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Au Brésil, la biodiversité en péril

3 min
À retrouver dans l'émission

Depuis son élection, le président Bolsonaro a multiplié les décisions pour relancer l'activité économique en facilitant l’exploitation des zones naturelles. Une série de mesures qui mettent en péril la plus grande réserve de biodiversité au monde.

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. Crédits : Getty

Aujourd’hui, cap sur le Brésil, qui abrite plus de la moitié de la biodiversité mondiale, mais qui est aussi devenu, depuis l’élection de Jair Bolsonaro, en octobre dernier, l’un des principaux défricheurs de la planète.

Il faut dire que Bolsonaro n’a jamais caché son ambition de poursuivre l’exploitation forestière et minière, jusque dans les espaces protégés de l’Amazonie, arguant de la nécessité d’ouvrir les Indiens à la modernité et de relancer le développement économique et industriel du Brésil.

Il ne cache pas non plus sa proximité avec les tout puissants lobbies de l’agro-business, qui détruisent chaque année l’équivalent d’un million de stades de foot, pour exploiter le bois et planter du soja.

C’est ainsi tout un discours climato-sceptique et pro-business qui est officiellement propagé par les dirigeants du pays afin de légitimer leur action. On encore vu récemment sur un plateau de télé parisien, que ceux qui défendent la planète sont aisément taxés de bigots, de zélotes, de défenseurs aveugles d’une religion autoritaire. Au Brésil, ce type de discours est en passe de devenir la ligne officielle du régime. 

Ainsi, le président Bolsonaro rappelle-t-il allègrement que s’il croit, bien entendu, à la science, il est hors de question de s’en remettre à ceux qu’il appelle les « chiites de l’environnement », en clair les intégristes qui se battent contre la déforestation de l’Amazonie et pour la protection de la vie. 

Le Président a d’ailleurs fait état de sa volonté de sortir des accords de Paris et son ministre de l’environnement a expliqué que son travail consistait « davantage à défaire qu’à faire », ajoutant que les gouvernements successifs de gauche avaient développé un « appareillage idéologique et bureaucratique [...] freinant le développement économique du pays ». 

Et l’une des premières décisions, allant dans ce sens, a été de démanteler les différentes agences de protection de l’environnement. Jair Bolsonaro voulait d’ailleurs supprimer le ministère de l’environnement, avant d’y renoncer face au scandale provoqué. Il en a donc confié les clefs à un avocat revendiqué des géants de l’industrie agricole, avant de s’attaquer à l’Ibama, agence fédérale chargée du contrôle et de la surveillance des ressources naturelles au Brésil. En clair, c’est elle qui traque et sanctionne les criminels environnementaux, trafiquants de bois et autres braconniers de la forêt primaire. 

Mais le Ministère de l’environnement, dont dépend l’Ibama, a ordonné la suppression de près d’un quart de son budget, avec pour objectif de mettre fin, je cite, à « l’industrie des amendes » qui pénaliserait aujourd’hui les champions de la déforestation. 

Plus récemment encore, le Ministère a démis la quasi totalité des dirigeants de l’Institut Chico Mendes, en charge de la protection des réserves écologiques du Brésil, pour les remplacer par des militaires, gages selon le pouvoir « d’ordre et d’efficacité ».  

Le nouveau pouvoir a également ouvert la voie à l’usage sans limites des pesticides dans le pays. Dès son arrivée à Brasilia, le président Bolsonaro a ainsi fait adopter un certain nombre de mesure visant à faciliter la vie des grands exploitants agricoles. Alors que le pays est déjà considéré comme l’un des champions du monde de l’usage de ces produits phytosanitaires, la nouvelle administration a décidé d’homologuer plus de 150 nouveaux pesticides. 

Pour vous donner un ordre de grandeur, le nombre de pesticides en circulation était de 150 au temps de Dilma Roussef, avant de passer à 450 avec son successeur Michel Temer. Le nouveau pouvoir, quant-à-lui, vient d’annoncer un objectif de 1300 autorisations sous cette mandature. Autant de produits toxiques qui iront allégrement se répandre dans les exploitations bordant la forêt vierge, les villages, les écoles. La croissance vous dit-on, toujours la croissance, et jamais la forêt.  

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