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Les pistes vertes

3 min
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La cour de comptes a rendu, en février dernier, une série d'observations concernant la gestion des stations de ski françaises. Elle souligne notamment la nécessité d'adaptation face au changement climatique, qui doit inciter à adopter un usage et une gestion plus durable des sports d'hiver.

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Avoriaz Crédits : JEAN-PIERRE CLATOT / AFP - AFP

Dans son rapport annuel, la Cour des comptes pointe la nécessité de penser un nouveau modèle de développement pour le domaine skiable français. L’institution de la rue Cambon avait déjà émis un avis sur la gestion des stations françaises en 2011, mais force est de constater que ses recommandations n’ont pas ou peu été prises en compte. 

L'adaptation nécessaire face au réchauffement climatique

La cour pointe pourtant le risque évident que courent les stations face au réchauffement climatique, qui entraîne une hausse des températures en haute et moyenne montagne et réduit la durée d’enneigement des domaines. 

Ainsi dans un programme mené entre 2009 et 2011 par Météo-France, les scientifiques ont montré une baisse de la durée de l'enneigement comme de la hauteur de neige dès les prochaines décennies. À l'horizon 2080 les simulations prédisent une baisse de la durée de l'enneigement sur les Alpes de 60 à 85 % sur les massifs à basse altitude et de 40 à 75 % à moyenne altitude. Une menace qu’il est donc urgent de prendre en compte dans la manière de gérer et d’opérer les stations françaises. 

Les magistrats relèvent un statu quo, voire l’aggravation de certains déséquilibres, déjà pointés dans leur précédent rapport remis en 2011, et liés à un modèle de développement à bout de souffle. Ils rappellent ainsi que si le réchauffement climatique affecte toutes les stations, ce sont avant tout celles de “moyenne et de basse montagne qui sont fragilisées”. Ils pointent aussi la “persistance de l’asymétrie de relation entre autorités organisatrices et exploitants, qui freine les adaptations nécessaires”.

La toute puissance des opérateurs historiques

En clair, ils estiment que les opérateurs historiques tels que la Compagnie des Alpes ou la Compagnie du Mont Blanc sont devenus si puissants qu’ils peuvent n’en faire qu’à leur tête dans une gestion de court terme, ne prenant pas en compte l’aléa climatique. La cour dénonce ainsi des politiques tarifaires mal maîtrisées, des investissements privilégiant le court terme ou encore la généralisation de l’enneigement artificiel.

La rue Cambon rappelle d’ailleurs que “plus de quatre cinquième des autorités organisatrices des domaines skiables des Alpes du nord sont des communes”, qui ont donc tout intérêt à revoir leur mode de gouvernance et de gestion si elles ne veulent pas perdre cette manne économique indispensable. Ainsi les 17 domaines étudiés parmi lesquels Chamonix, Megève ou encore Morzine affichent un chiffre d'affaires de près de 570 millions d'euros, soit plus de 50 % du chiffre d'affaires des remontées mécaniques dans les Alpes du nord.

Pour la Cour, les stations doivent donc s’adapter à un futur où le ski et les sports de neige ne seront plus leur unique ressource et les enjoint à réfléchir à d’autres modes de développement durable et équilibré. 

Elle préconise déjà de renforcer une solidarité entre les territoires. Elle conseille ainsi aux stations de basse altitude de se rapprocher des grandes agglomérations voisines afin de capitaliser sur leur attractivité pour construire une offre touristique innovante, diversifiée et mieux répartie entre les saisons. 

Elle recommande également de revoir les privilèges exorbitants dont bénéficient les opérateurs. Ces compagnies surpuissantes disposent bien souvent de budget dépassant ceux des communes où ils se trouve, pour une utilisation par toujours très raisonnée. Elle pointe ainsi la nécessité d’appliquer des dispositifs existants tels que les redevances d’occupation du domaine public. A Morzine par exemple, les exploitants n’en versent pas du tout. 

A Chamonix, les contrats entre la commune et les opérateurs ne prévoyaient ainsi aucune redevance jusqu’en 2013 pour la Compagnie du Mont Blanc, malgré les profits exceptionnels réalisés par l’exploitant. Le renouvellement du contrat en 2013 n’a donné lieu qu’à une timide avancée puisque la Compagnie n’a versé en 2015 qu’une maigre redevance de 6 000 euros. 

Il est donc urgent de repenser un usage de la montagne qui permette aux communes de se développer tout en offrant aux hivernants et aux estivants, des activités durables et respectueuses de l’espace montagnard.

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