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Allégorie des trois âges de l'homme, Titien

La fronde argentée

3 min
À retrouver dans l'émission

En Espagne, les retraités manifestent contre la faible revalorisation de leurs pensions. Une mobilisation qui pourrait faire plier le gouvernement conservateur de Mariano Rajoy, qui gouverne déjà en minorité et dont les retraités constituent l'un des principaux soutiens.

Allégorie des trois âges de l'homme, Titien
Allégorie des trois âges de l'homme, Titien Crédits : LEEMAGE - AFP

Des dizaines de milliers de retraités ont manifesté il y a quelques semaines sur la Puerta del Sol et devant les Cortes Generales, le parlement espagnol, pour réclamer une revalorisation de leurs pensions de retraite. 

Et comme le rapporte un article des Echos, ce qui est surprenant dans cette mobilisation, c’est que c’est une augmentation de leurs retraites qui a mis le feu aux poudres. Une augmentation si modeste qu’elle a été vécue comme un affront par les personnes concernées. Celles ci demandent ainsi au gouvernement madrilène une revalorisation qui suive au moins l’inflation, à 1,1% en 2017, et une garantie face à la menace d’une privatisation du système des retraites espagnol. 

Une population vieillissante

Et cette situation ne risque pas de s’améliorer car la démographie espagnole joue contre le système actuel de répartition et donc contre l’intérêt des retraités. Il faut dire que la population espagnole vieillit et que la natalité reste faible avec seulement 1,34 enfants par femme. Bien loin des 2 nécessaires au renouvellement des générations.  

Cette situation a conduit le gouvernement à repousser l’âge de départ à la retraite de 65 à 67 ans et à modifier le mode de calcul des pensions, avec une complexe méthode de prévision à 10 ans. En cas de résultat négatif, les autorités ont prévu une hausse plancher de 0,25%, comme c’est le cas actuellement, et ce qui a conduit les retraités espagnols dans la rue. 

Ces manifestations inquiètent d’autant plus le président du gouvernement Mariano Rajoy que les retraités constituent l’un des principaux soutiens électoraux du gouvernement conservateur. Une fronde des anciens pourrait donc se traduire par une débâcle aux prochaines élections, alors même que le gouvernement actuel gouverne déjà en minorité. 

Les retraités, au coeur du système de solidarité espagnol

Alors que la crise battait son plein et que le chômage atteignait 25% de la population -le plus fort de l’Union européenne- et même 55% des jeunes, les parents et grand-parents ont bien souvent constitué un repli et une aide pour les plus précaires. En rognant les retraites, ce sont donc en réalité des familles entières qui le gouvernement met en difficulté. 

Or il faut rappeler que la pension de retraite moyenne en Espagne est de 650 euros par mois, ce qui situe plus de 12% des retraités ibériques en dessous du seuil de pauvreté. 

Et il est intéressant de relever, que cette vague sans précédent de précarité a eu des conséquences sur la démographie espagnole elle-même. Pour la deuxième année consécutive, il y a plus d’émigrants que d’immigrés en Espagne. 

Si pour l’Institut national des statistiques espagnol, la crise ne constitue pas le seul facteur de cet exil, elle reste un élément central. Selon un article de la Tribune, non seulement près de 120 000 espagnols ont quitté leur pays en 2011, mais surtout, plus de 350 000 étrangers, issus majoritairement d’Amérique Latine, ont décidé de rentrer chez eux. “Si l’on tient compte de ceux qui sont arrivés pendant ce temps, le solde est négatif de quelques 50 000 personnes, soit le triple de l’année précédente”.

L’article précise cependant que déjà avant la crise, les jeunes espagnols avaient tendance à tenter leur chance à l’étranger, face aux difficultés d’intégrer le marché du travail. Un exil massif de la jeuness qui ne facilite pas la stabilisation du modèle des retraites espagnol, fondé sur la répartition et donc sur la solidarité entre les générations..

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