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«Kikito», l'installation photographique de l'artiste JR, sur la frontière américano-mexicaine

"Dreamers" : les sentiers de l'exil

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Le terme "dreamers" désigne les migrants sans papier venus d’Amérique centrale pour remonter la piste de leur eldorado rêvé. Essentiels à l'économie américaine, ces sans-papiers sont pourtant les victimes d'un discours politique jouant sur le sentiment grandissant anti-immigration aux Etats-Unis.

«Kikito», l'installation photographique de l'artiste JR, sur la frontière américano-mexicaine
«Kikito», l'installation photographique de l'artiste JR, sur la frontière américano-mexicaine Crédits : JR - AFP

Aujourd’hui, nous allons revenir sur le sort de ceux que l’on appelle les "dreamers"

Ce terme, qui fait directement référence au rêve américain, désigne ceux qui partent, pour la plupart, d’Amérique central, pour remonter la piste de cet eldorado rêvé.

Dans une enquête du Monde, Maryline Baumard, retrace ainsi le périple de ces hommes et ces femmes qui quittent pays, proches et famille, pour vivre et travailler aux Etats-Unis. Une décision largement influencée par l’attrait puissant qu’exercent les Etats-Unis sur leurs pays d’origine, “biberonnés à l’univers des feuilletons télévisés américains”, selon les mots d’Alexander, lui-même sur les chemins de l’exil.

Une route qui est pourtant loin d’être facile… Il ne s’agit pas ici du chemin de St Jacques, mais de San Diego: avec ses étapes, ses lieux d’accueil aussi, mais surtout les centaines, les milliers de kilomètre parcourus à pied, et le même espoir de trouver une forme de salut de l’autre côté de la frontière. Mais la comparaison s’arrête la.

C’est plutôt à un chemin de croix que l’on pense pour qualifier cet exode : entre la distance, la chaleur et les contrôles de police qui se multiplient sur le trajet, la route des migrants s’est considérablement compliquée ces dernières années. 

Une situation d’autant plus difficile que les Etats-Unis entretiennent un double discours à l’égard des migrants

D’un côté, les milieux d’affaire se frottent les mains devant cette main-d’œuvre jeune, peu qualifiée et peu regardante sur les conditions de travail. Comme le relève Angéline Escafré-Dublet, spécialiste des migrations, ces travailleurs sans papier permettent le “fonctionnement de l’économie américaine en assurant les tâches subalternes et mal payées dans le secteur agricole, la construction ou encore les services”.

Mais de l’autre côté, le pouvoir politique se sert du sentiment anti-migration comme d’une arme politique, promettant l’expulsion voire la chasse de ces sans-papiers et ce, du gouvernement local au plus haut sommet de l'état.

Historiquement, les Etats-Unis sont pourtant terre d’immigration

C’est une nation construite et créée par des hommes et des femmes, venus d’ailleurs: d’Irlande, de Chine ou encore du Mexique. Mais ces derniers temps, la bienveillance avec laquelle étaient vus les “nation-builders” semble céder le pas à une forme de méfiance et de rejet d’une partie des américains et de leurs dirigeants.

Toujours dans ce reportage, Ernesto confie ainsi avoir "construit sa vie là-bas : J’y ai une femme, trois enfants, une maison finie de payer et une petite entreprise en sommeil depuis mon interpellation. J’incarne le rêve américain et Trump me renvoie dans un pays où je n’ai plus d’attache".

Un rêve américain, que beaucoup résument d’ailleurs à un petit morceau de papier, que le Président Trump a récemment déclaré vouloir supprime.

La fameuse carte verte

Ce programme du département d’Etat fonctionne depuis 1990, comme une espèce de loterie offrant chaque année, à quelque 50 000 étrangers, le droit de résider de façon permanente aux Etats-Unis. Mais la Maison Blanche a annoncé fin janvier, vouloir revenir sur ce symbole de l’Amérique, comme terre d’accueil.

Le président Trump est même allé jusqu’à abroger le programme Daca, qui permet aux jeunes, entrés illégalement sur le sol américain lorsqu’ils étaient mineurs, de pouvoir travailler et d'étudier légalement aux Etats-Unis. 

Une décision qui a cependant été suspendue le week-end dernier par un juge fédéral de San Francisco, permettant d’empêcher l’expulsion des quelques 700 000 "dreamers" ayant bénéficié de ce programme depuis sa mise en oeuvre en 2012.

Le juge a estimé que l’opinion du ministère de la justice, selon lequel le programme DACA était contraire à la Constitution, reposait sur "une base juridique défectueuse". Une décision qui rappelle l’importance aux Etats-Unis du pouvoir des juges, lorsque le politique manque à l’esprit des lois…

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