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Les Anglais dans le pétrin, Le petit journal, 1896

La chute de l'oligarque anglais

3 min
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L'oligarque russe, Roman Abramovitch, s'est vu refuser le renouvellement de son visa sur le territoire britannique. Un évènement qui révèle le rafraîchissement des relations russo-anglaises, suite à l'empoisonnement de l'espion Serguei Skripal, imputé à la Russie par les autorités anglaises.

Les Anglais dans le pétrin, Le petit journal, 1896
Les Anglais dans le pétrin, Le petit journal, 1896 Crédits : LEEMAGE - AFP

Le milliardaire russe, Roman Abramovitch, s’est vu refuser, à la fin du mois dernier, le renouvellement de visa pour le territoire anglais, où il habite depuis 2003. Les autorités britanniques ont en effet adopté une nouvelle réglementation qui restreint les conditions d’attribution des visas pour travailler au royaume de Sa majesté. 

Jusqu’alors toute personne investissant au moins 2 millions de livres dans l’économie anglaise se voyait automatiquement attribuer un visa de quarante mois, qui pouvait ensuite être prolongé autant que nécessaire. Mais depuis 2015, le précieux sésame peut être refusé ou retiré si la provenance de l’argent en question ne peut prouver ses origines légales ou si l’origine de ces fonds est telle que la délivrance d’un visa “nuirait à l’intérêt général”.

Il semblerait donc que les autorités britanniques se soient réveillées de leur bienveillante léthargie et se soient rendu compte que la manne financière déversée sur le foot anglais par l’oligarque, n’était pas aussi propre que prévue. 

Des relations tendues entre Londres et Moscou

Si officiellement, le refus d’accorder un nouveau visa au milliardaire russe n’a rien à voir avec le rafraîchissement des relations anglo-russes, il est toutefois certain que rarement les liens entre les deux puissances ont été aussi distendus. Le gouvernement britannique accuse en effet le pouvoir russe d’avoir fait empoisonner un agent double à la solde des britanniques, ainsi que sa fille, sur le territoire anglais. 

Ainsi le ministre des affaires étrangères britannique a-t-il récemment déclaré que “seule la Russie avait les moyens, la motivation et la technologie” pour commettre un tel attentat. Les autorités russes nient bien entendu en bloc, mais l’agent neurotoxique utilisé pour commettre ce méfait, le novichok, porterait la signature des services secrets russes. 

Londres a pris en réaction une série de sanctions à l’encontre de la Fédération russe et de ses ressortissants, expulsant notamment 24 diplomates du sol britannique. Difficile donc de ne pas voir dans l’expulsion de fait de Roman Abramovitch, l’un des oligarques les plus puissants hors de Russie, une pierre envoyée directement dans le jardin du président Poutine. 

L'asile israélien

Dans un rapport publié le 21 mai, la commission des affaires étrangères de la Chambre des communes écrit ainsi qu’il n’y a “_aucune excuse pour que le Royaume-Uni ferme les yeux alors que les kleptocrates du président Poutine et les violeurs des droits de l’homme utilisent l’argent blanchi à Londres pour corrompre nos alliés, affaiblir nos partenariats, saper nos institution_s”. Le ton est donné. 

Pas étonnant que dans ces circonstances le milliardaire russe, Roman Abramovitch, ait décidé de suspendre son projet de construction d’un nouveau stade pour l’équipe de Chelsea, dont il est le propriétaire. Mettant un point d’arrêt à ce projet estimé à plus d’un milliards d’euros, l’oligarque a prétexté un climat “actuellement défavorable à l’investissement”. C’est en effet le moins que l’on puisse dire, puisqu’en l’absence de visa, le patron des Blues n’est en réalité pas autorisé à travailler au Royaume-Uni. 

Mais pas besoin de se faire trop de soucis pour ce Jean sans terre du grand Est, car Israël s’est déjà empressé de lui ouvrir les bras en vertu de la loi du Retour qui donne à tout juif, enfant ou petit-enfant de juif, le droit à la nationalité israélienne s’il en fait la demande. 

C’est donc en Judée que le milliardaire russe posera ses bagages, tout du moins en attendant d’être à nouveau dans les grâces du pouvoir britannique. Et gageons qu’il n’aura pas trop à attendre, tant il fait partie de ceux qui ne restent jamais, bien longtemps, persona non grata.

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