcet flambant neuf, un institut des migrations, qui devrait rassembler en 2019 près de 200 chercheurs. Des analyse qui viendront nourrir la réflexion du professeur au Collège de France.

Examen à l’Assemblée nationale du projet de loi Asile Immigration 

Présenté fin février en Conseil des ministres par Gérard Collomb, ce texte prévoit  de raccourcir de 14 à 6 mois la durée moyenne d’instruction de la demande d’asile, tout en renforçant les contrôles et réduisant de 30 à 15 jours la possibilité de recours devant la Cour Nationale du Droit d’Asile. 

Un projet qui suscite la colère de l’OFPRA et de la CNDA, les juridictions en charge de juger les demandes d’asile et dont les agents ont mené une grève de près d’un mois pour protester contre ce texte qui porte atteinte selon eux aux principes même du droit d’asile. Ainsi, ce texte nuirait à l’instruction des dossiers en instaurant des délais aussi courts et alors que les deux institutions se plaignent déjà du manque de moyens alloués pour traiter efficacement et justement les demandes d’asiles. 

Car ce manque de temps est non seulement problématique pour traiter les demandes mais aussi pour les formuler. Comme en témoigne Johan Ankri, membre du syndicat ASYL de l’Ofpra : “une personne qui demande à devenir réfugié a besoin de temps pour verbaliser les souffrances qu'il a subies sur la route de l'exil. On ne peut pas lui demander de préparer son entretien en quelques jours”. 

Un texte qui entraîne une remise en cause de la tradition d’asile de la France en se fondant sur des logiques d’efficacité et de rationalisation des dépenses publiques, déjà à l’oeuvre dans les autres domaines d’action de l'Etat.

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