LE DIRECT
Arnold Schwarzenegger en plein cours d'informatique à San Bernardino, Californie

Amazon ou la pollution en nuages

3 min
À retrouver dans l'émission

Amazon est le leader incontesté des services de "cloud". Mais ces offres, à la pointe de la technologie, nécessitent en réalité d'entretenir d'immenses fermes de serveurs, qui consomment et polluent plus que le secteur aéronautique lui-même.

Arnold Schwarzenegger en plein cours d'informatique à San Bernardino, Californie
Arnold Schwarzenegger en plein cours d'informatique à San Bernardino, Californie Crédits : ROBERT GALBRAITH / POOL / AFP - AFP

Le géant de la distribution Amazon, propose également des services de cloud grâce à sa plateforme Amazon Web Services ou AWS. Parmi les offres proposées, des machines virtuelles de calcul depuis les nuages ou des services de stockage de fichiers en ligne, avec des noms aussi barbares que poétiques, comme l’Amazon Elastic Compute cloud. 

En réalité, cette branche discrète de l’empire Amazon a été plébiscitée par nombre de jeunes pousses du web, appelées à devenir grandes, telles qu’Instagram, Pinterest, Foursquare ou encore Netflix.

Ce qui a fait le succès de cette offre, c’est qu’elle est disponible à la demande,  c'est à dire que l’internaute paye uniquement pour ce qu’il consomme. Pas d’abonnement, pas d’engagement. Les services sont facturés à l'heure, les données au Go utilisé. Des modalités très utiles pour une entreprise encore en gestation qui ne sait pas de quoi le lendemain sera fait.

Le pari de l'intelligence artificielle

Le géant de Seattle a fait le pari de démocratiser et de favoriser l’usage par ses utilisateurs du machine learning par des outils mis à leur disposition tels que des programmes de reconnaissance d’image, de conservation vocale ou de retranscription. 

Cela permet aux utilisateurs de gagner du temps: au lieu d’entrer des lignes de code, qui leur permettent d’obtenir le résultat voulu, ils peuvent directement utiliser les outils proposés par AWS. 

Le machine learning est un sous-ensemble de l’intelligence artificielle, qui se fonde sur l’analyse de données en très grand nombre - les fameux big data - par des algorithmes intelligents, capables d’apprendre et de tirer des prédictions de ces analyses.

Pour faire encore plus simple: on donne un exemple à une machine, un exemple dont les résultats sont connus, l’ordinateur va alors faire la différence entre ses prévisions et les vrais résultats. Cela va lui permettre d’affiner ses prédictions. Et bien sûr, plus on fournit de données à la machine, plus ses résultats sont précis et proches de ceux attendu. 

C’est donc un formidable outil d’analyse, dont les experts sont très rares, qu’Amazon met au service de ses clients. De quoi asseoir encore la suprématie d’Amazon dans le secteur du cloud, alors que la firme de Seattle détient déjà 44% du marché, soit davantage que ses neuf principaux concurrents réunis. Et c’est une activité en plein essor. Sur les 9 premiers mois de l’année 2017, le chiffre d’affaire a augmenté de 42%, atteignant les 17 milliards de dollars, soit près de 10% des résultats de la firme. 

Des services très polluants et gourmands en énergie

Comme nous l’avons vu plus haut, qui dit machine learning dit big data. Et qui dit big data dit immenses fermes de serveurs. C’est même comme ça qu’a commencé l’aventure du cloud par la firme. Il s’agissait en effet de rentabiliser les immenses hangars de serveurs qui tournaient à vide la plupart du temps, sauf lors des périodes de fête ou pendant les soldes… Amazon décide alors de louer cette puissance de feu aux start-ups dans le besoin. 

Mais qui dit fermes de serveurs donc, dit aussi consommation d’énergie et même pollution. Selon un rapport de Greenpeace, le secteur informatique est ainsi responsable de 7 % de la consommation mondiale d’électricité. Cette consommation est même supérieure à celle de pays comme la Russie, le Japon ou l’Allemagne!

Comme le souligne l’ONG, “en 2020, le trafic Internet mondial pourrait avoir triplé. L’empreinte écologique du réseau alors encore plus importante, du fait notamment de l’augmentation de notre consommation de données et du nombre d’utilisateurs à l’échelle mondiale, qui devrait passer de trois à quatre milliards d’ici à la fin de la décennie”.

Toujours selon cette étude, la pollution générée par l’industrie du net serait ainsi équivalente à celle du secteur de l’aviation. Car cette électricité est encore trop souvent produite par des usines très polluantes, à charbon ou au gaz. Et si les géants du numérique Google, Apple ou Facebook se sont déjà engagés vers une énergie 100% renouvelable, Amazon accuse un vrai retard avec plus de 50% de son électricité provenant encore des énergies fossiles.

L'équipe
Production
Avec la collaboration de

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......