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Pour tout l'or des météores

3 min
À retrouver dans l'émission

Après avoir vidé notre planète de ses richesses, l'homme se tourne désormais vers l'espace afin d'y trouver des relais de croissance et de développement. Les astéroïdes sont particulièrement ciblés, réputés abriter des quantités astronomiques de métaux rares et précieux.

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. Crédits : Johan Swanepoel - Getty

Alors que les stocks de minerais et de métaux précieux s’épuisent sur terre, de nouveaux entrepreneurs nous jurent avoir trouvé la solution. Après avoir vidé notre planète de ses richesses, pourquoi ne pas nous tourner désormais vers les cieux. 

Il faut dire qu’incapable de penser sa propre limite, l’homme continue de dévorer tout ce qui l’entoure, jusqu’à ce qu’insatiable, il découvre de nouveaux butins. Son regard se tourne désormais vers le ciel pour y chercher les lueurs, fugaces, d’une pépite astrale.

Car notre univers regorge semble-t-il de mines à ciel ouvert, de rochers dérivant, composés de platine, de rhodium et d’or. Objets célestes et froids, les astéroïdes de la première ceinture, constitueraient donc la nouvelle frontière de l’homme. Etats et entrepreneurs ont déjà pris date et s’équipent pour explorer, exploiter ces eldorado du lointain.

Pourtant le traité de l’espace de 1967 interdit toute appropriation des corps célestes par une puissance étatique. Mais il va sans dire que lorsqu’on parle d’argent -ou d’autres métaux rares- les grands traités internationaux font pâle figure face aux perspectives d’un profit en puissance. Ainsi dès 2015, l’administration Obama fait voter le Space Act, qui donne le droit aux entreprises privées d’exploiter commercialement les astéroïdes. L’année dernière, le Luxembourg lui emboîte le pas en votant une loi encadrant les activités liées à l’exploitation et l’utilisation des ressources spatiales.

Car le droit international interdit l’appropriation des corps célestes, mais pas leur exploitation. Un détail pour certain, une brèche pour d’autres, qui s’y sont allègrement engouffrés flairant la possibilité d’un nouveau filon.

D’ailleurs, le Luxembourg, contrairement aux Etats-Unis, permet aux entreprises étrangères de partir à la conquête de l’espace, pour autant qu’elles viennent s’installer dans le Grand-Duché. L’homme sait ainsi se montrer inventif pour attirer entrepreneurs et capitaux.

D’autant que plusieurs entreprises ont déjà exprimé ouvertement leurs ambitions spatiales en la matière. On compte déjà trois entreprises sérieusement engagées dans cette guerre des étoiles : les américains de Planetary Resources, qui comptent parmi leurs investisseurs le fondateur de Google, Larry Page, mais aussi la firme luxembourgeoise Deep Space Industries, et l’Asteroid Mining Corporation, pilotée par un jeune homme de 23 ans, Mitch Hunter-Scullion.

Ce dernier prévoit de lancer son premier satellite d’observation à l’horizon 2020 afin d’identifier les astéroïdes riches en métaux précieux : platine, cuivre, or et zinc et rêve déjà de devenir le premier trillionaire de l’histoire grâce à ce fructueux business.

Le problème c’est que tous les scientifiques ne partagent pas l’optimisme de ces entrepreneurs. C’est le moins que l’on puisse dire. Ainsi l’astrophysicien français Francis Rocard compare les chances de succès d’une telle entreprise à celles de gagner au loto. Il explique qu’il est très difficile de connaître à une telle distance la composition de ces corps célestes. Si certains rares astéroïdes regorgent effectivement de métaux précieux, la plupart sont composés intégralement de roches et n’offrent aucun potentiel commercial.

Au-delà de ces considérations économiques, il faut aussi prendre en compte le risque, non négligeable, lié à l’exploitation de ces météores. Ainsi, l’une des techniques envisagées aujourd’hui pour exploiter ces corps célestes est celle dite de l’aérofreinage. 

Soit une série de chocs venant dévier leur cours pour les fixer dans l’orbite de la Terre. Or il est très difficile de calibrer cette opération lorsqu’on ne connaît pas précisément la composition des cibles. Autant dire qu’un petit coup trop fort et cette astéroïde pourrait allégrement traverser notre atmosphère et venir percuter notre bonne vieille planète.

Il faut dire que lorsque l’homme doit trouver une manière ingénieuse de s’auto-saboter au nom de la croissance et du progrès, il n’est jamais à court d’idées.*

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