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Les nouvelles promesses du Brexit

3 min
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Alors que la Première ministre, Theresa May, a demandé de repousser le vote de l'accord sur le Brexit au Parlement, la gauche britannique commence à s'interroger sur les bénéfices qu'elle pourrait tirer de cette sortie des traités. Une nouvelle alternative : in or out du néolibéralisme.

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. Crédits : AFP

A moins d’un mois et demi de l’entrée en vigueur du Brexit, la Première ministre a ainsi annoncé hier à la Chambre des communes, qu’elle repoussait de deux semaines le vote du texte au Parlement.  

Accusée par ses opposants de jouer la montre, Theresa May a expliqué qu’il lui fallait plus de temps pour trouver une alternative au fameux « backstop », mécanisme imaginé par Bruxelles pour éviter de retracer une frontière entre les deux Irlandes. Ce dispositif permettrait ainsi à l’Irlande du Nord de rester alignée sur les normes européennes, en attendant qu’un accord spécifique soit trouvé sur cette question.

Une proposition tout à fait inacceptable pour le gouvernement britannique, qui y voit une réunification de facto de l’Irlande et s’inquiète des idées que cela pourrait donner aux Irlandais, alors l’Ecosse fait déjà état de ses velléités sécessionnistes.

Mais sur ce point, comme sur le reste du « Traité de divorce », les négociateurs européens sont restés intraitables.Il en allait de la crédibilité des institutions européennes vis à vis du Royaume-Uni, mais aussi et peut être surtout, vis à vis de ses membres. Il faut dire que le Brexit a été vu par beaucoup comme le signe d’une défiance grandissante des citoyens vis à vis de l’Union, et Bruxelles a eu peur d’une possible contagion à d’autres pays, mettant à mal plus de 60 ans de construction commune.

C’est ce qui permet de comprendre la réaction extrêmement ferme des 27 aux demandes de renégociation du Royaume-Uni : il était nécessaire de maintenir un front commun pour montrer ce qu’il en coûte de quitter le bateau communautaire. Pas question de céder trop facilement aux exigences de Londres, sous peine de faire apparaître le Brexit sous un jour acceptable, voire tout à fait attrayant, pour un certain nombre d’observateurs au Royaume-Uni comme ailleurs.

Il faut dire qu’une partie de la classe politique anglaise commence à voir les possibilités qu’offrirait une sortie des traités européens,  au premier rang desquels, le leader travailliste Jeremy Corbin. Ce dernier n’a jamais fait mystère de son hostilité à l’encontre des institutions européennes, qu’il juge intrinsèquement néolibérales et anti-sociales. Cette question ne fait pourtant pas l’unanimité dans son propre parti, où nombre de membres continuent d’espérer changer les institutions et les politiques européennes de l’intérieur.

Mais une partie croissante des militants travaillistes commencent à se demander si le Brexit ne pourrait pas être, en fin de compte, une bénédiction -a blessing in disguise, comme on dit outre-manche- pour remettre en cause les politiques libérales menées au Royaume-Uni depuis l’ère Thatcher.

Il faut dire qu’en dépit de sa neutralité théorique, l’Union européenne n’a cessé, depuis plus de trente ans, de mettre en oeuvre des politiques de libéralisation des marchés et de prôner la concurrence libre et non faussée comme valeur cardinale de son intégration. Comme l’explique un article du Monde diplomatique consacré à cette question, « les traités ne sanctionnent pas mécaniquement les politiques progressistes mais leurs imposent de sérieuses limites ».

On peut notamment penser aux politiques de développement régional qui ne sont autorisées que si elles ne contreviennent pas à cette idée de concurrence non faussée.Alors que la France est secouée par une crise sociale fondée en partie sur le sentiment d’injustice et d’abandon territorial, on peut s’interroger sur le rôle des institutions européennes, qui se sont échinées à fixer une montagne de règles, pour empêcher que les Etats ne sombrent dans les affres du favoritisme ou, pire, du protectionnisme économique.

Une urgence territoriale qui se pose également au Royaume-Uni alors que la sociologie des p rejoint sensiblement celle des gilets jaunes français. Les élites et classes moyennes urbaines ayant voté pour rester, les classes populaires de zones périurbaines et rurales s’étant largement prononcées pour sortir de l’Union.

Le leader travailliste a donc estimé que cette question ne pourrait être tranchée par un nouveau référendum sur le Brexit mais par des élections générales. Il a ainsi expliqué qu’il ne s'agissait plus seulement de savoir si le Royaume restait ou non dans l’Union mais bien de décider de ses politiques pour l’avenir : in or out du néolibéralisme.

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