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Photographie de la vallée martienne Kasei Valles, prise par la sonde Mars Express

A l'écoute du coeur de Mars

3 min
À retrouver dans l'émission

Le 5 mai prochain, la sonde Insight ira rejoindre la planète Mars avec à son bord, un sismographe nommé SEIS capable de détecter le déplacement d'un atome! L'enjeu est d'ausculter les profondeurs de la planète rouge avec, à la clef, une meilleure compréhension de notre propre planète.

Photographie de la vallée martienne Kasei Valles, prise par la sonde Mars Express
Photographie de la vallée martienne Kasei Valles, prise par la sonde Mars Express Crédits : ESA / DLR / FU BERLIN / G. NEUKUM / ESA/DLR / DPA - AFP

Le 5 mai prochain, la sonde Insight partira de la base militaire de Vandenberg en Californie pour aller rejoindre la planète Mars au terme d’un voyage de six mois. 

Nommée Insight, pour un poids de 700 kilos et un coût de près d’1 milliard de dollars, cette sonde est un véritable petit laboratoire volant et dispose à son bord d’une myriade d’instruments de mesure et d’analyse, parmi lesquels le sismomètre SEIS. Construit en France, cette espèce de stéthoscope ultra-sensible permettra d’ausculter les tréfonds de l’astre rouge, avec un niveau de précision sans égale. 

Selon le responsable du projet pour le Centre National d’Etudes Spatiales interrogé par L’Express, on peut le comparer à une espèce de “pendule”, avec une “masse située au bout d’un ressort qui peut bouger de 50 microns”. Pour mieux se rendre compte de l’infaillibilité de l’objet, il ajoute que le SEIS doit permettre de détecter le déplacement d’un atome!

Et la mission se donne les moyens de cette précision. Afin d’éviter toute interférence, l’instrument sera déployée loin de la sonde à l’aide d’un bras robotique, qui déposera ensuite un dôme, afin de protéger SEIS de toute variation des températures ou du vent. 

Cartographier la croûte et le manteau de la planète rouge

Le but de ce programme est d’établir une cartographie souterraine de cette planète. Car si les expéditions des différentes sondes et des deux astromobiles, Opportunity et Curiosity, ont permis de se familiariser avec la surface de la planète, c’est désormais les sous-sols, la croûte et le manteau que les scientifiques veulent explorer. 

Raphaël Garcia, chercheur à l’IRAP, l’Institut de recherche en astrophysique et planétologie, rappelle ainsi que l’on ne sait “pratiquement rien de sa minéralogie profonde. Ni la taille de son noyau, ni son état, solide ou gazeux, ni même la composition de son manteau rocheux”. L’objectif de cette mission est donc d’analyser en profondeur les sous-sols de Mars afin de mieux comprendre l’antique destin de cette planète soeur. 

Depuis la découverte en 2003 d’argiles à sa surface, la planète rouge connaît un regain d’intérêt auprès de la communauté scientifique. Car la présence de ces argiles, et c’est le point clé, met en évidence l’existence d’anciennes traces d’eau. Les scientifiques sont même certains, désormais, d’une présence aquatique il y a près de 4 milliards d’années. 

A la recherche de la vie

La conquête et l’exploration spatiale n’est ni gratuite ni irrationnelle. Et la présence de cette eau sur Mars, laisse entrevoir la possibilité de formes de vies passées, mais permettrait aussi d’analyser et d’imaginer les conditions d’habitabilité de cette planète. Il faut dire que Mars comporte beaucoup de caractéristiques communes avec la Terre. 

Certains scientifiques estiment même que ces deux planètes furent, au début du système solaire, des astres jumeaux. Mais la planète rouge et la planète bleue connurent un destin radicalement opposé, avec une perte des conditions d’habitabilité, il y a environ 3 milliards d’années, sur Mars. 

C’est donc la découverte de ces minéraux hydratés, les fameux argiles dont nous nous parlions à l’instant, qui a relancé l’exploration de Mars, en réanimant l’espoir, d’y trouver d’anciennes traces de vie.

La planète Mars est donc une source inépuisable de découvertes et d’informations qui nous intéressent également pour comprendre notre propre planète. Comme l’affirme Sylvestre Maurice, de l’Irap, “c’est un livre à ciel ouvert [puisque] la planète est restée figée dans son passé et possède des archives minéralogiques qui ont disparu chez nous à cause de l’érosion et de la tectonique des plaques”. Analyser cette planète soeur c’est donc mieux “comprendre la genèse et le destin des planètes telluriques”, parmi lesquelles notre chère planète terre.

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