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Volkswagen, Renault, PSA : "Dieselgate" ou la tromperie organisée

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Volkswagen, PSA, Renaulat : les affaires se suivent et se ressemblent. Les principaux constructeurs automobiles auraient mis en oeuvre des stratégies pour truquer leurs tests de pollution et vendre toujours plus de voitures.

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. Crédits : Getty

Après l’amende de trois milliards d’euros infligée à Monsanto, vous nous parlez aujourd’hui de l’amende record qui pèse sur le constructeur automobile Volkswagen. 19,7 milliards d’euros. Voici le montant de l’amende que pourrait se voir infliger le constructeur allemand selon les enquêteurs français de la répression des fraudes. Une sanction proportionnelle au préjudice causé par Volkswagen, qui a avoué avoir équipé ses véhicules diesel d’un logiciel permettant de fausser les résultats des tests antipollution.

Si la firme allemande a refusé de transmettre le code source de ce logiciel au enquêteurs, ces derniers ont néanmoins réussi à prouver que le dispositif de dépollution des véhicules, ce que l’on appelle une vanne EGR, était programmée pour ne fonctionner pleinement que lors des tests d’homologation. 

Pour le dire autrement : en cas d’usage standard de la voiture, lors de nos trajets quotidiens, les émissions d’oxydes d’azote, un gaz extrêmement polluant, se trouvaient démultipliées par rapport aux phases de test.

Mais Volkswagen est loin d’être le seul constructeur accusé d’avoir manipulé le moteur de ses véhicules diesel. Après PSA, Fiat, Chrysler, c’est le groupe Renault qui est aujourd’hui soupçonné d’avoir, comme ses concurrents, manipulé ses moteurs diesel afin qu’ils émettent moins d’Oxyde d’azote lors des tests d’homologation.  

En octobre 2017, les magistrats instructeurs ont ainsi ordonné une série de tests et de contrôles afin de confirmer la présence de dispositif frauduleux. Et le moins que l’on puisse dire c’est qu’ils ont été servis. Au terme de leur enquête, les experts mandatés par la justice ont confirmé, sans l’ombre d’un doute, l’existence d’un dispositif permettant de truquer les résultats de dépollution. 

En clair, la vanne EGR ne fonctionne plus en dessous de certaines températures hivernales ni au-dessus de températures aisément dépassées le reste de l’année. Autrement dit, le dispositif fait en sorte que le système de dépollution soit bien plus efficace lors des tests qu’en conduite réelle. 

Quant au piège à dioxyde d’azote, le fameux NOx, il ne réalise aucune purge en dessous de 50km/h : autant dire que ce système ne sert à rien en ville, où les populations sont pourtant le plus exposées aux rejets de NOx.  

On estime ainsi que les oxydes d’azote et autres particules fines sont à l’origine de près de 50 000 décès prématurés en France chaque année. On pourrait donc se demander ce qui a poussé les dirigeants de ces entreprises à mettre en oeuvre ces stratégies de duperie organisée. Eh bien, il semblerait que la réponse soit on ne peut plus simple : pour vendre toujours plus de voitures.

Ainsi, comme l’explique un article du Monde consacré au Dieselgate, le problème de ces dispositifs de réduction des émissions de NOx est qu’ils entraînent également une hausse de la consommation des véhicules ainsi qu’une baisse de reprise pour le moteur. Il y avait donc un risque de voir les consommateurs se détourner de ces modèles. Les constructeurs ont donc préféré mentir afin de  protéger leurs intérêts.

Comme le résume l’économiste Franck Aggeri dans les colonnes d’Alternatives Economiques : « ces entreprises ont donc pris le risque de perdre des dizaines de milliards d’euros et de ruiner leur réputation pour gagner quelques centaines d’euros par véhicule et grignoter des parts de marché ». 

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