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Green New Deal : une révolution venue d'Amérique ?

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Porté par une partie de la gauche américaine, le Green New Deal est un ambitieux projet de transformation écologique de son économie. L'objectif étant non seulement de devenir le pays en pointe sur les énergies renouvelables mais aussi d'accompagner les travailleurs dans cette transformation.

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. Crédits : AFP

C’est une proposition portée aux Etats-Unis par les associations environnementaliste et une partie de la gauche et qui consisterait en une transformation en profondeur de l’économie américaine pour en faire la nation pionnière en matière d’énergies renouvelables et de transition énergétique. 

Ce plan a ainsi pour ambition de mobiliser sur les dix prochaines années, les capitaux, la main d’oeuvre et les compétences américaines pour faire sortir les Etats-Unis des énergies fossiles et former les travailleurs américains aux métiers d’avenir. L’objectif est donc de se saisir de l’urgence écologique pour moderniser l’économie américaine et créer des millions d’emplois à forte valeur ajoutée.

En clair : des investissements massifs dans les transports propres, les énergies vertes et les systèmes agricoles durables. Mais aussi la fin des subventions aux énergies carbonées, qui maintiennent aujourd'hui le pétrole et le charbon à des prix extrêmement compétitifs et attrayants. Le projet prévoit aussi des assurances en matière d’emploi et de revenus.

Autant d’éléments qui s’inspirent directement du New Deal mis en oeuvre par le président Roosevelt dans les années 1930. Au lendemain du déclenchement de l’une des pires crises financières et économiques de l’histoire, le président Franklin Delano Roosevelt décide de mettre en place le fameux New Deal, grand plan de relance visant à sortir le pays de la dépression. Il prévoit notamment l’investissement dans de grands projets de modernisation du pays et un programme ambitieux de formation des travailleurs. 

Mais l’initiative la plus révolutionnaire est celle du Civilian Conservation Corp qui fait de l'État fédéral américain, l’employeur en dernier ressort pour des millions de jeunes hommes célibataires, mobilisés pour réhabiliter des terres arables, entretenir les forêts et autres activités bienfaitrices pour la société. 

80 ans plus tard : la logique est la même puisque le Green New Deal élaboré par certains élus démocrates, dont Alexandria Ocasio-cortez, élue à la Chambre des représentants lors des dernières élections, propose la création d’une garantie de l’emploi au niveau fédéral pour assurer une transition viable à tous les travailleurs des secteurs touchés par la transition énergétique.

Les partisans du Green New Deal insistent ainsi particulièrement sur la complémentarité de l’économique et de l’écologique. Ce que tentent de faire comprendre les défenseurs du Green New Deal, c’est que la mise en oeuvre, dès aujourd’hui, d’une transition écologique radicale, n’est pas seulement une option politique mais bien une question de survie. 

Il s’appuient notamment sur les travaux du GIEC, affirmant qu’il ne reste plus qu’une dizaine d’années à l’humanité pour opérer un changement radical de ses modes de productions et de consommation, sans quoi la hausse des températures et le dérèglement climatique deviendront irréversibles, avec les conséquences désastreuses que l’on ne fait aujourd’hui qu’entrevoir. 

Face aux opposants et aux sceptiques qui expliquent que jamais les Etats-Unis ne pourront transformer leur économie en l’espace de dix ans, Alexandria Ocasio-Cortez réplique que là où il y a une volonté, il y a un chemin. Elle explique que ce dont les Etats-Unis ont besoin aujourd’hui c’est d’un véritable leader, capable d’impulser un changement profond de la société et de l’économie. Un discours qui a tout d’un programme en somme. 

L’élue démocrate a d’ailleurs une idée assez précise sur la manière de financer cette transition. Alexandria Ocasio-Cortez, aussi appelée AOC outre-Atlantique, a proposé de taxer jusqu’à 70% les revenus supérieurs à dix millions de dollars. Une proposition de taxation  des Américains les plus riches soutenue par des économistes tels que Paul Krugman, Peter Diamond ou encore Emmanuel Saez. En France, c’est l’économiste Thomas Piketty, connu pour son travail sur les inégalités, qui salue cette proposition de justice fiscale. 

Difficile cependant d’imaginer la mise en oeuvre immédiate de ce projet de Green New Deal, avec un président ouvertement climatosceptique et un Sénat contrôlé par les Républicains. Mais il y a fort à parier que le sujet sera central lors des prochaines élections présidentielles en 2020 et que peut-être, la révolution viendra, une fois de plus, d’Amérique.

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